Clio en Afrique n° 5, automne-hiver 1998-1999

Dossier thématique :
Les Dogons, le pouvoir et la chefferie


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Chefs sacrés et chefs de guerre dogon :
deux pôles du pouvoir

Eric Jolly[*]

Dans le cadre d'un colloque organisé par le GDR-CNRS 946 [1], plusieurs anthropologues ont confronté leurs analyses sur les notions de pouvoir, de maîtrise et de force dans les sociétés de la Boucle du Niger. Cet article tente d'aborder ces représentations en comparant les pouvoirs respectifs des deux dignitaires dogon les plus prestigieux : le ôgô et le chef de guerre. Le premier est choisi par Dieu et par les hommes pour être investi d'un pouvoir sacré, immuable et intangible ; le second est un homme fort qui s'impose temporairement grâce à un savoir ou à un matériel magico-religieux particulièrement redoutable (comparable d'ailleurs à celui des grands chasseurs ou des sorciers). Selon les époques, chaque région dogon semble avoir privilégié l'un ou l'autre de ces pouvoirs, comme nous le verrons en étudiant plus particulièrement deux régions méridionales du pays dogon : l'aire linguistique tomo, découpée en vastes confédérations militaires, et la zone tênge, organisée en petites chefferies ayant chacune à sa tête un ôgô[2].

1/ ôgô™

2/ guerriers et chefs de guerre

Conclusion

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