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Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)

Discours 2007

Les discours des présidentiables

Réalisé par Jean Véronis
Université de Provence


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Dominique Voynet, Discours à Nantes (26/01/07)

Chers amis, chers camarades,

Dans un peu plus de 3 mois, les électeurs auront choisi une nouvelle personne pour présider la République, une nouvelle équipe pour gouverner notre pays !

Elles devront s'attaquer dès leur installation à des choix qui iront bien au-delà des 5 ans d'un mandat ou d'une législature. À des choix qui pèseront sur l'avenir de l'Europe et aussi sur l'état du monde. À des choix de civilisation.

Nous vivons, à l'échelle de la planète, une période de grandes transformations et de grandes prises de conscience.

Les grandes transformations touchent au rapport entre les peuples, entre les nations, entre les continents : les pays pauvres veulent prendre leur place dans le festin mondial, les pays riches s'accrochent à la défense des positions conquises, les rapports entre ce qu'on appelle à tort les "centres" et les "périphéries", revêtent des formes de plus en plus conflictuelles.

Les grandes prises de conscience, touchent à la place et au rôle même de l'humanité dans le "concert du vivant" : s'ajoutant aux impasses du passé, l'évolution économique et géopolitique en cours, est en train de modifier profondément et de façon irréversible ce qui est à la source commune de notre vie, le climat, les océans, les sols, les forêts, la biodiversité.

De deux choses l'une :

Ou bien nous continuons sur la lancée de notre société de gaspillage, de surconsommation énergétique et d'inégalités sociales, nous nous fermons, nous nous replions sur les égoïsmes et les prés carrés, comme le proposent les extrêmes droites, partout menaçantes, les fanatismes, les nationalismes de tous les pays.

Et alors les conflits, chez nous comme ailleurs, prendront une tournure de plus en plus violente, tandis que la nature présentera à tous la facture sévère des affronts que nous lui faisons subir depuis 150 ans.

Ou bien, nous mobilisons l'intelligence, la responsabilité, la compétence, l'humanisme qui est le patrimoine commun de tous les peuples, et nous ouvrons une ère nouvelle, avec une mutation forte de notre façon de produire, de consommer, de partager.

Pour opérer cette mobilisation, aucune des doctrines existantes, aucune des recettes antérieures ne suffiront.

Nous ne partons pas de rien non plus : nos sociétés se sont mises en mouvement. Il y a des gens qui bougent, des solutions qui émergent, des informations qui circulent instantanément, des techniques qui apparaissent, des réalisations qui avancent.

Eh bien, l'un des enjeux forts de cette campagne électorale en France, sera de porter notre pays à la hauteur de ces solutions, de donner à nos concitoyens les moyens de peser à nouveau sur leur destin, de décider de leur avenir commun.

Choisir la révolution écologique, faire le pari du courage et celui de la démocratie, voilà à quoi, au nom des Verts, je vous invite ce soir.

C'est qu'il est grand temps : les retards pris chez nous sont inquiétants, le bilan des gouvernements de droite depuis 2002 est accablant :

Sous l'autorité de Jacques Chirac, "la maison France" a continué à brûler. "Vous êtes injustes ! On a quand même fait inscrire le droit à l'Environnement dans la Constitution !" C'est vrai. Encore faut-il admettre qu'il a à peu près autant de consistance que le droit au travail, lui aussi inscrit et lui aussi piétiné. Qu'on en juge ! Rien pour réduire la pollution agricole dans la loi sur l'eau ; report ad vitam aeternam de la loi sur les OGM ; sous traitance de la sûreté nucléaire au lobby du même nom. Les pyromanes Raffarin et Villepin ont conduit les pires politiques environnementales depuis 30 ans, allant jusque à détricoter ce qu'avaient fait de bien certains gouvernements conservateurs, la loi montagne, la loi littoral, la protection des sites, la politique des parcs nationaux. Quant à la ministre de l'Écologie, elle inaugure des incinérateurs !

Et en 5 ans, quel bilan économique, quel bilan social !

