Centre psyCLE

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Séminaires PsyCLÉ
Salle Noizet (6° étage) 12h30-13h40, le mardi
Centre Schuman - Université de Provence - Aix-en-Pce

Années 2009-2010 Années 2006-2007 Années 2003 - 2004 Années 2000 - 2001
Années 2008-2009 Années 2005-2006 Années 2002 - 2003  
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Séminaires PsyClé Année 2009-2010

Mardi 4 mai 2010

Anna TCHERKASSOF Laboratoire Interuniversitaire de Psychologie (Grenoble - Chambéry). Personnalité, Cognition et Changement Social Université Pierre Mendès France - Grenoble 2

12h30 - 13h40, Salle G. Noizet (Centre Schuman)

La reconnaissance des expressions faciales spontanées et dynamiques des émotions
La problématique de la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles (EFE) donné lieu à de nombreuses recherches dont le paradigme expérimental dominant repose l’identification de stimuli statiques et simulés (photographies d’émotions mimées). Un champ d’investigation peu exploré est celui de la reconnaissance d’EFE spontanées et dynamiques, notamment dans une perspective d’approche écologique des interactions humaines. En effet, en situation naturelle, la reconnaissance émotionnelle procède à partir de patterns informationnels dynamiques (progression des traits du visage dans le temps) et l’émotion n’est pas simulée mais induite par le contexte (les patterns faciaux spontanés émis en conditions naturelles sont parfois drastiquement différents de leurs contreparties posées et simulées). De plus, la reconnaissance émotionnelle par l’observateur s’opère en temps réel, au fur et à mesure des transformations arborées par le visage regardé. A l’occasion du séminaire, un paradigme innovant pour l’étude de la reconnaissance en temps réel des EFE spontanées et dynamiques sera présenté, paradigme qui s’avère prometteur pour les recherches portant sur les interactions émotionnelles non verbales.

Mardi 23 mars 2010

Prof. Vittorio Girotto (LPC - Aix-Marseille Université)
12h30 - 13h40, Salle G. Noizet (Centre Schuman)

Les intuitions probabilistes chez le jeune enfant.

Est-ce que les jeunes enfants ont des intuitions de probabilités ? Selon Piaget, les enfants ne sont pas capables de tirer des inférences probabilistes correctes et n’ont pas la compétence logique pour calculer un rapport de probabilité et, jusqu’à l’acquisition de la soi-disant compétence formelle, ils n’ont pas la capacité de conduire une analyse combinatoire des possibilités. Notre hypothèse est différente. Les adultes non experts évaluent souvent la probabilité d’un évènement en comparant les différentes façons dont l’événement peut se produire (Johnson-Laird et al., 1999). Les jeunes enfants manifestent une capacité élémentaire de traiter les quantités. Par conséquent, ils devraient être capables de comparer des ensembles de chances ou des possibilités même s’ils ne sont pas capables de les exprimer numériquement. Nous avons corroboré cette hypothèse en démontrant que (a) à 12 mois, les enfants ont des attentes rationnelles à propos d'événements futurs (Teglas et al., 2007), (b) à 5 ans, ils sont capables de réaliser des évaluations de probabilités a posteriori (Girotto et Gonzalez, 2008) et (c) qu'à 7 ans, ils appliquent une analyse combinatoire élémentaire dans leurs jugements des chances (Gonzalez et Girotto, 2009).

Mardi 24 novembre 2009

Edith Galy Marié (Centre PsyCLE - Aix-Marseille Université)
12h30 - 13h40, Salle G. Noizet (Centre Schuman)

Impact de l'organisation du travail et des paramètres de la tâche sur le  fonctionnement cognitif
L’évolution technologique a modifié considérablement la nature des tâches dévolues aux opérateurs travaillant sur des processus continus. Ainsi, la transformation des systèmes de production avec, notamment l’automatisation des processus, s’est répercutée à la fois sur l’activité de l’opérateur et sur l’organisation du travail. D'une part, les tâches de surveillance et de supervision qui ont remplacé le travail physique, nécessitent le maintien d’un niveau de vigilance élevé. Elles reposent sur le recueil, le traitement et la mémorisation d’un nombre important d’informations. D’autre part, le fonctionnement continu des installations nécessite la présence des opérateurs 24h/24. Il est, par conséquent, indispensable de prendre en compte le lien entre organisation du travail et caractéristique de la tâche, pour aboutir à une compréhension la plus réaliste possible du fonctionnement cognitif des opérateurs. Pour cela, trois études ont été menées. Les deux premières études se déroulaient auprès de contrôleurs aériens et de surveillants de centrale nucléaire. Elles s'intéressaient à l'effet de l'organisation temporelle du travail et de la demande cognitive de la tâche sur le traitement de l'information. La troisième étude était composée de deux expériences de laboratoire qui avaient pour objectif d'approfondir une question restée en suspens à l'issue des deux premières études, à savoir le lien existant entre le niveau de vigilance des opérateurs et les ressources attentionnelles allouées à une tâche.

Lundi 26 octobre 2009

Conférence de l'Ecole doctorale & Séminaire du Centre PsyCLE

Pr. Luciano Fadiga (University of Ferrara, Ferrara and The Italian Institute of Technology, Genova, Italy)
17h00, Salle des Professeurs(Centre Schuman, Aix en Provence)

The contribution of the motor system to action understanding
In the recent years we have empirically shown that the observation of actions performed by others automatically activates the observer's premotor cortex. These data, coming from electrophysiological recordings in monkeys (mirror neurons) and from transcranial magnetic stimulation (TMS) and brain imaging studies on humans, support the idea that this observation-evoked motor resonance could be the functional expression of a brain mechanism involved in understanding» the actions made by others. However, it might appear paradoxical that the motor centres, classically considered the output stage of the brain, are involved in such high-level cognitive task. In the first part of my presentation I will discuss this issue by showing that mirror neurons are indeed part of a more general mechanism involving motor representations in perceptual processing. In the second part of my talk I will show that during speech listening, transcranial magnetic stimulation reveals an enhancement of excitability of the listener's tongue motor representations and, according to some very new data, this motor involvement is necessary for speech perception. Finally, I will discuss the involvement of Broca's area in action understanding, being this speech-related centre constantly activated by the observation of actions of others.

 
Séminaires PsyCLÉ Année 2008-2009
Mardi 5 mai 2009
Reporté à une date ultérieure
12h30 - 13h40, Salle G. Noizet (Centre Schuman)

Carole Fantini (Centre PsyCLE)

Régulation émotionnelle en oncogénétique : place des troubles de l'expression émotionnelle, des stratégies d'ajustement dans une perspective intra-individuelle versus inter-individuelle.

L’identification des gènes responsables des cancers colorectaux héréditaires, a rendu l’usage des tests génétique plus accessibles aux familles à risque. Ces pratiques posent cependant un certain nombre de questions quant aux implications psychopathologiques de la délivrance d’une information quant à l’état de santé futur. Dans une perspective multidimensionnelle, nous avons tenté d’appréhender les éléments permettant de comprendre les conséquences émotionnelles des dépistages génétiques, au travers d’une interrogation portant sur les processus d’ajustement et la régulation des émotions. Nos résultats supportent la pertinence d’un modèle multifactoriel, intégrant des éléments d’ordre dispositionnels et contextuels dans lesquels la place de l'alexithymie sera re-précisé d'une part, mais aussi l'intérêt et la pertinence d'une réflexion sur les analyses intra-individuelles versus inter-individuelle en psychopathologie.

Mardi 7 avril 2009
Changement de lieu et d'horaire
12h15 - 13h30, CRPDE (Site Arc de Meyran - voir localisation)

Pascal Zesiger, FPSE, Université de Genève

L’acquisition des pronoms en français chez l’enfant typique et chez l’enfant avec un trouble spécifique du développement du langage (TSDL)

Dans la première partie de notre exposé, nous décrirons une étude portant sur la production et la compréhension des pronoms réalisée auprès de 99 enfants francophones au développement typique âgés de 3 ;5 à 6 ;5 ans. L’analyse que nous proposons concerne à la fois la dimension syntaxique (différences entre pronoms sujets, réflexifs et objets) et la dimension morphologique (accord en genre). Les résultats montrent que les enfants ont des difficultés particulières à traiter les pronoms objets par rapport aux réflexifs et aux pronoms sujets, tant en compréhension qu’en production. Par ailleurs, le traitement du genre semble poser de sérieux problèmes aux jeunes enfants. Les performances sur cette dimension évoluent progressivement entre 4 et 6 ans. Dans la seconde partie de l’exposé, nous rapporterons les résultats obtenus dans les deux mêmes situations expérimentales par 11 enfants présentant un TSLD âgés de 4 ;10 à 8 ;10 ans. De manière générale, leurs performances sont plus faibles que celles observées chez l’enfant typique, mais avec un profil similaire. La persistance de certaines erreurs caractérise cependant la production des enfants avec TSDL.

