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n° 4, printemps 1998

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Le soulèvement de 1947 : bref état des lieux

Françoise Raison-Jourde

Notes

[1] B. Ramanantsoa-Ramarcel : Les sociétés secrètes nationalistes à Madagascar : VVS, Panama, Jiny, 2 t., Université de Paris VII, 1986.

[2] In Omaly sy Anio, 28, 1988-2, p. 153-175.

[3] Françoise Raison-Jourde : " Une rébellion en quête de statut : 1947 à Madagascar ", Revue de la Bibliothèque Nationale, 34, 1989, p. 24-32.

[4] Quoique pourtant présentée encore en 1994 dans un ouvrage sur le nationalisme malgache où se trouve repris un article de... 1971 !

[5] L. Wing Kong : Les Marosalohy de la région de Vavatenina. L'insurrection de 1947 d'après les sources orales, Mémoire de maîtrise, Université de Tananarive, 1988, 159 p. M. Ndriandahy : " L'insurrection malgache du 29 mars 1947 dans la région de Moramanga ", Mémoire de maîtrise, Université de Tananarive, 1990, 191 p.

[6] Fitadidian'i M. Ratava André, nanatri-maso ny fandehan-javatra, monina ao Ampasinambo, communication au Colloque de Tananarive, 1997.

[7] Sur le plan économique, la thèse de D.F. Ratrematsialonina (Madagascar pendant la deuxième guerre mondiale, 1939-1943, Université d'Aix-en-Provence, 1986). Elle précise les conséquences terribles du blocus maritime anglais et de l'essai d'autarcie de l'île pendant la seconde guerre mondiale : délabrement des voies et moyens de communication, sous-alimentation, voire famine, dans le Sud et la côte Sud-Est qui avait délaissé le riz pour les cultures d'exportation, disparition des cotonnades et retour au raphia, incapable de protéger du froid, gale et maladies liées à la sous-alimentation. Brigandages et jacqueries locales constituent bien avant le 29 mars un état insurrectionnel, les élections à répétition accentuant les conflits et le glissement progressif de l'administration vers l'anarchie. Il y a donc un " avant 29 mars " à étudier.

[8] Gwyn Campbell s'est attaché à montrer son caractère de protestation sociale dans un gros manuscrit, non encore publié, intitulé Unfree Labour, Brigandry and Revolt in Precolonial Africa : the Case of Imperial Madagascar, 1790-1895, s.d. On lira dans le même sens D. Crummey (ed.) : Banditry, Rebellion and Social Protest in Africa, Currey et Heinemann, 1986.

[9] Voir à ce sujet la thèse de N. Andrianarison : Le royaume de Madagascar sous le ministériat de Rainilaiarivony (1864-1895). Modernisation de l'État, clientélisme, exploitation du peuple et réactions d'opposition, Université de Paris VII, 1996, 2 tomes, 637 p.

[10] J.R. Randriamaro : PADESM et luttes politiques à Madagascar. De la fin de la Deuxième Guerre mondiale à la naissance du PSD, Karthala, 1997. Ce travail contribue de manière efficace à instaurer un nouveau débat sur les partenaires en présence.

[11] Ramanantsoa-Ramarcel, op. cit., I, p. 316.

[12] S. Randrianja : Le Parti Communiste de la Région de Madagascar, 1936-1939. Genèse, développement, caractéristiques et décomposition, Université de Paris VII, 1983, 2 vol.

[13] Le PCRM avait été précédé par le Secours Rouge International, qui s'implanta comme proto-parti entre 1929 et 1936 et fit nombre d'adhésions dans l'Alaotra et en pays tsimihety, ce qui permet de comprendre l'implication des Tsimihety dans le soulèvement.