Moins de chômeurs sur le papier - il est vrai qu'on ne publie plus les statistiques ! - mais plus de chômeurs réels et plus de travailleurs pauvres ; moins d'impôts pour les plus riches, mais plus de charges pour les régions et les communes ; des honoraires plus douillets pour les médecins mais une assurance maladie mal en point...

Rien de réglé non plus pour les banlieues, l'école, l'université, la recherche, les jeunes, la Corse, les victimes de l'amiante, les réfugiés de Sangatte, les paysans, les pêcheurs, le logement, les ouvriers victimes des délocalisations.

Pire encore, alors que tant de nos concitoyens doutent de la probité des hommes politiques, la nomination systématique "d'amis fiables" à tous les postes de responsabilité, l' utilisation cynique des moyens de l'État pour les coups tordus, le mélange des genres, ont affaibli comme jamais l'esprit public, l'indépendance de la justice, l'autorité de la police. Et dans un autre registre, la crédibilité de trop de médias.

L'image de la France dans le monde s'est ainsi considérablement noircie : nous sommes perçus comme un pays inhospitalier pour les immigrés et les demandeurs d'asile, velléitaire sur la question européenne, incapable de peser sur le règlement des conflits régionaux, à la traîne sur les sujets environnementaux et énergétiques pour lesquels nous donnons pourtant des leçons à la planète entière, mou sur la question des droits de l'homme en général, et davantage encore quand il s'agit d'acheter du gaz ou de vendre des avions !

Et c'est à ce bilan, auquel il a, contribué activement depuis 20 ans, que le candidat unique de la droite Nicolas Sarkozy veut ajouter ses propres excès, ses propres obsessions conservatrices.

Nous avions retenu de sa déclaration de candidature sur Tf1 qu'il n'avait pas dit, en deux heures d'émission, un seul mot sur l'environnement. De l'intronisation bonapartiste de la porte de Versailles, c'est la réduction du droit de grève, la fin des 35 heures (et de la possibilité concrète de refuser des heures supplémentaires au gré de l'employeur), la suppression du RMI, le bouclier fiscal à 50% pour les catégories aisées, et un nouveau tour de vis autoritaire et répressif, que nous retiendrons !

Mais ce qui transparaît de cette cérémonie d'adoubement, c'est un état d'esprit, une certaine vision de la société française :

Hier pour les bourgeois, le danger venait de la canaille des faubourgs. Aujourd'hui il vient de la racaille des banlieues. De ce côté-là rien de nouveau...¦

Mais au-delà des outrances et derrière les mots, se profile une entreprise de remodelage des esprits et des consciences comme nous en avons peu connu ces 50 dernières années.

Quand le candidat de la droite parle de réhabiliter le travail et le mérite, il ne pense pas aux femmes précaires, celles qui nettoient les bureaux de six à huit, aux temps partiels de la Poste, aux intérimaires des chantiers navals : il s'adresse aux gagnants du système, ceux dont il n'a eu de cesse de baisser les impôts depuis 5 ans.

Quand il dit "à bas l'assistanat", ce qu'il faut entendre c'est "malheur aux vaincus, à ceux qui ne suivent pas le rythme, ceux-là sont au fond responsables de ce qui leur arrive".

Comment ne pas s'indigner de ce double langage ? Qui est le "vrai" Nicolas Sarkozy ? Celui qui salue les "travailleurs" dans l'Aine en rameutant les mânes et les mots de Léon Blum et de Jean Jaurès, ou celui qui, dans la même journée, se fait acclamer par le patronat en annonçant la fin de la sécurité du travail ? Je n'en dis pas plus, nous avons tous compris.

- Que favoriser les assurances privées et les retraites par capitalisation, ça signifie dans dix ans le retour à une pauvreté de masse chez les personnes âgées, et l'aggravation des tensions entre générations.

- Que la suppression de la carte scolaire et la multiplication des aides à l'enseignement privé, ça signifiera encore plus de rivalités entre les territoires et les quartiers.