Mardi 10 février 2009, 12h30 - 13h40, Salle G. Noizet (Centre Schuman)
Reporté

Edith Galy Marié (Centre PsyCLE)

Impact de l'organisation du travail et des paramètres de la tâche sur le  fonctionnement cognitif

Résumé:
L’évolution technologique a modifié considérablement la nature des tâches dévolues aux opérateurs travaillant sur des processus continus. Ainsi, la transformation des systèmes de production avec, notamment l’automatisation des processus, s’est répercutée à la fois sur l’activité de l’opérateur et sur l’organisation du travail. D'une part, les tâches de surveillance et de supervision qui ont remplacé le travail physique, nécessitent le maintien d’un niveau de vigilance élevé. Elles reposent sur le recueil, le traitement et la mémorisation d’un nombre important d’informations. D’autre part, le fonctionnement continu des installations nécessite la présence des opérateurs 24h/24. Il est, par conséquent, indispensable de prendre en compte le lien entre organisation du travail et caractéristique de la tâche, pour aboutir à une compréhension la plus réaliste possible du fonctionnement cognitif des opérateurs. Pour cela, trois études ont été menées. Les deux premières études se déroulaient auprès de contrôleurs aériens et de surveillants de centrale nucléaire. Elles s'intéressaient à l'effet de l'organisation temporelle du travail et de la demande cognitive de la tâche sur le traitement de l'information. La troisième étude était composée de deux expériences de laboratoire qui avaient pour objectif d'approfondir une question restée en suspens à l'issue des deux premières études, à savoir le lien existant entre le niveau de vigilance des opérateurs et les ressources attentionnelles allouées à une tâche.

Mardi 16 Décembre 2008,  10h30 - 12h, salle G. Noizet (Centre Schuman)

Laurent Mottron (MD PhD, Professeur titulaire, Département de Psychiatrie, Université de Montréal, Canada)
Le modèle du surfonctionnement perceptif dans l'autisme

ANNULE

La notion d’une différence fondamentale entre la perception autistique et non autistique s’appuie sur une large quantité de données comportementales, EEG et d’imagerie cérébrale. Nous exposerons ainsi des travaux en neurosciences de la cognition du groupe de Montréal et d’autres groupes en faveur de ce que les autistes possèdent une perception plus ‘’véridique’’ que la nôtre, et de ce que la perception joue un rôle accru dans l'ensemble de leurs opérations cognitives par rapport à celle des non-autistes. Chez le non autiste, la perception déforme la conscience du monde, surtout de par ses interactions avec les systèmes de représentations, les émotions, et le contrôle attentionnel. Les conditions a priori de saisie du monde par les non-autistes sont celles d’une perception soumise à d’autres systèmes de traitement qu’elle-même. Au contraire, la perception dans l’autisme fonctionne de façon plus autonome, par rapport aux systèmes de représentations, vis-à-vis des émotions, et généralement vis-à-vis des processus volontaires. De façon évolutive au cours du développement mais toujours différente du non-autiste, la hiérarchie soumettant la perception à l’attention chez le non autiste est inversée chez les autistes. Alors que la plupart des résultats vont dans le sens d’un sur fonctionnement perceptif (rôle accru dans l’ensemble de la cognition, performances supérieures) certains aspect de la perception autistique paraissent toutefois moins performants que leur équivalent chez les personnes typiques (attention sélective et mouvement, dans certaines conditions). Enfin, les deux sous groupes des TED,  autisme et Asperger, différent assez profondément sur le chapitre de la perception. Les conséquences possibles de ces résultats dans notre rapport aux autistes, et dans les principes formels auxquels une information doit obéir pour optimiser sa perception par un enfant autiste seront également présentées.
Années Antérieures

Séminaires PsyCLÉ Année 2007-2008

Lundi 28 avril 2008
Claude De Tychey (Professeur, Laboratoire de psychologie cognitive et clinique, EA 3946, Université de Nancy 2, Nancy) Claude.De-Tychey@univ-nancy2.fr
Formalisation et démarche de validation du modèle théorico-clinique de la résilience
L’auteur, après avoir souligné l’absence de consensus conceptuel dans ce champ et rappelé la définition « française » du concept de résilience (« capacité à se développer harmonieusement en présence d’évènements déstabilisants, de traumatismes sérieux ») se propose de présenter le modèle psychanalytique de la résilience après un bref rappel des principaux autres modèles disponibles et de leurs limites (modèle cognitivo-comportemental, modèle de santé publique, modèle éco-systémique).
Il suggèrera ensuite de montrer la pertinence du modèle psychanalytique pour approcher les processus en jeu dans la résilience et pointera les problèmes inhérents à cette démarche (notamment ceux afférents à la définition d’un développement « normal » et aux critères pour l’opérationnaliser). Il formalisera ensuite les principaux processus en jeu dans le déterminisme de la résilience d’un point de vue psychodynamique : d’une part la qualité du fonctionnement intrapsychique évaluée par la souplesse-efficacité des mécanismes de défense contre les affects de déplaisir et la qualité de symbolisation des excitations pulsionnelles sexuelles et agressives, et, d’autre part la nature et la qualité des relations intersubjectives construites avec un tuteur de résilience, modèle d’identification substitut.
Il illustrera cette conceptualisation par la présentation d’un couple gémellaire d’enfants résilient et non résilient approché par une méthodologie clinique et projective.
Dans une partie finale, il réfléchira sur les méthodologies qualitatives exploratoires et quantitatives à mettre en œuvre pour tenter de valider le modèle psychanalytique de la résilience présenté, ce qui permettra également d’apporter un éclairage au débat hérédité-individu-environnement. (Télécharger la bibliographie en PDF)
Lundi 21 avril 2008
Sylvie Droit-Volet (Professeur, Université Blaise Pascal, Laboratoire de psychologie sociale et cognitive, CNRS, UMR 6024, Clermont-Ferrand sylvie.droit-volet@univ-bpclermont.fr
Perception du temps et émotion

L'homme serait doté d'un horloge interne lui permettant d'estimer le temps avec précision. Toutefois malgré un tel mécanisme, il est souvent sujet à ce que l'on appelle des illusions temporelles. Le temps lui semble plus long ou plus court qu'il ne l'est en réalité. Par exemple, quand nous passons un bon repas entre amis, le temps semble s'envoler et n'avoir plus de durée. En revanche, quand nous partageons ce même repas avec des gens ennuyeux, il n'en finit plus de durer. Nous verrons donc comment nos différentes émotions affectent notre perception de temps. Nous verrons également quels mécanismes cognitifs sont susceptibles de rendre compte de ces distorsions temporelles.
Quelques réferences
Droit-Volet, S., & Meck, W.H. (2007). How emotions colour our perception of time. TRENDS in Cognitive Sciences, 11, 504-513.
Droit-Volet, S., Wearden, J., & Delgado-Yonger, M. (2007). Short- term memory for time in children and adults: A behavioral study and a model. Journal of Experimental Child Psychology, 97, 246-264.
Chambon,M., Gil, S., Niedenthal, P.M., & Droit-Volet, S. (2005). Psychologie sociale et perception du temps : l’estimation temporelle des stimuli sociaux et émotionnels. Psychologie Française, 50, 167–180.

