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Équipe 2 - Cognition, Emotion et expertise

  Responsables Membres statutaires

Programme 3: Conception, décision, language

E. Galy-Marié ML. Barbier , N. Bonnardel, A. Piolat

Programme 4 : Différences individuelles: cognition, émotion, orientation

PY. Gilles V. Aghababian, B. Dauvier, I. Fort

 

Équipe 2 - Programme 3 : Conception, décision, langage

Responsable: Edith Galy-Marie

Membres statutaires : Marie-Laure Barbier, Nathalie Bonnardel, Annie Piolat

Doctorants : Marlène Aillaud, (ATER) Najla Bouzidi (CIFRE), Marion Fabre (CD), Marie-Hélène Ferrer (CDI IRBA), Ingrid Latchimy (CD), Ashraf Mohammed-Ahmed (thèse en co-tutelle avec l’Université de Laval), Alicja Wojtczuk (CD)
Post-doctorants : Charlotte Gaudin (ATER)

 

Collaborations nationales et internationales
·         Bouchard Carole (Arts et Métiers Paris Tech, Paris)
·         Burckardt Jean-Marie (LATI - Laboratoire Adaptation Travail Individu, Université Paris 5)
·         Chaumet Guillaume (IRBA, Institut de Recherche Biomédicale des Armées, Marseille)
·         Colé Pascale (Laboratoire de Psychologie Cognitive, Université de Provence)
·         Côté Pierre (Université de Laval, Canada)
·         Ferrari Vincent (CRéA, Centre de Recherche de l’Ecole de l’Air, Salon)
·         Gero John (Université George Mason, USA)
·         Kellogg Ronald T. (Dpt of Psychology, St Louis University, Missouri, USA)
·         Lubart Todd (LATI - Laboratoire Adaptation Travail Individu, Université Paris 5)
·         Le Bigot Ludovic (CeRCA, MSHS, Université de Poitiers).
·         Mélan Claudine (Laboratoire Cognition, Langage, Langues, et Ergonomie, Université Toulouse 2)
·         Olive Thierry (CNRS, CeRCA, MSHS, Poitiers)
·         Pellegrin Liliane (IRBA, Institut de Recherche Biomédicale des Armées, Marseille)
·         Rabat Arnaud (IRBA, Institut de Recherche Biomédicale des Armées, Marseille)
·         Tucker Philip (University of Swansea, GB)


Introduction du programme 3

                La plupart des activités cognitives réalisées dans des cadres professionnels ou scolaires implique une prise de décision de la part des individus. C’est le cas notamment pour la production de textes et l’écriture, pour la conception de produits ou pour la gestion d’environnements dynamiques. Ainsi, ce programme propose 4 projets de recherche ayant pour objectif de déterminer les facteurs influençant la prise de décision des individus lors de la réalisation de ces activités. Les deux premiers projets s’intéresseront à l’impact des émotions, de l’expertise et du support d’écriture sur les choix opérés en production écrite. Un autre projet étudiera les processus cognitifs (réalisation d’analogies, gestion des contraintes) mis en œuvre lors des choix effectués dans le cadre d’activités de conception créatives ainsi que l’impact de l’utilisation de dispositifs technologiques sur ces activités. Le dernier projet concernera l’étude des facteurs (horaires de travail, âge, expertise, stratégies opérationnelles, contraintes temporelles) qui peuvent influencer les processus cognitifs impliqués dans la gestion individuelle ou collective d’environnements de travail dynamiques (pilotage de drones, contrôle aérien, conduite de réacteurs nucléaires), et qui sont responsables de la prise de décision dans des environnements dynamiques.

Projet 3.1. Production de textes : composantes cognitives et émotionnelles

                La seule prise en compte de l’architecture cognitive et de ses contraintes conduit à une conception trop limitative et réductionniste des traitements engagés dans l’activité rédactionnelle. La question est de savoir en quoi des contraintes de type émotionnel (Russel, 2003), qu’elles proviennent des dispositions affectives des rédacteurs (appréhension à écrire : Daly, 1985 ; Piolat & Bannour, 2009), du thème à propos duquel ils doivent s’exprimer (écriture expressive : Pennebaker et al. 2003 ; humour : Martin, 2007 ; Aillaud, Piolat, & Desor, 2010 ; dilemme moral : Greene et al. 2008 ; Latchimy, Piolat & Arciszewski, 2010) ou du support de production (papier vs ordinateur : Lavie & Tractinsky, 2004 ; Piolat & Bonnardel, 2006) affectent ou soutiennent les processus rédactionnels (planification, mise en texte, révision ; Kellogg, Olive & Piolat, 2007).
                A cet effet, seront mis en relation le décours de l’activité (analyse chronométrique de la composition écrite), les stratégies rédactionnelles et le contenu de leurs écrits, y compris le contenu émotionnel (Piolat & Bannour, 2009), ainsi que les possibilités attentionnelles.