- Que tout miser sur l'accession à la propriété des logements, ça voudra dire la poursuite de la spéculation au centre des villes, avec des prix extravagants du m2, et la relégation de plus en plus loin, pour ceux, de plus en plus nombreux, qui ne pourront pas suivre, avec un étalement urbain générant des heures de transport en plus pour les plus mal lotis.

Le rêve américain, japonais ou australien de Nicolas Sarkozy, va bien plus loin que le vieux mot d'ordre "le bonheur est dans le caddie".

Pour lui le bonheur est dans la vidéosurveillance des résidences privées barricadées, dans le 4x4 qui vous met à l'abri du contact avec le vulgum pecus, dans les vacances de catalogues, la maison de standing, les assurances-vie et les placements du Cac 40.

Dans cette conception-là, la puissance publique ne sert plus qu'à une seule chose : repérer, surveiller, exclure, sanctionner celles et ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas suivre.

À l'école, au travail, dans la rue, et jusque dans les halls d'immeubles.

Ces fantasmes de propreté sociale et d'enrichissements personnels forcenés, nous mènent en réalité à l'exacerbation de tout ce qui nous a conduits là où nous sommes, autrement dit à la crise écologique, à l'explosion des inégalités, à la grande fracture Nord/Sud, à la compétition de tous contre chacun, à la dégradation généralisée de la qualité de vie pour la majorité.

Ça s'appelle la société du stress, une société violente au quotidien. Et on voudrait nous faire croire que cette société là, au bord de la crise de nerfs, pourrait affronter les défis et les enjeux du siècle?

Je pense, moi, que le modèle porté par la place Beauvau est exactement aux antipodes du changement de civilisation nécessaire pour faire face aux défis de la planète.

Il est aux antipodes d'une civilisation de la qualité du travail et de l'activité pour tous, d'une société du temps libéré pour la démocratie et la convivialité, de la coopération entre les individus, du règlement non violent des conflits, de la solidarité entre les générations.

Il tourne le dos à une société écologique de maîtrise de nos consommations d'énergie, de réduction du gaspillage, de prévention et de préservation de la ressource naturelle.

Nous le sentons, au-delà des programmes et des mesures, cette élection présidentielle opposera des valeurs, des projets incompatibles, des visions différentes de l'évolution de notre civilisation.

Dans cette bataille d'idées, les Verts ne sont pas en peine pour dire où ils se situent !

Nous ne sommes pas de ceux qui sollicitent votre vote de premier tour, en clamant partout que tout se vaut, et donc qu'ils ne choisiront pas leur camp, et bien sûr qu'ils ne se saliront pas les mains en gouvernant, c'est à dire en décidant !

Comment le contester ? C'est tout sauf facile de faire de l'écologie avec les partis de la gauche traditionnelle. Mais il y a une chose dont je suis bien certaine : "C'est impossible avec les partis de droite" !

Ainsi donc, au moment où nous lançons cette campagne, nous sommes clairs :

Parce que les urgences sont là, parce qu'on ne peut plus attendre, Parce qu'il existe des ressources pour changer,

Nous voulons que se forme dans ce pays en avril, en mai et en Juin une coalition de la gauche et des écologistes,

Nous voulons qu'elle gagne, et nous voulons qu'à la différence des fois précédentes, elle gouverne pour changer vraiment !

Chers amis, chers camarades,

Dans cette bataille, nous le sentons bien, les électeurs et les sympathisants écologistes auront une responsabilité particulière.

Les règles de la cinquième République sont mauvaises et nous militons pour qu'elles changent.

Elles sont cependant les règles et elles s'appliquent à tous.

À l'élection présidentielle, il y a deux tours et pas un seul.

Au second tour, on choisit entre deux coalitions, projet contre projet.

Mais au premier, on compose le bouquet majoritaire, on dose la place des idées de chacun dans chaque camp, et on donne à chaque composante le poids qu'elle aura dans la future majorité présidentielle.

Dans le bouquet de gauche qui sortira du premier tour, il faut qu'il y ait beaucoup d'écologie.

Car sur toute une série de questions, grandes et petites, je sens encore nos partenaires flageolants, hésitants, ballottés entre des tentations contradictoires.