Lundi 3 mars 2008
Reint Geuze (Département de Neuropychologie clinique et Développementale, Université de Groningen, Pays Bas)
Developmental Coordination Disorder as a developmental disorder from different perspectives
For many children with motor problems no specific (medical) cause can be found. These children are classified as Developmental Coordination Disorder (DCD). In this presentation I will first give an overview of the behavioural characteristics of these children. Next I will explain 3 theoretical approaches to the problem of motor visuo-coordination: a systems approach (the deficit is in a specific part of the system, i.e., in kinethesis); an information processing approach (i.e., the deficit is in movement preparation); and a dynamic systems approach (i.e., the deficit is in variability and reduced coupling strength between coordinated limbs). Each theory has a different level of description, and each will be illustrated by experimental data. Rather than one theory falsifying the other, the different approaches seem to yield a more complete picture of the disorder. How this may lead to real understanding of the individual motor problems of a child with DCD is open for discussion.
Selected References (Reint Geuze R.H.Geuze@rug.nl)
Geuze, R.H. (2005) Caractéristiques du Trouble de l’Acquisition de la Coordination : à propos des difficultés et du pronostic d’évolution. In : Geuze, R.H. (Ed.) Le Trouble de l'Acquisition de la Coordination. Evaluation et rééducation de la maladresse chez l'enfant (pp. 9-27). Collection : Troubles du développement psychologique et des apprentisages.  Marseille: Solal Éditeurs. ISBN 2-914513-70-4  [also available in English (2007) Solal Éditeurs. ISBN 2-914513-70-4]
Lust, J.M., Geuze, R.H., Wijers, A.A. & Wilson, P.H. (2006) An EEG study of mental rotation related negativity in children with Developmental Coordination Disorder. Child: Care, Health and Development 32: 649-664.
Geuze, R.H. (2004) Constraints in neuromotor de velopment. In: D. Tupper & D. Dewey (Eds.) Developmental motor disor de rs: A neuropsychological perspective (pp 391-404). New York, Guilford Press. ISBN 1-59385-064-6
Geuze, R.H. (2003) Static balance problems in children with Developmental Coordination Disorder. Human Movement Science 22: 527-548.
Geuze, R.H., Jongmans, M.J., Schoemaker, M.M. & Smits-Engelsman, B.C.M. (2001) Clinical and research diagnostic criteria for Developmental Coordination Disorder. Human Movement Science 20, 7-47.
Volman, M.J.M. & Geuze, R.H. (2000) Temporal stability of rhythmic tapping 'on' and 'off the beat': A developmental study. Psychological Research 63, 62-69.
Geuze, R.H. (1999). La maladresse chez les enfants présentant un trouble d'acquisition des coordinations motrices. Évolutions Psychomotrices 46, 171-183.
Lundi 11 février 2008
Bruno Dauvier (Centre PsyCLE) (NB : "Prix Bretagne jeunes chercheurs " 2007)
Vers une intégration des variations individuelles situationnelles et temporelles dans le fonctionnement psychologique
L’étude de la variabilité intra-individuelle présente un attrait important, celui de mettre le fonctionnement psychologique individuel au centre de l’analyse. Cette variabilité peut apparaître en réaction à des changements situationnels ou au cours du temps à situation constante. De plus, des différences interindividuelles dans la forme que prend la variabilité intra-individuelle peuvent apparaître. Les outils permettant de considérer simultanément les variations individuelles, situationnelles et temporelles sont donc particulièrement intéressants pour l’étude de la variabilité intra-individuelle. Cette intervention porte sur les implications théoriques et méthodologiques des phénomènes d’interactions entre ces trois sources de variabilité. Elle propose : a) une interprétation des raisons de l’étude dissociée des différentes formes de variations en psychologie, b) une réflexion sur les problèmes posés par les phénomènes d’interactions individus-situations, c) un cadre théorique et méthodologique permettant de dépasser certains ce ces problèmes et d) deux exemples empiriques d’application des cette approche, l’un dans le domaine de la sélection stratégique et l’autre dans celui de la régulation des émotions.
Lundi 10 décembre 2007
Edouard Gentaz (CNRS, Laboratoire «Psychologie et NeuroCognition», UMR 5105, Université Pierre Mendès France de Grenoble) Edouard.Gentaz@upmf-grenoble.fr
Toucher pour apprendre : Apports du sens haptique dans les apprentissages scolaires : Lecture, Ecriture et Géométrie

Attention : Séminaire au CRPDE ; voir adresse dans la rubrique "localisation" du site

L'objectif de ce séminaire est de montrer que l'ajout de la modalité haptique manuelle dans des entraînements classiques destinés à la préparation aux premiers apprentissages scolaires chez les enfants scolarisés en grande section de maternelle améliore leur efficacité. Nous décrirons tout d'abord les trois principales caractéristiques fonctionnelles de la modalité haptique manuelle qui sont susceptibles de favoriser les apprentissages, à savoir une bonne identification haptique des objets, une perception haptique analytique et une perception haptique non dominée par la vision. Ensuite, nous examinerons les principales recherches qui révèlent les effets bénéfiques de l'ajout de la modalité haptique dans les entraînements classiques destinés à la préparation des apprentissages comme la lecture, l'écriture et la géométrie chez les enfants de 5 ans.
19 novembre 2007
Jacqueline Nadel (Directeur de recherche, CNRS UMR 7593, Centre Emotion, Pavillon Clérambault, Hôpital Salpêtrière, Paris) jnadel@ext.jussieu.fr
Moi c'est moi et lui c'est lui : résonance et partage d'agentivité au cours du développement
L'imitation est devenue l’une des meilleures plates-formes d’études interdisciplinaires entre sciences cognitives et neurosciences, reliant neurobiologie, neurocybernétique, philosophie de l’esprit, psychopathologie et psychologie cognitives.  Par imitation, on entend communément l’établissement d’une correspondance entre des perceptions actuelles ou représentées et des productions motrices.
Le fait que l’action, l’observation de l’action, la représentation de l’action, et l’imitation de l’action  aient en commun certains mécanismes neuronaux et cognitifs suscite une explosion de travaux expérimentaux examinant les liens entre imitation, représentations motrices et intentionnalité et les convergences entre processus de traitement de l’information qu’ils recouvrent. Mais faire comme l’autre équivaut-il à ressentir comme l’autre ? Le cas de la résonance émotionnelle est instructif sur ce point. Résonne-t-on aux expressions faciales d’un robot comme à celles d’un humain? Si oui, quel en est le sens et quelle est la part du développement dans l’affirmation: Moi c’est moi et lui c‘est lui ?
Nadel, J., & Decety, J. (2002). Imiter pour découvrir l’humain. Paris : PUF..
Nadel, J., & Muir, D. (Eds.) (2005). Emotional Development: Current and future research directions. Oxford : Oxford University Press.