 

Projet 3.2. Nouveaux contextes d’écriture

L’objectif des recherches est de travailler sur les nouveaux contextes d’écriture, en explorant la façon dont les compétences à l’écrit évoluent selon l’expertise langagière (en comparant par exemple l’écrit en langue première et en langue seconde), et selon le type de supports utilisés (traitements de textes, bases de données et systèmes d’aides informatisés, SMS, blogs).
Plusieurs thèmes sont ainsi abordés :
- Les pratiques quotidiennes et informelles à l’écrit, via les technologies (SMS, blogs) et les liens qu’il est nécessaire d’envisager sur le plan scolaire, voire professionnel ;
- L’analyse en temps réel des processus sous-jacents à la gestion de l’information écrite, selon la nature et la complexité de l’activité (prise de notes, recherche d’information, compréhension et production écrite; Barbier, Raby, Piolat & Roussey, 2008) ;
- L’usage, par les enseignants, des différents supports de communication écrite dans le cadre de la classe en explorant ce que l’informatique offre comme perspectives spécifiques pour l’évaluation en temps réel de l’activité de l’élève et le repérage des difficultés à l’écrit (Barbier & Jullien, 2009 ; Spelman Miller, 2005 ; Van Waes, Leijten & Daphne, 2009).

Projet 3.3. Les activités créatives

                Le processus créatif peut se manifester dans des situations variées, allant de domaines artistiques à des domaines techniques, et il est influencé par des facteurs cognitifs, conatifs, émotionnels et environnementaux (Lubart & Sternberg, 1995). Nous étudierons l’effet de plusieurs de ces facteurs dans des situations telles que la conception de produits ou la conception architecturale, qui requièrent la prise en compte de contraintes multiples (liées à l'utilisateur, techniques, etc. ; Chevalier & Bonnardel, 2007) tout en laissant aux concepteurs une part importante de créativité (Maher, Bonnardel & Kim, 2010).
L’un des objectifs sera d’approfondir, au moyen d’études expérimentales auprès de professionnels et d’étudiants en design, le fonctionnement de deux principaux processus cognitifs interagissant tout au long des activités de conception créatives (Bonnardel, 2006) : (1) la réalisation d'analogies qui peut, dans certaines conditions, favoriser un élargissement de l'espace de recherche d'idées, et (2) la gestion de contraintes qui permet de circonscrire progressivement l’espace de recherche.
Le déroulement du processus de conception dépendant de facteurs environnementaux ainsi que du contexte (Gero & Smith, 2009), les recherches réalisées viseront également à déterminer l’impact de nouveaux dispositifs techniques, tels les systèmes d’aide à la conception créative (Bonnardel, 2009 ; Bonnardel & Zenasni, 2010), sur l’activité de concepteurs professionnels ou débutants.

Projet 3.4. Gestion individuelle et collective des environnements dynamiques

                L’objectif de ce projet est d’explorer les effets des caractéristiques d’un environnement dynamique de travail et de l’organisation du travail sur les processus cognitifs mis en jeu lors de la gestion d’un environnement dynamique. Les caractéristiques de l’environnement dynamique seront définies selon les critères proposés par Cellier, Keyser, et Valot (1996). Les facteurs considérés seront établis après une analyse de l’activité des opérateurs dans plusieurs situations de travail. En principe, les compétences requises pour la gestion d’un environnement dynamique sont le traitement de l’information, la compréhension de l’information et la comparaison des données actuelles avec les données passées permettant la planification et la prise décision concernant les actions et les interventions à initier. En même temps, la gestion d’environnements dynamiques, et en particulier le contrôle de processus, implique presque toujours une supervision continue obligeant des opérateurs à être sur site sur l’ensemble des 24 heures et à travailler en équipe. Ainsi, deux sous-projets se distingueront, l’un étudiant les facteurs organisationnels influençant les processus cognitifs, et l’autre s’intéressant aux aspects collectifs.