Il ne s'agit pas, contrairement aux commentaires haineux de la droite, d'une question de "carrure" : les femmes de gauche ont autant de capacité à gouverner la France que les hommes de droite ! Il suffit pour s'en convaincre de regarder dans quel état ils ont mis notre pays en 5 ans !

Il ne s'agit pas d'un problème de personnes ! Il s'agit d'une question de choix pour la gauche.

Je ne reviens pas pour le plaisir sur le trouble que provoque tel ou tel discours sur les 35 heures en général et en particulier pour les profs, sur l'encadrement militaire des jeunes comme alternative de gauche à la prison, et même sur des sujets plus généraux qui touchent à l'ordre et à la crise d'autorité.

Je sens sur un certain nombre de sujets une propension inquiétante à surfer sur ce qu'on croit être la volonté de l'opinion, et à se déterminer en suivant plutôt qu'en éclairant le débat.

À trois mois des élections, le moment est venu de dire ce qu'on veut faire. Et de cesser de dire à chacun ce qu'il veut entendre ! Il faut faire des choix. Et dans bien des domaines, assumer des ruptures avec les politiques conduites hier par la gauche, qui trop souvent n'a pas osé, pas pu, pas voulu. Ainsi des questions écologiques ! C'est une vraie rupture qu'il s'agit d'opérer. Rupture avec les tergiversations de la période 97-02, au cours de laquelle toute inflexion vers un peu plus de responsabilité environnementale était perçue comme une insupportable remise en cause de la liberté d'entreprendre. Rupture avec les choix de bien des édiles socialistes, pas les derniers à financer des projets d'arrière-garde (du nucléaire et du charbon en Bourgogne, un nouvel aéroport à Nantes, un "grand contournement" à Rennes). Rupture avec la tradition de la fuite en avant dans des innovations techniques dont on ne sait quels intérêts et quel progrès ils servent.

La candidate socialiste a eu le courage de dire, et d'écrire, qu'elle voulait ramener la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité d'ici 2020 - elle a au passage gagné trois ans par rapport à son engagement dans un premier temps !

Bonne proposition, excellente proposition, piochée dans le projet des Verts. Mais qu'en dit Jean Pierre Chevènement auquel on a promis l'inverse ? Pourquoi le programme socialiste n'en parle-t-il pas ? Pourquoi les élus socialistes d'Alsace et de Basse-Normandie ne sont-ils pas mobilisés pour préparer la fermeture de Fessenheim, et l'abandon de l'EPR ?

Elle a dit qu'elle voulait un moratoire sur les incinérateurs ? Fort bien ! Mais qu'en disent les élus socialistes d'un certain nombre de villes qui ne jurent que par ce mode d'élimination des déchets, ruineux, désastreux pour l'environnement et la santé ?

Prenons même l'affaire des impôts : là, au risque d'être "suspendue", je dis que le premier secrétaire du Parti Socialiste a parlé juste.

Dans un pays où on passe son temps à décrier l'impôt, je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux à faire remarquer qu'on ne baissera plus les impôts d'un foyer dont les revenus fiscalisés sont avec deux enfants, de 12000 euros par mois. Et même qu'on reviendra sur des arrangements - la défiscalisation dans les DOM par exemple - concédés par l'UMP aux plus aisés des contribuables !

Nous avons besoin de savoir, pour en débattre, quelle politique sera proposée au plan environnemental, au plan économique et fiscal, au plan des inégalités.

Nous ne savons pas ce qui sera proposé pour l'Europe, concernant par exemple l'adhésion de la Turquie, ou encore la relance des politiques économiques, fiscales, énergétiques communes. Rien non plus en matière de Constitution européenne. Une Constitution dont nous avons besoin, pour que nous puissions enfin sortir de l'Europe impuissante des traités d'Amsterdam et de Maastricht. Mais un Traité débarrassé de ce qu'il contient de risques de dérives libérales, pour répondre aux besoins des peuples et surmonter leurs inquiétudes.