Séminaires PsyCLÉ Année 2006-2007

19 février 2007
Julien Daniel Guelfi (Professeur, Clinique des Maladies mentales et de l'encéphale, Centre Hospitalier Saint-Anne, Service du Pr F. Rouillon, Paris 5)
Troubles du comportement alimentaire de l'adulte et personnalité
La fréquence des troubles de la personnalité au cours des troubles du comportement alimentaire est appréciée de façon très diverse dans la littérature. Cette diversité est en partie due à des problèmes méthodologiques qui sont de mieux en mieux identifiés et maîtrisés lors des études cliniques actuelles. Je proposerai un résumé de deux revues générales sur ce thème, l’une publiée en 1994, l’autre en 2005. L’approche dimensionnelle de la personnalité offre des avantages par rapport aux approches catégorielles mais l’identification des dimensions psychologiques qui paraissent les plus pertinentes font toujours l’objet de débats. Ces approches sont susceptibles d’avoir un intérêt, soit pour la compréhension de l’étio-pathogénie des troubles du comportement alimentaire, soit pour l’appréciation du pronostic soit encore pour l’élaboration de thérapeutiques mieux adaptées à chaque cas clinique.
22 janvier 2007 : 17h, salle Noizet
Conférence de l'Ecole doctorale & Séminaire du Centre PsyCLEMartial Van der Linden  (Unité de Psychopathologie et Neuropsychologie Cognitive, Université Genève, Suisse)
L'influence de l'émotion sur la mémoire
Dans cet exposé, nous présenterons les résultats des travaux que nous avons entrepris afin (1)  de décrire l'influence de l'émotion sur les aspects subjectifs de la mémoire ainsi que sur la performance mnésique (mémoire de  l'information-cible et de l'information contextuelle), (2)  de comprendre les mécanismes qui sous-tendent cette influence et (3) d'explorer les différences interindividuelles dans les relations entre émotion et mémoire, via l'exploration des biais mnésiques en  psychopathologie.
Jeudi 11 janvier 2007 : 17h, salle des Professeurs, Centre Schuman, Université de Provence
Conférence de l'Ecole doctorale & Séminaire du Centre PsyCLE Bernard Rimé (Université de Louvain à Louvain-la-Neuve, Belgique)
Le partage social des émotions
Les émotions ont souvent été comprises comme des phases de désordre ou de désorganisation dans l'adaptation de l'individu,. Parenthèses dans le processus adaptatif, elles semblaient fondre sans laisser de trace une fois le calme rétabli. Or, selon les travaux récents, toute expérience émotionnelle laisse des traces importantes au cours des heures, des jours, voire des semaines (et parfois, des mois ou années…) qui y font suite. Après une émotion, la pensée reste marquée par l'épisode. Celui-ci y revient de manière spontanée sous forme d'images intrusives et de rumination mentale. Mais surtout, la personne manifeste une propension considérable à parler de cette expérience et à la partager avec ses proches. Dans plus de 80% des cas, on procède effectivement à ce partage, souvent à plusieurs reprises et avec plusieurs individus. On constate de surcroît que ces cibles se tournent à leur tour vers d'autres personnes pour partager avec elles ce qu'elles ont entendu, ouvrant ainsi la voie à une onde de propagation du récit d'un épisode émotionnel survenu à un seul. Le fait que les émotions ne s'arrêtent pas à de brèves manifestations physiologiques appelées à s'éteindre, le fait qu'elles se prolongent dans une activité de pensée, puis dans une succession de narrations et d'échanges divers, le fait qu'elles pénètrent ainsi profondément à la fois le tissu cognitif et le tissu social modifie profondément la manière de les concevoir.
Bernard.rime@uclouvain.be
http://www.ecsa.ucl.ac.be/personnel/rime/
Pour revue, voir: Rimé, B. (2005). Le partage social des émotions. Préface de S. Moscovici. Paris: Presses Universitaires de France.
11 décembre 2006
Isabelle Fort (Centre PsyCLE, Université de Provence)
Influence des dimensions de la métamémoire sur le vieillissement des aptitudes mnésiques
La métamémoire est définie comme incluant plusieurs dimensions : les connaissances du sujet relatives au fonctionnement de la mémoire, l’auto-évaluation de ses aptitudes mnésiques, les processus de contrôle et de régulation qu’il déploie face à une épreuve de mémoire. Ce concept a été invoqué comme un facteur d’explication du vieillissement mnésique (e.g., le vieillissement s’accompagnerait d’un déficit touchant les différentes dimensions de la métamémoire, ce qui entraînerait une baisse des performances). Aussi, l’accent a été mis principalement sur l’auto-évaluation des aptitudes et sur les processus de contrôle et de régulation. Mais, ces études présentent des lacunes aussi bien théoriques que méthodologiques. Les recherches qui seront présentées visent (1) à  combler ces lacunes en procédant à une nouvelle formalisation de la métamémoire et en  construisant un nouvel outil de mesure de ce concept ; (2)  à élaborer un modèle théorique des relations entre métamémoire et mémoire et à le valider empiriquement ; (3) à faire l’hypothèse d’un déficit touchant les connaissances du sujet relatives au fonctionnement de la mémoire.
27 novembre 2006
Sylvane Valdois (Laboratoire de Psychologie et Neurocognition (UMR 5105 CNRS), Université Université Pierre Mendes France, Grenoble)
Rôle des traitements visuo-attentionnels dans l'apprentissage de la lecture et les dyslexies développementales
Les modèles de lecture implémentés jusqu'ici accordent un rôle relativement secondaire aux procédures de traitement visuel de la séquence orthographique à lire. Le modèle multitraces (Ans, Carbonnel & Valdois, 1998, Psychological Review) fait au contraire l'hypothèse que des procédures visuo-attentionnelles (VA) jouent un rôle fondamental tant dans la lecture experte que dans l'apprentissage de la lecture ou dans les dyslexies développementales. Un concept d'empan VA a été proposé en relation avec ce cadre théorique qui correspond aux nombres d'éléments visuels distincts qui peuvent être traités en parallèle lors d'un seule fixation. Le modèle prédit que l'empan VA contribue à l'apprentissage de la lecture et qu'un trouble spécifique de cet empan devrait entraîner des troubles dyslexiques.  Les résultats d'études expérimentales comparant des populations dyslexiques à des populations témoins seront présentés qui démontrent l'existence d'un trouble de l'empan VA dissocié de troubles phonologiques chez bon nombre d'enfants dyslexiques (article sous presse dans Cognition). Une étude transversale conduite chez des enfants tout venant de CP, CE2 et CM2 montre en outre que les capacités d'empan VA sont prédictives du niveau de lecture des enfants dès le CP et que l'influence de la dimension VA augmente au cours de la scolarité. Ces résultats confortent l'hypothèse du rôle important de l'empan VA dans l'apprentissage indépendamment des aspects phonologiques et ouvrent des perspectives nouvelles en terme de diagnostic (nécessité d'intégrer des outils de mesures de l'empan VA), de prévention (évaluation précoce des troubles de l'empan VA) et de remédiation (mise au point de méthodes d'entraînement spécifiques) des difficultés d'apprentissage de la lecture.

Séminaires PsyCLÉ Année 2005-2006

3 avril 2006
Denis Corroyer (Université Paris 5 & Laboratoire de Psychologie Environnementale, UMR 8069-CNRS)
Evaluation de la taille des effets et critique des tests statistiques : quelle méthodologie pour l'analyse des données ?
Après avoir été défendue par quelques précurseurs (Guttman, Rouanet, Tukey par exemple), une nouvelle méthodologie commence à se définir sous l'impulsion de l'APA (Wilkinson & The Task Force) et, très lentement, à se mettre en place pour remplacer les automatismes actuels de l'analyse des données en psychologie. Le rappel de la nécessité de se préoccuper de la taille des effets va de pair avec une critique de l'usage des tests statistiques classiques (Khi², T, F). Après plusieurs auteurs qui ont proposé de nouvelles normes de publications dans le cadre de données expérimentales (Rouanet, Lecoutre), nous montrerons comment appliquer cette méthodologie à un grand nombre d'autres situations. Elle suppose 1) l'usage systématique des différents indices de taille des effets pour décrire les effets observés (dans l'échantillon), 2) la définition progressive de valeurs repères permettant, à partir de ces indices, de se prononcer sur l'importance de ces effets (faible / modéré / important), 3) l'usage systématique des intervalles de confiance (fréquentiste) ou des intervalles de crédibilité (bayésien) pour inférer sur l'effet parent (dans la population) et 4) une autre manière de rédiger le commentaire des résultats statistiques (cf. en particulier les formulations traditionnelles du type "la différence est significative ou "la corrélation n'est pas significative").
30 janvier 2006
Christian Réveillère (Professeur, Université François Rabelais, Tours) [ http://www.univ-tours.fr/ash/recherche/psychologieclinique/ ]
Comportements violents : Psychopathie, évaluation du risque, prise en charge
Sur le plan international, au vu de l’actualité judiciaire, on assiste à un intérêt croissant, tant de la part du public que des pouvoirs politiques pour les questions liées à l’évaluation pronostique et à la prise en charge des comportements violents. Ce domaine d’études, regroupé autour de la thématique de «gestion du risque», vise à évaluer la dangerosité, prédire la violence, et le risque de récidive d’un sujet délinquant. La gestion du risque est une notion qui a émergé à la fin des années 1960, lorsque l’évaluation du risque violent devint une préoccupation majeure. Beaucoup d’outils ont été développés (VRAG, Buss and Perry Agression, HCR-20, PCL-R). Dans de nombreux pays anglo-saxons et européens, la validité de ces instruments a non seulement justifié leur fréquente utilisation comme outils à des fins de recherche, d’applications cliniques, mais également d’expertise, mais en France aucun travail n'a été effectué sur le plan de la récidive violente. La question des validations conceptuelle, discriminante et longitudinale de la PCL-R et la HCR-20, sur le plan de la récidive violente notamment, sera traitée (collaboration avec Th. Pham, Centre de Recherche en Défense Sociale de Tournai ; Université de Mons, Belgique). 
5 décembre 2005
Marianne Jover (Centre PsyCLE, Université de Provence)
Anticipation posturale et représentations : études chez l'enfant sain et l'enfant atteint de pathologie développementale
L'anticipation posturale est une composante des actions qui permet le maintien de la stabilité du corps ou d'un membre chez le sujet en mouvement. Comme tout mécanisme anticipé, elle repose sur des représentations qui permettent de prévoir le moment, la direction et la force d'une déstabilisation. Un des protocoles expérimentaux qui permet d'étudier l'anticipation posturale est la situation du garçon de café. Celle-ci s'inspire du fait que la stabilité d'un plateau maintenu par un garçon de café est parfaite lorsqu'il le décharge ou le charge lui-même, mais elle est compromise lorsque une tierce personne décharge ou charge celui-ci. Je présenterai plusieurs recherches analysant le développement de l'anticipation posturale chez l'enfant de 20 à 40 mois, ainsi que chez des enfants atteints de dystrophie musculaire de Duchenne (4-11 ans) et de Trouble de l'Acquisition des Coordinations (6-11 ans). La question de l'accessibilité des représentations, ainsi que celle les liens entre dysfonctionnement moteur et anticipation seront discutés en conclusion.
7 novembre 2005
Eugène Mayer (Neuropsychologue aux Hôpitaux universitaires de Genève et Universités de Genève et Neuchâtel)
Le rôle du corps calleux dans la cognition
Les études des années 1960 sur les patients au cerveau dédoublé (split-brain), fondées sur des techniques permettant « d’interroger » un seul hémisphère à la fois, ont valorisé l’image d’un corps calleux (CC) responsable du transfert de l’information entre hémisphères cérébraux. Plus récemment, la démonstration chez certains patients split-brain d’un transfert possible de l’information à un niveau « inconscient » a quelque peu modifié ce point de vue. L’hypothèse a été proposée que le rôle essentiel, voire unique du CC, était de synchroniser l’activité de régions controlatérales, une lésion des fibres calleuses pouvant provoquer un phénomène semblable à l’héminégligence, par manque d’activation d’un des hémisphères. A partir de descriptions cliniques et d’expériences chez des patients souffrant d’une atteinte du CC, nous tenterons de tester la validité de ces hypothèses.