[14] On verra à ce sujet les travaux de M. Lupo-Raveloarimanana : Les archives de l'aumônerie catholique auprès des formations malgaches en France pendant la deuxième guerre mondiale, Mémoire de maîtrise, Université de Madagascar, CU de Tuléar, 1984, 280 p. et " Soldats et travailleurs malgaches en France pendant la deuxième guerre mondiale ", Omaly sy Anio, 28, 1988-2, p. 23-42.

[15] Voir à ce sujet, de Tsaboto Jean : Organisation et stratégie du pouvoir antemoro de la moyenne Matataña. L'exemple de la monarchie Antemahazofotsy au XVIIème-XVIIIème siècle, Tuléar, UER d'Histoire, Mémoire de maîtrise, 1995, 284 p., et N. Gueunier : " Deux documents sur l'insurrection malgache de 1947 ", in Études Océan Indien, volume III, 1983, p. 113-163.

[16] C. Razafimbelo : " Alliances et conflits : dynamique d'une communauté rurale pendant l'insurrection de 1947 ", communication au colloque de Tananarive, 1997.

[17] J. Fremigacci : " 1947 sur le terrain. Forces coloniales contre insurgés dans le secteur Sud ", communication au colloque de Tananarive, 1997.

[18] Exemples donnés par J. Fremigacci et aussi par L. Rabearimanana, à propos d'Andapa, dont l'attaque, regroupant Antandroy, Antemoro, Merina, Betsileo, tous migrants, et Tsimihety, fut un échec.

[19] C. Razafimbelo, art. cit.

[20] Pour les Marosalohy de la région de Vavatenina (Côte Est) où les colons étaient presque absents, une fois les vazaha chassés, il faudrait abolir toute forme de contrainte. Le tavy, ou brûlis forestier, serait à nouveau permis, l'impôt serait supprimé, on ne travaillerait plus que pour soi. C'était la contrainte de l'État, de tout État, y compris l'État merina de jadis, qui était rejetée.

[21] Pas d'anciens chefs de maquis : vivant encore dans des zones montagneuses et sans routes, ils sont difficiles à atteindre.

[22] Sur le complot de 1857, voir F. Raison-Jourde : Bible et pouvoir. Invention d'une identité chrétienne et construction de l'État, Karthala, 1991, p. 227-237. Sur le complot de la VVS, voir J. Randriamandiby : La VVS, Vy Vato, Sakelika, Paris, 1978, 451 p. et B. Ramanantsoa-Ramarcel, op. cit.

[23] F. Raison-Jourde : " 1947 en 1957 ? Les prolongements du soulèvement dans la mémoire et dans le contact avec les administrés ", communication au colloque de Tananarive, 1997, 15 p.

[24] J. Cole : " Quand la mémoire resurgit. La rébellion de 1947 et la représentation de l'État contemporain à Madagascar ", Terrain, 28, mars 1997, p. 10-28, et The Necessity of Forgetting. Ancestral and Colonial Memory in East Madagascar, PhD Thesis (Anthropology), Berkeley, 1996.

[25] Le traitement de l'" après 1947 " rappelle étrangement de ce point de vue le traitement de la période vichyste en France par les premiers chefs d'État de la Vème. République, G. Pompidou et F. Mitterrand en particulier, à ceci près que, dans le cas français, c'est l'oubli de la collaboration qui serait nécessaire à la réconciliation, cependant que dans le cas malgache c'est l'oubli de la résistance. En un sens, 1947 fut pendant des années, comme chez nous le temps de Vichy, un " passé qui ne passe pas ", enkysté dans la mémoire.

[26] F. Raison-Jourde : " Une rébellion en quête de statut : 1947 à Madagascar ", art. cit.

[27] Nous pouvons difficilement adhérer aujourd'hui au credo MDRM d'une nation unitaire, et nous percevons mieux les difficultés des " côtiers " à se rallier à cette image largement décalquée du royaume de Madagascar établi par les Merina sur les deux tiers de l'île. Voir B. Anderson : L'imaginaire national. Réflexions sur l'origine et l'essor du nationalisme, La Découverte, 1996, 213 p.

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