Clio en Afrique n° 4, printemps 1998

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Colloque AFASPA Ç Madagascar 1947 È

Le soulèvement de 1947 : bref état des lieux.

Françoise Raison-Jourde
Université de Paris VII

[ NDLR : Cet article a fait l'objet d'une communication au colloque international Madagascar 1947 organisé par l'AFASPA à l'université de Paris VIII-Saint-Denis les 9, 10 et 11 octobre 1997. Un compte-rendu de ce colloque est disponible dans le numéro 3 de Clio en Afrique. ]

La méconnaissance du soulèvement de 1947 est l'effet ancien de la censure militaire et administrative française, ainsi que de l'autocensure, plus difficile à percevoir, des élites politiques malgaches. Censure très marquée sous la Ière République, au point que la première commémoration à laquelle elle se résigna, en 1967, eut des allures d'exorcisme. Mais il faut y ajouter la crise économique actuelle qui prive les Malgaches de livres, voire de journaux, raréfie leurs échanges avec l'extérieur et les empêche de diffuser les acquis de leurs recherches. Thèses non publiées, comme celle de Benjamina Ramanantsoa-Ramarcel (1986) [1], collecte de sources orales stoppée, bien qu'il reste encore dans des régions difficiles d'accès des chefs de maquis en vie. Les trois quarts de la population, nés après 1947, se soucient peu de l'événement, comme l'ont donné à entendre les faibles échos de la célébration officielle, cette année, du cinquantenaire. 1947 n'est plus l'événement fondateur récupéré avec un profit non négligeable par une Seconde République aujourd'hui défunte. C'est une raison supplémentaire de s'inquiéter des témoins restants. Il n'est donc pas inutile de tenter un bref état des lieux, en fonction duquel on percevra mieux le caractère complémentaire des témoignages ou des analyses apportés par le présent colloque. Mais on n'oubliera pas deux états précédents. Le premier, de L. Rabearimanana, intitulé " Les événements de 1947 à Madagascar " a été publié à l'issue des célébrations du quarantième anniversaire qui avaient stimulé les recherches[2]. L'autre, présenté à un colloque de l'Université Laval sur " Mémoires, histoire, identités " reconstitue la censure initiale, l'amnésie " provoquée ", les étapes de la construction de 1947 en " lieu de mémoire ". C'était l'aboutissement d'un séminaire de six mois que j'ai tenu à l'Université de Paris VII, où ont été dépouillées de nombreuses brochures à très faible tirage, en malgache, publiées par des protagonistes [3].

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