Séminaires PsyCLÉ Année 2004-2005

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20 juin 2005
Diane Poulin-Dubois (Professor of Psychology, Centre for Research in Human Development, Concordia University, Montréal, Canada)
Le raisonnement des jeunes enfants concernant les intentions, les perceptions et les désirs d’autrui
Des recherches récentes suggèrent que les jeunes enfants développent une certaine compréhension des comportements d’autrui au cours des deux premières années. Par exemple, ils sont capables de différencier des actions motrices intentionnelles et accidentelles, d’inférer des intentions à partir de tentatives échouées, et d’interpréter des regards comme des actes référentiels (Carpenter, Akhtar, & Tomasello, 1998; Meltzoff, 1995; Poulin-Dubois, Olineck, & Demke, in press). Savoir si de telles compétences reflètent une « théorie de l’action » ou une « théorie de l’esprit » donne lieu à de nombreux débats. L’interprétation que font les enfants des mêmes comportements produits par des agents non humains constitue une source d’informations importante dans ce débat. Je présenterai les résultats d’études récentes conduites dans mon laboratoire qui traitent de la question de quand et comment la compréhension des actions traduit la construction d’une représentations des autres comme des « agents mentaux ».
2 mai 2005
Raphaelle Lépine (Centre PsycLE)
Mémoire de travail et fonctionnement cognitif : développement et différences individuelles
La capacité de la mémoire de travail (MdT) est fondamentale dans l’explication du fonctionnement cognitif. Néanmoins, les auteurs ne s’accordent pas quant à sa nature. Qu’entend-on par capacité de MdT ? Quelle est la nature des différences développementales et individuelles ? Une première série d’études montre que les différences inter-individuelles de MdT affectent les performances des enfants et des adultes lors d’activités élémentaires reposant sur la récupération en mémoire à long terme. La capacité de la MdT correspondrait à une quantité de ressources attentionnelles disponibles pour réaliser les récupérations. Cette quantité affecte la vitesse des récupérations, l’apprentissage, et la sélection des stratégies. Une seconde série d’études montre que pour évaluer cette capacité, il suffit de demander aux participants de réaliser, simultanément au maintien d’informations en mémoire à court terme, des séries de récupérations selon un rythme fixé. Les empans évalués grâce aux nouvelles épreuves sont alors plus prédicteurs des performances scolaires que les empans traditionnels.
Lundi 4 avril 2005
Anne Andronikof (Université de Paris 10, Laboratoire IPSé - Psychopathologie de l'identité, de la pensée et processus de santé)
Le Rorschach en Système Intégré : quelle utilité en clinique, quelle validité pour la recherche ?
Le Rorschach, test dit « projectif », apparaît dans toutes les enquêtes internationales comme l’un des outils les plus utilisés en psychologie clinique. Assimilé par certains à une boule de cristal, dénoncé par d’autres comme un gadget de charlatan, il fait l’objet d’un nombre considérable de recherches publiées et continue à alimenter les passions, et les polémiques. L’exposé donnera le point de vue sur la question d’un chercheur en psychopathologie qui est aussi un psychologue clinicien. Les questions abordées seront : quelles sont les conditions de validité de cet instrument, pour la recherche et pour la clinique, et quel en est l’apport spécifique. Sur ce dernier point, l’argument défendu est que le Rorschach permet de décrire et d’explorer les points d’articulation entre les versants cognitif et affectif de la personnalité.
À lire : Psychologie française, 49(1), 2004. Le numéro entier est téléchargeable gratuitement sur ScienceDirect.
Lundi 21 mars 2005
Jean-Marie Danion (Professeur de Psychiatrie à la Faculté de Médecine de Strasbourg et Directeur de l'Unité INSERM 666 'Physiopathologie clinique et expérimentale de la schizophrénie')
La schizophrénie, une maladie de la cognition
L’application des concepts et des méthodes des neurosciences cognitives à l’étude de la schizophrénie a permis de faire évoluer considérablement la conception traditionnelle de cette maladie. Alors que les auteurs classiques ne considéraient les troubles cognitifs des patients schizophrènes que comme secondaires, il n’est pas exagéré aujourd’hui de faire de la schizophrénie une maladie de la cognition, ainsi qu’un nouveau paradigme d’étude des fonctions cognitives et mnésiques, à côté par exemple de l’amnésie organique, de la maladie de Parkinson ou des pathologies frontales. Après avoir rappelé les travaux qui ont conduit à cette nouvelle conceptualisation de la schizophrénie, l’exposé se centrera sur les troubles de la mémoire autobiographique dans la schizophrénie et ses relations avec les altérations des états subjectifs de conscience et du sentiment même de soi. Les implications en termes de perturbations de la construction de l’identité personnelle des patients schizophrènes seront discutées.
Lundi 21 février 2005
Marie-Hélène PLumet (Equipe Développement et fonctionnement Cognitifs, UMR 6194 CNRS-CEA-Universités Paris 5 et Caen
De la théorie (de l’esprit) à la pratique (communicative) : études développementales d’enfants autistes et d’enfants normaux
Résumé: La capacité à interpréter les états mentaux des personnes (théorie de l’esprit=ToM) est altérée chez les enfants autistes, et beaucoup d’auteurs considèrent que ce dysfonctionnement cognitif explique une grande partie de leurs particularités communicatives. Toutefois, on dispose d’encore assez peu d’études articulant, dans une approche développementale comparative, le niveau d’élaboration de la théorie de l’esprit chez des enfants autistes et la qualité effective de leur fonctionnement communicatif dans des contextes interpersonnels familiers. C’est l’objectif de nos travaux collaboratifs (1), associant méthodologie expérimentale et observations systématiques d'enfants autistes et d’enfants normaux filmés dans leur cadre familial. Ces recherches sont menées dans trois grandes directions complémentaires: 1) étude des corrélations entre mesures développementales de compréhension des états mentaux en situation expérimentale (ex : épreuves de fausse croyance) et qualité fonctionnelle de la communication (distribution des usages de la communication dans des fonctions instrumentales vs mentalistes, dans une gamme de contextes sociaux variés) ; 2) analyse structurée des dynamiques interactionnelles qui se créent dans des contextes communicatifs plus spécifiques -les épisodes d’opposition- ciblés pour leur forte exigence en ToM, où nous étudions, dans un cadre pragmatique, l’utilisation et le fonctionnement de stratégies visant à persuader l’interlocuteur (production de justifications et types utilisés, sensibilité à leur usage…) ; 3) détection des structures d'interactions dans leur dynamique temporelle: rôles du niveau d'exigence en théorie de l'esprit, localisation de marqueurs "ToM" in situ (micro-analyse informatisée avec le logiciel ‘Theme’). Pour chaque direction explorée, des données seront exposées.
Lundi 17 janvier 2005
Pierre Philippot (Unité de Recherche en Psychologie clinique et sociale, Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique)

