N°18 - Juin 2010

 


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a question de l’accès aux sources de financement est au cœur du projet entrepreneurial. Elle intervient à tous les niveaux de l’activité des entreprises et à toutes les époques de leur existence. Au cours de la première révolution industrielle, l’autofinancement est la règle et les entreprises ont massivement recours à des sources de financement internes : réserves, amortissements, dépôts de comptes courants des associés et de leur famille, transformation des réserves en augmentation de capital ou appels de fonds aux familles fondatrices. Marseille n’échappe pas à ce schéma explicatif général. Les industriels de la première moitié du XIXe siècle autofinancent largement leur passage à l’énergie vapeur. Le mariage entre la banque et l’industrie est peu pratiqué et l’escompte demeure le pain quotidien des banquiers. Lorsqu’ils ont vraiment besoin d’argent, les industriels font appel à l’épargne du réseau relationnel proche par le biais de sociétés en commandite simple ou par actions. Il peut alors arriver qu’un banquier local se glisse dans la commandite, mais c’est une exception : dans sa phase fondatrice, l’industrie marseillaise est une affaire de famille.

Avec la seconde révolution industrielle, les investissements à réaliser deviennent plus lourds, plus fréquents et la part des immobilisations tend à l’emporter sur celle du capital circulant. L’industrie devient plus capitalistique. Dans ce contexte, le recours aux financements externes cesse d’être une exception. Les industriels font désormais davantage appel aux banques nationales et régionales et les réseaux bancaires des territoires se densifient. Plusieurs grandes banques de dépôts ouvrent ainsi des succursales à Marseille : le Crédit Lyonnais (1865), la Société générale pour le développement du commerce et de l’industrie (1866) et le Comptoir national d’escompte de Paris (1869)...

 

 

 

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