                (1) Organisation du travail et environnements dynamiques
De nombreuses études ont démontré l’importance de l’état interne des opérateurs, en plus des processus mentaux impliqués dans la tâche effectuée, pour apprécier les performances au travail (Folkard et Tucker, 2003 ; Galy, Mélan, & Cariou, 2008; Mélan, Galy, & Cariou, 2007). Ainsi, il sera nécessaire dans un premier temps de déterminer la manière dont interagissent les demandes de la tâche et la vigilance durant l’exécution d’une tâche. De plus, pour appréhender les effets des facteurs organisationnels sur la performance, une analyse de l’activité des opérateurs sera réalisée dans différentes situations de travail. L’impact du contexte (environnement de travail vs. environnement de laboratoire) et celui des facteurs organisationnels sur les performances seront aussi étudiés. Finalement, des études de simulation et des analyses détaillées d’incidents et d’accidents seront effectuées pour mettre en évidence les variables responsables d’effets compensatoires observés sur le terrain, tels que l’âge, l’expertise et/ou les stratégies opérationnelles.

                (2) La gestion collective de situations dynamiques
                Compte tenu de leur complexité et des contraintes spatio-temporelles qui s’appliquent à aux situations dynamiques, celles-ci requièrent généralement des interactions entre plusieurs acteurs. Elles reposent ainsi sur des activités collectives et, selon le contexte, elles peuvent se développer selon un mode collaboratif ou selon un mode coopératif (Pellegrin, Gaudin, Bonnardel & Chaudet, 2010). Les recherches qui seront réalisées viseront à déterminer comment les caractéristiques du contexte influencent l’organisation mise en œuvre au sein des équipes, quels modes de communications sont développés et comment les décisions sont prises. Ces thématiques pourront être abordées en termes de modèles mentaux partagés (Cooke, Gorman, Duran, & Taylor, 2007) et de conscience de la situation collective (Mosier & Chidester, 1991), concepts émergents dans le domaine des facteurs humains pour rendre compte de la gestion collective de situations de travail.


 

Équipe 2 - Programme 4 : Différences individuelles, régulation et counseling

Responsable : Pierre-Yves Gilles
Membres statutaires : Valérie Aghababian, Bruno Dauvier, Isabelle Fort

Doctorants :Solange Monternier, Sajeda Ramasawmy

 

Collaborations nationales et internationales
·         Antoine Pascal (URECA, Université de Lille 3)
·         Blaye Agnès (LPC, Aix-Marseille Université)
·         Christophe Véronique (URECA FASE, Université Charles de Gaulle Lille 3)
·         Congard Anne (Directeur de Recherche, SERAP, Marine Nationale)
·         Corbière Marc (CAPRIT, Université de Sherbrooke, Canada)
·         Cousson-Gélie Florence (Université Bordeaux 2)
·         Dany Lionel (LPS, Aix-Marseille Université)
·         Feuilladieu Sylviane (UMR ADEF, Université de Provence)
·         Gana Kamel (Laboratoire de Psychologie : Santé et Qualité de Vie, Université Victor Segalen, Bordeaux 2)
·         Hicks Richard E. (Bond University, Australie)
·         Juhel Jacques (CRP2C, Université Rennes 2)
·         Kaiser Armin (Katholische Bundesarbeitsgemeinschaft für Erwachsenenbildung, Bonn, Allemagne)
·         Lourel Marcel (Psychologie et Neurosciences de la Cognition et de l'Affectivité, Université de Rouen)
·         Lubart Todd (LATI - Laboratoire Adaptation Travail Individu, Université Paris Descartes)
·         Maeder Christine (UNADREO, Sablé sur Sarthe et Institut Gabriel Decroix, Université Lille 2)
·         Manouvrier Sylvie, PUPH, Université droit et santé pole de génétique Lille 2
·         Noel Yvonnick (CRPCC, Université Rennes 2)
·         Plazza Monique (LCD CNRS et Université Paris Descartes)
·         Rey Véronique (Centre Norbert Elias, UMR 8562, EHESS, CNRS Marseille)
·         Rousseau Thierry (UNADREO et Laboratoire Processus de pensée et interventions, Université d’Angers)
·         Trouillet Raphael (Unité Psychopathologie et Neuropsychologie de la Mémoire, Université Montpellier III)
·         Vallerand Robert (LRCS, UQAM, Montréal, Canada) 
·         Vigneau François (Ecole de psychologie, Université de Moncton, Canada)
·         Wintre Maxine (Psychology Department, York University, Toronto, Canada)

 

Introduction au programme 4

                Dans ce programme, la cognition et l’émotion sont abordées sous l’angle des différences inter et intra-individuelles, le domaine d’expertise étant le counseling dans le champ de la santé et de la formation. Le point commun des trois projets présentés ci-dessous est d’opérer une articulation entre les différences individuelles dimensionnelles et les processus de régulation. Cette démarche permet de s’appuyer sur des modèles structuraux robustes tout en dépassant les simples constats de différences, ces dimensions étant analysées d’un point de vue fonctionnel. Elle s’inscrit dans le modèle des processus vicariants (Reuchlin, 1999), initialement applicable au domaine cognitif, étendu ici à l’étude des émotions et des relations entre cognition et émotion.