La régulation cognitive des émotions : conséquences émotionnelles de différents types de traitement de l'information émotionnelle

Résumé: Un biais de surgénéralité dans le traitement de la mémoire autobiographique a été mis en évidence dans certaines populations cliniques. Une explication souvent donnée de ce biais est qu'il constitue un mécanisme de protection contre les émotions intenses qui seraient associées à des souvenirs émotionnels spécifiques. Ce rationnel est sous-tendu par la notion que traiter de l'information émotionnelle à un niveau spécifique devrait générer des émotions plus intenses que la traiter à un niveau général. Cependant, des données de notre laboratoire ainsi que d'autres laboratoires, montrent que, au moins dans certains cas, le contraire est vrai: spécifier l'information émotionnelle peut avoir un effet inhibiteur sur l'activation de l'émotion.
Dans cette présentation je proposerai une explication théorique rendant compte des conditions nécessaires pour que la spécification d'expériences personnelles soit augmente, soit diminue l'activation émotionnelle. Quatre dimensions pertinentes seront examinées:
- le fait que la spécification résulte d'un processus volontaire induit versus de différences individuelles (et donc de processus très vraisemblablement implicites).
- le fait que la spécificité de la production autobiographique résulte de processus de récupération directe versus "générative".
- le type d'information spécifiée.
- le type de conscience (réflexive ou non) associée à la mémoire récupérée.
Pour chacune de ces dimensions, des données de recherche seront présentées.
Bibliographie illustrative:
Philippot, P., Baeyens, C., Douilliez, C., & Francart, B. (2004). Cognitive regulation of emotion. In P. Philippot & R.S. Feldman (Eds.). The regulation of emotion. New York: Laurence Erlbaum Associates.
Philippot, P., Douilliez, C., Baeyens, C. & Francart, B. (2004, In press). Cognition et émotion. In M. Van der Linden & G. Ceschi (Eds.), Traité de psychopathologie cognitive. Marseille, France: Solal.

Lundi 13 décembre
John Gero (Professor of Design Science, Co-Director, Key Centre of Design Computing and Cognition, University of Sydney, Australie, Pr. invité Centre PsyCLE)

How designers think

Abstract: Do designers think differently? This seminar presents results from empirical studies of designers designing under various conditions. It examines three hypotheses using experiments carried out at Key Centre of Design Computing and Cognition, University of Sydney.
1. Fixation: Since design is precedence oriented, are designers fixated by what they are exposed to? An input-output experiment was used to test this hypothesis with both expected and unexpected results.
2. Experts versus Novices: Are the cognitive structures of expert designers different from that of novices? Protocol analysis was used to test this hypothesis.
3. Designers versus Problem-solvers: Unlike problem-solvers, do designers generate new goals as they design? Protocol analysis was used to test this hypothesis.

The Key Centre of Design Computing and Cognition is a group of 35 researchers that includes designers from multiple disciplines, computer scientists and cognitive scientists.

Lundi 22 novembre 2004
Denis Alamargot (Laboratoire LaCo-CNRS, Université de Poitiers)
Capacité de la Mémoire de Travail et dynamique des prises d’informations visuelles pendant la rédaction d’un texte procédural
Résumé: L’objectif de cette communication est d’analyser comment la capacité de la Mémoire de Travail contraint la dynamique des prises d’informations visuelles pendant la rédaction d’un texte. Dans deux expériences complémentaires, il a été demandé à des rédacteurs adultes (étudiants) de composer un texte procédural à partir de sources documentaires. Les activités oculaires et grapho-motrices ont été enregistrées par le dispositif Eye and Pen. Les rédacteurs ont préalablement subi une série d’épreuves évaluant la capacité de leur Mémoire de Travail.
Dans la première expérience, nous montrons que la fréquence et la durée des prises d’informations visuelles parallèles à l’écriture (consultation du texte en cours et des sources documentaires pendant l’écriture) dépendent pour une grande part de l’empan de production de la MT et du niveau d’automatisation grapho-moteur.
Dans la seconde expérience, nous montrons que la dynamique des prises d’informations visuelles, réalisées au cours des pauses d’écriture les plus longues, diffère selon l’empan de production écrite. Les rédacteurs à empan fort consultent plus d’informations et opèrent un plus grand nombre d’aller-retours entre le texte en cours et les sources.
En conclusion, nous dressons un bilan des effets de la capacité sur la dynamique des prises d’informations visuelles et discutons du système de contraintes en jeu.
Lundi 18 octobre 2004
Annie Vinter (LEAD-CNRS, Université de Bourgogne, Dijon)
Apport d’études sur le dessin à la compréhension du développement représentationnel de l’enfant
Résumé : Nous présenterons une série de 5 expériences dans lesquelles des enfants âgés de 5 à 10 ans et des adultes ont produit des dessins de figures géométriques, soit dans un contexte de dessin « libre », soit après une exposition préalable à des « amorces » qui ont consisté en des segmentations des figures complexes. Ces segmentations ont été choisies de façon à induire des stratégies graphiques spécifiques pour la copie ultérieure des figures complexes. Les analyses ont porté sur la nature des stratégies graphiques utilisées par les sujets dans les différents contextes.
Trois étapes de développement apparaissent dans le contexte libre. Les expériences d’amorçage ont montré que les correspondances entre âges et étapes développementales pouvaient varier selon la nature de l’amorce utilisée. Toutefois, l’impact de cette procédure d’amorçage ne s’est pas révélé constant aux travers des âges. Il s’est avéré pratiquement inexistant à l’âge de 6 ans, alors que cet effet s’est démontré être de taille notable aux autres âges. Ces résultats sont discutés en référence à différents modèles développementaux.


Séminaires PsyCLÉ Année 2003-2004

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Lundi 7 juin 2004
Bruno Gepner (Service de psychiatrie infanto-juvénile, Centre Hospitalier Montperrin & Laboratoire Parole et Langage, UMR CNRS 6057, Université de Provence, Aix-en-Provence)