Vous l'aurez compris, "le droit d'inventaire" à gauche, je souhaite l'exercer pendant la campagne plutôt qu'après l'élection,

Et je ne souhaite pas que la gauche soit, au soir du premier tour, tellement monochrome, tellement uniforme, tellement alignée, qu'elle ait perdu ensuite toute capacité de débat pour gouverner et transformer la France !

"Gouverner et transformer la France". Au moment même où je prononce ces mots, je mesure le déficit de confiance qui s'est creusé ces dernières années entre les citoyens et la politique.

La politique est devenue un produit comme un autre, que l'on emballe, que l'on vend, que l'on consomme.

Comme on va au fast food, on fait aujourd'hui de la fast politique.

On ne gouverne plus en fonction des priorités, mais en fonction de l'actualité télévisée.

Une erreur judiciaire, un bateau qui coule, un malade qui se donne la mort, une interpellation qui dégénère dans les quartiers, un sdf qui meurt de froid, une inondation : vite une visite ministérielle, avec son lot de postures martiales, et de proclamations définitives, vite une commission parlementaire, vite un discours solennel sur le thème "ça ne doit pas se reproduire !"

À défaut d'avoir gagné la coupe, la France est devenue la championne du monde toutes catégories de la fabrication bâclée de lois !

Nous empilons les textes, nous changeons de politique sans avoir fait le bilan de ce qui a été fait hier, nous prenons des décisions contradictoires.

Et puis on passe à l'évènement suivant. Et on oublie.

Hier, c'était le "droit à l'environnement" qui était inscrit dans la Constitution.

Demain, suite au combat magnifique des militants d'Emmaüs, du DAL, des enfants de Don Quichotte, la France disposera sur le papier, du "droit opposable au logement".

Mais ne soyons pas dupes !

Passé le temps des belles indignations, une nuée de technocrates et de spécialistes viendront dresser la liste de tous ceux qui n'auront pas droit au droit, et à l'arrivée on aura bien trouvé vingt motifs pour faire de tout cela une charpie, une caricature, une peau de chagrin...

Voilà qui favorise toutes les dérives, voilà qui use la confiance des citoyens, qui discrédite la politique : à ce petit jeu là, les plus démagogues, les plus populistes, les plus extrémistes, finissent toujours par l'emporter.

Cette façon de surfer sur les événements pour bâtir de grands programmes qui ne seront jamais appliqués, cette façon de faire des textes creux qui tiennent jusqu'au prochain texte, les Verts la refusent.

Les efforts qui comptent sont ceux qu'on fait dans la durée, les politiques qui valent sont celles qu'on fait dans la cohérence.

En 25 ans d'écologie, après quelques années d'expérience, même minoritaire, dans les gouvernements et les exécutifs, nous avons nous aussi appris pas mal de choses.

Une première chose que nous retenons d'abord de l'expérience : ne pas avoir peur d'être à contre courant, car les faits sont obstinés.

Nous avons été les premiers, sous le flot des sarcasmes, à alerter, à pointer les nouvelles menaces : le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution des eaux, de l'air, des sols, la déforestation, la surpêche, les cancers liés aux produits chimiques...

Nous avons été les premiers à attirer l'attention sur la folie du toujours plus et sur les dégâts d'une vision étroite du progrès et de la science.

Trop souvent, hélas des catastrophes nous ont donné raison :

Loin de nous, Seveso, Tchernobyl, Bhopal ? Des souvenirs de cauchemar dont les effets durent encore.

Hier en Bretagne et en Galice les pétroliers, aujourd'hui dans le Devon les porte containers...

Plus près aussi, l'accident du tunnel du mont Blanc, l'explosion d'Azf à Toulouse, Metaleurop et Bourg Fidèle...

Et les glissements de terrain, les constructions dans les couloirs d'avalanche, les incendies de forêts, les maladies liées à la pollution de l'air, au travail, l'amiante et les éthers de glycol, l'eau nitratée et les paysans ruinés par une pratique déraisonnable de la chimie et de l'élevage, et puisque nous parlons d'élevage, aujourd'hui encore, la menace permanente de grippe aviaire.

