Autochtonie et migrations
Responsables : Jean-Michel Chazine et Antonio Guerreiro
Le deuxième programme transversal, intitulé Autochtonie et migrations est né d'une discussion, menée à plusieurs reprises, par un certain nombre de chercheurs et d'enseignants-chercheurs de la Maison Asie-Pacifique, à propos d'une question qui concerne les deux UMR, le CREDO et l'IRSEA : la question des Austronésiens. Le terme « austronésien »fait référence à une famille de langues (plus de mille) : parlées par des populations indigènes aux Philippines, en Indonésie, au Vietnam, en Mélanésie, à Madagascar, et enfin en Micronésie et Polynésie, elles sont originaires de Taiwan et/ou de la côte sud de la Chine continentale. Par ailleurs, un certain nombre de découvertes archéologiques, pré- ou post-austronésiennes, sont en train d'aboutir à la re-considération des modes de peuplement du Pacifique à partir de l'Asie du sud-est, plaçant sous les projecteurs les migrations des populations parlant une (des) langue(s) austronésienne(s). Enfin, les anthropologues et les sociologues de l'IRSEA travaillant à Taiwan, ont repéré l'existence d'une revendication identitaire contemporaine fondée précisément sur l'appartenance austronésienne.
La question austronésienne est donc à l'ordre du jour et les chercheurs en sciences sociales du CREDO et de l'IRSEA sont évidemment bien placés pour en par. Encore faut-il se demander sous quelle forme peut se poser une telle question aujourd'hui et voir si l'on peut transformer en problématique de recherche interdisciplinaire un objet d'étude réservé jusqu'ici aux linguistes et aux archéologues. L'idée est que ces populations paraissent partager une préoccupation, perceptible dans le corpus de leur mythes, au sein de leur organisation sociale, ou encore dans la conception qu'ils ont de leur identité/histoire, focalisée sur la logique qui oppose les deux notions d' « autochtonie »et de « migration ». Pour les chercheurs intéressés, il s'agirait donc de commencer par faire l'état des lieux de la question austronésienne, puis de chercher à voir dans quelle mesure l'opposition dont on a parlé plus haut est, ou non, pertinente, au sein des formations sociales d'origine austronésienne où ils travaillent.
L'intitulé Autochtonie et migration a été choisi comme évocateur de problématiques contemporaines plus englobantes que la seule question austronésienne, celle-ci étant rattachée à ce thème général comme l'un de ses axes.