Malvoyance du mouvement dans l'autisme : recherche et application
Résumé : 60 ans après sa mise en évidence, l’autisme reste le noyau dur de la psychiatrie infanto-juvénile tant sur le plan étiopathogénique que thérapeutique. Différents mécanismes neurobiologiques et neuropsychologiques sous-tendent ce syndrome neurodéveloppemental hypercomplexe. Depuis presque 15 ans, nous avons développé une approche neuropsychologique développementale, selon laquelle des anomalies de la perception visuelle et de l’intégration visuo-motrice du mouvement, survenant précocement au cours du développement, pourraient rendre compte des désordres de la communication verbale et émotionnelle des enfants autistes, ainsi que de leurs troubles sensori-moteurs. En substance, les personnes autistes auraient du mal à intégrer dans leur corps propre les événements visuels dynamiques rapides, qu’il s’agisse du mouvement physique environnemental, ou des mouvements biologiques tels que les mouvements faciaux. Plus récemment, Tardif et coll. ont montré que le traitement en temps réel des sons de la parole était également perturbé chez les enfants autistes. Ainsi, le monde visuel et sonore irait trop vite pour les personnes autistes. Ralentir artificiellement leur monde environnant pourrait constituer une clé pour leur rééducation. Un procédé informatique visant à ralentir de manière synchrone les mouvements faciaux et la parole de l’interlocuteur d’une personne autiste, est en cours de réalisation.
Lundi 24 mai 2004 (Salle des professeurs, 2° étage)
Patrick Bonin (Université de Clermont Ferrand, Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive -CNRS)
Comment accède-t-on à un mot en production verbale écrite ?
Résumé : La question générale qui est abordée dans cette communication concerne l'accès aux représentations orthographiques chez des adultes. Le plan de mon intervention est le suivant : après une brève introduction, nous verrons quels sont les niveaux de traitement impliqués dans la production verbale écrite de mots isolés. Nous traiterons ensuite du problème du rôle des codes phonologiques dans l'accès aux représentations orthographiques. La question est en effet celle de savoir si les codes phonologiques sont obligatoirement impliqués dans l'accès aux codes orthographiques ou si, au contraire, l'accès aux codes orthographiques n'est pas obligatoirement phonologiquement médiatisé. Nous décrirons rapidement des cas de patients cérébrolésés, et des données expérimentales chez des sujets sains issues d'expériences de dénomination, qui semblent attester que la phonologie joue un rôle contraignant dans l'accès aux codes orthographiques. Nous aborderons enfin la question des facteurs qui exercent une influence sur la vitesse d'accès aux représentations orthographiques et, plus précisément, l'impact de l'âge d'acquisition des mots et de la fréquence objective des mots. Concernant l'influence de l'âge d'acquisition, nous envisagerons, d'une part la question de la fréquence cumulée et celle de la trajectoire fréquentielle dans l'étude des effets d'âge d'acquisition, d'autre part celle de la localisation des effets d'âge d'acquisition et de fréquence objective.
Lundi 5 avril 2004
Catherine Thévenot (Centre PsyCL
É)
La résolution de problèmes arithmétiques : L'apport de la théorie des modèles mentaux
Résumé : Ce séminaire a pour but de présenter les principaux résultats obtenus dans les trois axes de recherche qui sont les miens dans le domaine de la résolution de problèmes arithmétiques :
(1) problèmes arithmétiques verbaux et, plus précisément, les représentations mentales construites par les enfants et les adultes en vue de la résolution d’un problème à énoncé verbal;
(2) représentations mentales des nombres et non plus des problèmes. Il s'agit d’étudier ici la façon dont est représenté le nombre en mémoire de travail en fonction de la tâche dans laquelle il est impliqué;
(3) récupération de faits numériques en mémoire. Un paradigme sera présenté qui permet de déterminer si les individus résolvent des opérations par récupération directe du résultat en mémoire à long terme ou, au contraire, s'ils recourent à des procédures algorithmiques.
Lundi 15 mars 2004 (Co-invitation : Conférence de la Formation Doctorale et Centre PsyCLE)
Todd Lubart (Université de Paris 5, Laboratoire Cognition et Développement, CNRS-UMR 8605)
Créativité : approche différentielle et développementale
Résumé : La créativité est la capacité à réaliser une production qui soit à la fois nouvelle et adaptée au contexte dans lequel elle se manifeste. Une première partie de la conférence présentera une approche multivariée selon laquelle la créativité dépend d'une combinaison interactive de facteurs cognitifs, conatifs, émotionnels et environnementaux. La combinaison de ces composantes détermine un large éventail de niveaux de créativité. Dans une seconde partie, le développement de la créativité sera examiné. Chez l'enfant, des recherches montrent l'existence de moments d'affaiblissement temporaire dans le développement de la créativité qui semblent être liés, en partie, au développement de la pensée logique. Chez l'adulte, la productivité, l'originalité et la nature des oeuvres évoluent avec l'âge. Les implications et extensions des travaux présentés seront discutées.
Lubart, T. I., Mouchiroud, C., Tordjman, S. & Zenasni, F. (2003). Psychologie de la créativité. Paris : Armand Colin.
Lundi 8 mars 2004
Agnès Bonnet (Centre PsyCL
É)
Prises de risque et régulation des émotions
Résumé : Les conduites à risque représentent un objet d'étude complexe faisant appel à plusieurs niveaux de fonctionnement psychique. Elles caractérisent l'engagement d'un sujet dans la pratique répétée de comportements « à risque ». En plongée sous-marine, la prise de risques se présente sous deux formes : à court terme (recherche de profondeur, confrontation directe au danger) et à long terme (confrontation au danger indirecte). L'étude des conduites à risque souligne l'implication des phénomènes émotionnels, au-delà des conceptions de la personnalité. L'articulation de ces deux niveaux au comportement nous permet d'envisager l'existence d'une régulation subjective des émotions. L'objectif de cette recherche est de mettre en évidence l’influence des traits émotionnels et de personnalité sur la détermination de la prise de risques, de même que l’importance des états émotionnels corollaires au comportement dans la détermination et la répétition de la prise de risques. La population est constituée de 131 sujets plongeurs à risque et « non à risque », accidentés ou non. La méthodologie quantitative permet d'évaluer : les dimensions de personnalité Extraversion/Névrosisme, Recherche de sensations, Estime de soi ; le Bien-être subjectif, l'alexithymie et les Emotions différentielles pré- et post-comportement. Les résultats mettent en évidence un « profil » des sujets à risque caractérisé par l'Extraversion, une tonalité émotionnelle de base positive, et une estime de soi en lien avec la recherche de sensations et les états émotionnels. Par ailleurs, on distingue deux types de risques en fonction du mode de gestion des émotions. L'alexithymie est envisagée comme une stratégie adaptative, dont l'échec favorise la prise de risques à court terme. Enfin, nous avons mis en évidence l'existence d'une boucle hédonique relative au comportement, dont l'objectif ultime serait de maintenir ou de renforcer l'estime de soi. Les sujets à risque présentent ainsi un fonctionnement psychologique particulier, déterminé par les variables émotionnelles et de personnalité, mais dont la répétition vient remplir, par l'intermédiaire du comportement et de la boucle hédonique, une fonction subjective pour le Self. C'est ce que nous présentons sous la forme d'un modèle de régulation émotionnelle.
Lundi 16 février 2004
Michel Musiol (Université Nancy 2, LPI-GRC, E.A 1129)
Discontinuité dans l'interaction verbale et rationalité des processus de pensée
Résumé : En raison de ses propriétés structurales et des contraintes pluri-dimensionnelles qu’elle impose au comportement des interlocuteurs, la transaction conversationnelle peut être envisagée comme le lieu d’observation privilégié des processus de pensée complexe, et de ses éventuels dysfonctionnements. Les heuristiques de pensée associées à la gestion de la signification des énoncés en contexte ainsi qu’à la reconnaissance des intentions de sens s’intriquent nécessairement aux propriétés de l’architecture discursive. Leur mise au jour suppose une méthodologie d’investigation adaptée, construite par exemple sur la base d’une analyse interlocutoire et d’une sémantique formelle. Mais tout type d’incongruité apparaissant au sein d’une conversation naturelle, d’un entretien clinique, ou d’une production discursive provoquée expérimentalement, n’est pas ipso facto corrélé à une défaillance. Nous présentons une première tentative d’élaboration d’un modèle d’appréhension « décidable » de l’incohérence. Ce modèle s’étaye sur les propriétés hiérarchiques, fonctionnelles, interlocutoires et sémantico-formelles de séquences conversa-tionnelles de type assertives. On élabore conséquemment une stratégie d’abstraction des propriétés des heuristiques de pensée qui relèvent de processus cognitivo-conversationnels complexes et qui font éventuellement défaut (ou sont spécifiques) au sein de certains syndromes psychopathologiques.
Lundi 26 janvier 2004
Pierre Largy (Université de Toulouse le Mirail, Laboratoire PCS, EA 1687)

Apprendre l'orthographe
Résumé : La compétence à orthographier renvoie à la fois à la capacité à produire les marques appropriées lors de l'écriture d'un texte et à la capacité à revenir sur cette production pour y déceler et corriger les erreurs résiduelles. Nous présenterons des travaux qui visent à étudier l'accès à l'expertise dans la mise en oeuvre de la morphologie flexionnelle du nombre nominal et verbal, tant en production qu'en révision de ces marques.
Lundi 1 décembre 2003
Jacqueline Fagard (Université Paris 5, Laboratoire Cognition et Développement - CNRS)

