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question de l’accès aux sources de financement est au cœur du
projet entrepreneurial. Elle intervient à tous les niveaux de
l’activité des entreprises et à toutes les époques de leur
existence. Au cours de la première révolution industrielle,
l’autofinancement est la règle et les entreprises ont massivement
recours à des sources de financement internes : réserves,
amortissements, dépôts de comptes courants des associés et de leur
famille, transformation des réserves en augmentation de capital ou
appels de fonds aux familles fondatrices. Marseille n’échappe pas
à ce schéma explicatif général. Les industriels de la première
moitié du XIXe siècle autofinancent largement leur passage à
l’énergie vapeur. Le mariage entre la banque et l’industrie est
peu pratiqué et l’escompte demeure le pain quotidien des
banquiers. Lorsqu’ils ont vraiment besoin d’argent, les
industriels font appel à l’épargne du réseau relationnel proche
par le biais de sociétés en commandite simple ou par actions. Il
peut alors arriver qu’un banquier local se glisse dans la
commandite, mais c’est une exception : dans sa phase fondatrice,
l’industrie marseillaise est une affaire de famille.
Avec la seconde révolution industrielle, les investissements à
réaliser deviennent plus lourds, plus fréquents et la part des
immobilisations tend à l’emporter sur celle du capital circulant.
L’industrie devient plus capitalistique. Dans ce contexte, le
recours aux financements externes cesse d’être une exception. Les
industriels font désormais davantage appel aux banques nationales
et régionales et les réseaux bancaires des territoires se
densifient. Plusieurs grandes banques de dépôts ouvrent ainsi des
succursales à Marseille : le Crédit Lyonnais (1865), la
Société générale pour le développement du commerce et de
l’industrie (1866) et le Comptoir national d’escompte de
Paris (1869)...
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