Clio en Afrique nº 3, automne-hiver 1997-1998

Dossier thématique :
L'espace sud-africain


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[ NDLR : Myriam Houssay-Holzschuch est ATER à l'université de La Rochelle. Elle a soutenu une thèse intitulée Le territoire volé : géographie culturelle des quartiers noirs de Cape Town à l'université de Paris IV. Plus que tout autre peut-être, l'espace sud-africain est illisible si l'on perd de vue son historicité, tant il est marqué par les volontarismes successifs de la stratégie militaire, de la volonté coloniale, des politiques de ségrégation et d'Apartheid. Elle a donc été amenée à ouvrir son étude par une mise en perspective historique de l'espace étudié. L'article qui suit est adapté du chapitre 4 de sa thèse. Pour un petit mode d'emploi des liens, appels de notes, etc., voir le mot de l'informaticien. ]

[ cf. présentation par l'auteur de la thèse dans Clio en Afrique nº4 ]

Mother City : une géographie historique de Cape Town, de la colonisation européenne à la veille de la ségrégation (1652-1900)

Myriam Houssay-Holzschuch

La ville du Cap est la première que les Européens fondèrent en Afrique australe. À ce titre, elle joue un rôle symbolique dans l'imaginaire des Blancs sud-africains : c'est la Mother City. Son développement reflète celui du pays : elle a d'abord été un village fortifié replié sur lui-même, une île d'Europe en terre d'Afrique. Cette phase de refus et de méfiance vis-à-vis de l'arrière-pays est remplacée à partir du XVIIIème siècle par une phase d'expansion coloniale : Cape Town est alors le port et le centre politique d'un territoire en pleine expansion ; la ville prend alors le caractère d'une capitale. Cette évolution sera, sinon provoquée, du moins favorisée par un changement de domination politique : la ville passe à cette époque des mains de la Compagnie hollandaise des Indes orientales dans celle de l'Angleterre.

Mais c'est à la fin du XIXème siècle que la croissance urbaine du Cap démarrera pour de bon, grâce aux découvertes minières dans son hinterland. La ville grandit, des quartiers se créent, d'autres se spécialisent.

Il s'agit en fait ici de voir comment naît une ville en territoire colonial, et comment elle grandit. Les processus à l'oeuvre ne reflètent que partiellement ceux de la métropole. Plus encore, cette croissance a été originale : elle a d'abord été freinée, voire interdite. Puis, on s'est attaché à développer le port, dans le cadre de relations prédatrices avec l'arrière-pays. Le fait urbain au Cap est presque accessoire. Pourtant, c'est cette croissance urbaine incontrôlée qui va être à l'origine à la fin du XIXème siècle des idées de ségrégation.

[CARTE]
Carte 1 : Cape Town et ses environs

Sommaire

1. La haie d'amandes amères

1.1. Une station de ravitaillement
1.2. Het Vlek -- Kaapstadt : du hameau à la ville
1.3. Conclusion

2. Taverne des mers et glaive impérial

2.1. La route des Indes
2.2. L'influence britannique
2.3. Différentiation sociale et fonctionnelle
2.4. Conclusion

3. La révolution minière

3.1. Or, diamants et prospérité
3.2. Fin de l'idéal assimilationiste
3.3. La croissance urbaine

Conclusion : vers la ségrégation

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