Origine et développement de la préférence manuelle
Résumé : Malgré des indices précoces, observables dès la naissance et peut-être avant, la latéralité manuelle n’apparaît chez le bébé (et même chez le jeune enfant) que comme un biais léger et hautement variable. J’exposerai les travaux de mon groupe portant sur les facteurs responsables du passage de ce simple biais latéral à une latéralité manuelle stable. Je commencerai mon exposé en posant la question de savoir dans quelle mesure l’étude du développement de la latéralité peut enrichir le débat sur l’origine des préférences latérales.
Lundi 17 Novembre 2003
Sandrine Honoré-Masson (Centre PsyCLÉ)
Connaissances sémantiques : effets du vieillissement et de la Démence de Type Alzheimer
Résumé : Les études conduites auprès de patients DTA font classiquement état de désorganisations des représentations lexicales et sémantiques en mémoire. Nos travaux (étude longitudinale auprès de patients DTA débutants ainsi que deux études de groupes de patients modérés et sévères) permettent de mieux décrire et comprendre ces aspects des déficits.
L'expérience proposée à ces patients et à des sujets âgés (groupe contrôle) consiste en une tâche informatisée de vérification d'adéquation entre le nom d'un être vivant et un attribut présenté sous forme de phrase. L'attribut peut être récupérable au niveau d'entrée (exemple : coccinelle / est rouge et noire) ou au niveau supra ordonné, i.e. vrai pour tout exemplaire de cette catégorie (exemple : coccinelle / a six pattes). Cet attribut peut être structural (partie de l'objet) ou fonctionnel (capacité ou action).
Les résultats obtenus montrent une évolution différente des effets de cette pathologie sur chacun de ces niveaux de traitement de l'information. Au-delà de cette description originale des troubles, nos résultats soulignent la pertinence de conjuguer les différentes hypothèses présentes dans la littérature pour expliquer ces perturbations sémantiques.
(*)Travail réalisé en collaboration avec le Dr Thomas-Antérion et Pr. Laurent - Service de Neurologie, Hôpital Bellevue, Saint Etienne et avec N. Bedoin - Laboratoire EMC, Université Lyon II.


Séminaires PsyCLÉ Année 2002-2003

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Lundi 23 juin 2003
Stéphane Rusinek (UPRES Temps, Emotion et Cognition, Université de Lille 3)
Validation de la notion du concept de schémas en psychopathologie cognitive: temps de réaction et modifications de récits.

Lundi 26 mai 2003
Evelyne Clément (Laboratoire de psychologie cognitive, Université de Rouen)
Flexibilité et résolution de problème.

Lundi 28 avril 2003
Sylvane Faure (Laboratoire de Psychologie Expérimentale et Quantitative, Université de Nice-Sophia Antipolis
Hémisphères cérébraux et langage : indépendance, confrontation ou coopération ?

Lundi 17 mars
Joel Swendsen (Université Victor Segalen Bordeaux 2, Membre de l'Institut Universitaire de France)
Modèles cognitifs de l'anxiété et la dépression : application de la méthode d'échantillonnage des expériences (ESM)

Lundi 10 février 2003
Pierre Livet (Centre d'Epistémologie et d'Ergologie Comparatives, Université de Provence)
Dynamique cognitive à long terme des émotions

Lundi 13 janvier 2003
Pierre Roubertoux (CNRS - Laboratoire de Neurophysiologie Cognitive, Marseille)
Les racines de l'individualité : origine génétique des différences individuelles

Lundi 9 Décembre 2002
Aude Michel (Université de Toulouse, Centre PsyCLÉ)
Aspects cognitifs et émotionnels du changement de sexe

Lundi 18 Novembre 2002
Jean-Louis Paour (Université de Provence, Centre PsyCLÉ)
L'éducation cognitive : où en sommes-nous ?

Lundi 14 Octobre 2002
Jean-Louis Adrien (Unité INSERM 316 Tours & Université de paris 5)
Troubles du développement psychologique dans l'autisme de l'enfant : dysfonctionnements précoces et étude des trajectoires développementales


Séminaires PsyCLÉ Année 2001-2002

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Lundi 3 Juin 2002
Jean-François Rouet (Université de Poitiers, Laboratoire Langage et Cognition)
Représentations et usages de contenus dans la compréhension des hypertextes

Lundi 6 Mai 2002
Jean-François Camus (Université de Reims, Laboratoire de Psychologie Expérimentale, Paris 5)
Neuropsychologie de l'attention

Lundi 22 Avril 2002
Patrick Perret (Université de Provence, Centre PsyCLÉ)
Compétences précoces et incompétences tardives au cours du développement cognitif : l'exemple de la quantification de l'inclusion

Lundi 25 mars 2002
Pierlugi Graziani (Université Charles de Gaulle-Lile 3, UPRES Temps émotion et Cognition)
Stress, vécu émotionnel et coping chez des sujets souffrant de troubles anxieux

Lundi 11 mars (avec le soutien de Cognisud)
Simon Buckingham Shum (Knowledge Media Institute, Open University, UK)
Structuring discourse for collective sensmaking

Lundi 18 février 2002
Roger Lécuyer (Université de Paris 5, Laboratoire Cognition et Développement)
La cognition précoce : méthodes d’étude et grandes données

Lundi 14 janvier 2002
Michèle Carlier (Université de Provence, Centre PsyCLÉ)
De la biologie à la psychologie : 20 ans de recherche sur les effets maternels chez les mammifères

Mercredi 19 décembre (10h - 11h30)
Leslie Smith (Department of Psychology, Lancaster University, UK)
From Epistemology to Psychology and Back Again : Piagetian Lessons about Development

Lundi 17 décembre 2001
Lydia Fernandez
(Université de Provence, Centre PsyCLÉ)
Addiction aux benzodiazepines et symptomatologie anxieuse et dépressive chez les sujets âgés

Lundi 26 novembre 2001
Emmanuelle Vignoli (Université de Provence, Centre PsyCLÉ)
Anxiété, humeur et cognition

Lundi 29 octobre 2001
Carole Tardif (Université de Rennes & Laboratoire Parole et Langage, CNRS-Université d’Aix en Provence)
Relations entre troubles socio-communicatifs et troubles cognitifs dans l’autisme


Séminaires PsyCLÉ Année 2000-2001

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Vendredi 16 mai 2001
Jean-Pierre Thibaut (Universite de Liège)
Catégorisation chez les jeunes enfants: rôle de la variabilité des dimensions sur la généralisation

Vendredi 4 mai 2001 (12h30 -14h)
Sarah Ransdell (Florida Atlantic University)
Long-term working memory control in L1 and L2 writing

Mercredi 28 mars 2001 (16h-18h, salle 5)
Michael J. Apter (Georgetown University, Washington DC)
La théorie du renversement psychologique : motivation, émotion et personnalité

Lundi 26 mars 2001
Barry Schneider (University of Ottawa)
Relations interpersonnelles et compétition à l'adolescence : approche interculturelle

Lundi 12 mars 2001
Pierre-Yves Gilles & Ludovic Rémy (Université de Provence,Centre PsyCLÉ)
Variabilités stratégiques et anxiété : étude dans le domaine du raisonnement inductif

Jeudi 15 février 2001
Monique De Bonis (INSERM & Faculté de Médecine, Paris-Sud)
Les émotions : perspectives cognitivistes

Lundi 18 janvier 2001
Michèle Montreuil (Equipe de recherche en Psychologie clinique, Paris-8)
Alexithymie : Experience clinique et de recherche

Vendredi 27 octobre 2000
Elizabeth Spelke (MIT & Harvard Univsersity)
Connaissances fondamentales et développement cognitif : Espace, nombre, et langage

Lundi 29 mai 2000
Tamara Sumner & Michaël Wright (University of Boulder)
Towards designing scholarly communities

Jeudi 18 mai 2000
Ronald T. Kellogg (University of Missouri Rolla)
How memory supports writing

Mercredi 26 janvier 2000
Daniel Brixhe (Université de Nancy)
Analyse interlocutoire et interactions de guidage expert-novice

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