Projet 4.1. Différences individuelles et régulation dans le domaine cognitif

                Ce projet a pour thème l’étude de la variabilité processuelle observée en situation de résolution de problèmes et d’apprentissage chez l’adulte. Il poursuit deux objectifs principaux. Le premier concerne l’étude du rôle de la variabilité intra-individuelle, au niveau des processus créatifs en jeu, dans la découverte de solutions nouvelles en situation de résolution de problème. L’objectif est de mettre en relation la forme des trajectoires individuelles dans l’espace problème avec des variables dimensionnelles comme la mémoire de travail ou l’intelligence fluide. Cette approche nécessite la mise au point de méthodologies expérimentales et statistiques permettant de considérer simultanément la variabilité sous ses différents aspects : interindividuelle, inter-situationnelle et intra-individuelle (Van Geert, 2002).
                Le second objectif concerne l’étude des relations qu’entretiennent les processus de contrôle et de régulation avec les dimensions classiques de la psychologie différentielle cognitive (intelligence et aptitudes), aux niveaux inter et intra-individuels. Une attention particulière sera portée à l’étude des aptitudes mnésiques par le biais du rôle de la méta-mémoire (Fort, 2005). Outre les connaissances du sujet sur le fonctionnement général de la mémoire et l’évaluation de ses propres aptitudes, la méta-mémoire comporte en effet des processus de contrôle et de régulation susceptibles d’exercer une influence sur les performances. Ces processus seront donc étudiés pour localiser d’éventuels déficits survenant au cours du développement vie entière (Dunlosky & Hertzog, 2000).

Projet 4.2. Dynamique des régulations émotionnelles

                Ce projet de recherche porte sur les dynamiques émotionnelles observées au niveau individuel en situations écologiques quotidiennes (questionnaires quotidiens), expérimentale (induction émotionnelle) ou dans des situations avec des enjeux de santé (douleur chronique, diagnostic génétique). Il s’agira de déterminer les facteurs facilitant ou entravant l’efficacité des stratégies de régulation émotionnelle (Mikolajczak et al., 2006).
                L'objectif est d'étudier les relations entre ces dynamiques et des variables dispositionnelles plus générales (Nezlek, 2007) afin de mieux comprendre les différences interindividuelles au niveau de la régulation émotionnelle avec des perspectives d'application dans le domaine de la santé.
                Ce projet comporte 2 volets. Le premier vise à étudier l’adéquation entre la perception des émotions du point de vue physiologique et subjectif, notamment lorsque les sujets présentent un trouble de la régulation émotionnelle telle que l’alexithymie ou des réponses émotionnelles pathologiques. Le second a pour objectif l’étude des variations inter et intra-individuelles quant à l’efficacité des stratégies de régulation émotionnelle, en interaction avec des variables telles que l’anxiété, l’intelligence émotionnelle, l’alexithymie ou l’intensité affective (Luminet et al., 2007 ; Fantini-Hauwel, 2009, 2010). Un rapprochement entre la perception des réponses physiologiques de l’émotion et la perception subjective de l’intensité de l’émotion, chez des sujets présentant des troubles de la reconnaissance et de l’expression des émotions, pourrait représenter une perspective de compréhension intéressante des réponses émotionnelles dysfonctionnelles au cours d’événement stressants.
                De plus, les processus observés sont intrinsèquement dynamiques et une part des efforts de recherche sera orientée vers le développement de méthodes statistiques d’analyse des données spécifiques (Boker & Wenger, 2007).

Projet 4.3. Différences individuelles et régulation cognitivo-émotionnelle

                L’axe commun aux recherches envisagées dans ce projet est l’étude des relations entre cognition et conation, sur le plan structural (intelligence et personnalité ; Ackerman & Heggestad, 1997) et fonctionnel (mécanismes d’inter-régulation), avec de fortes perspectives d’application en counseling d’orientation et d’insertion. Les opérations engagées ou envisagées sont principalement menées avec des collègues étrangers :

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