Et puis il faut aussi parler de ceux qui ne passent pas la rampe médiatique. Ils se nomment eux mêmes les Invisibles. Invisibles les enfants placés en centres de rétention et expulsés à grand frais vers un pays d'origine dont ils ne connaissent pas la langue. Invisibles les dockers victimes de l'amiante, en grève de la faim pour se faire entendre, confrontés à l'arrogance du préfet du Pas-de-Calais. Invisibles les salariés de Stora Enso à Corbehem, victimes d'un plan social et dont le projet de reprise et de conversion vers une production écologique rencontre le mépris du propriétaire des machines, vouées à une délocalisation dans un pays moins regardant pour l'environnement. Invisibles aussi les paysans bretons mobilisés contre une répartition inique des droits à paiement uniques. Invisibles les travailleurs pauvres, les jeunes qui renoncent à des études supérieures, les femmes seules avec des gamins, les petits paysans endettés...

Je les ai tous rencontrés au fil de mes déplacements dans les régions, ils nous disent beaucoup sur l'état de notre société, son cortège de souffrances mais aussi ses espoirs, sa capacité à lutter.

Mais il y a une seconde chose que nous avons apprise en 25 ans d'écologie, c'est que la mission des Verts, ce n'est pas seulement de dénoncer ce qui ne va pas !

Le "boulot des écolos" consiste aussi à identifier la cause de ces problèmes, pas pour trouver des boucs émissaires, mais pour que le débat démocratique soit clair et que chacun prenne ses responsabilités.

Il y a toujours de bonnes raisons de répéter mille fois les mêmes erreurs, de faire comme d'habitude ou comme avant, de faire en pire ce que font les autres et le plus souvent de ne rien faire du tout....

À chaque fois, pourtant ce que nous avons trouvé sur notre chemin, c'est la trouille ou la complaisance face aux lobbies, aux groupes de pression, aux rentes de situation. Des lobbies qui invoquent toujours les mêmes prétextes, qui utilisent toujours les mêmes méthodes, pour gagner du temps, et conserver leurs privilèges. Un jour, c'est le chantage à l'emploi. Un autre jour, c'est la nécessité de s'adapter à la concurrence internationale. Un autre encore, l'état des finances publiques ou les réticences de l'opinion, toujours jugée "pas prête", "pas mûre".

Ces lobbies, on les connaît : EDF, et le CEA, AREVA, et l'ANDRA...! Et les constructeurs automobiles, et les compagnies d'autoroutes, et les majors du BTP. Et les compagnies pétrolières dont la principale, Total, a accumulé des profits extravagants et continue à mégoter les indemnisations des victimes de l'Erika, ou à porter à bout de bras les régimes corrompus d'Afrique de l'Ouest. Et l'industrie pharmaceutique, et les majors du traitement de l'eau et des déchets. Et les chimistes, les gros céréaliers, les marchands d'armes, les opérateurs de Télécom, les partisans de l'extrême chasse, qui vous dévastent une permanence parlementaire en moins de temps qu'il ne m'en faut pour le raconter !

Tous ont des relais chez les parlementaires, et dans les administrations. Tous pèsent sur les décisions, loin, très loin de l'intérêt général. Je le dis tranquillement :

La république écologique a besoin de tout le monde, mais elle n'est pas soluble dans les intérêts particuliers et les calculs égoïstes à courte vue ! Elle ne peut se faire sans remise en cause forte des pratiques de ces groupes, et sans réorientation forte des politiques qu'ils inspirent et parfois imposent à l'État.

Nicholas Stern, qui présente sur les écologistes l'énorme avantage d'être banquier, britannique de surcroît, a chiffré, avec il est vrai une marge d'erreur, le prix économique de la crise climatique si nous ne faisons rien pour l'affronter, et en limiter l'ampleur : des centaines, des milliers de milliards de dollars.

Nous ne parviendrons à réduire par quatre nos émissions de gaz à effets de serre d'ici 2030, que si chacun s'implique là où il est.

Le grand mérite de l'action des associations d'éducation à l'environnement, a d'abord été de montrer à chacun, faible ou puissant, qu'il avait la possibilité de faire les gestes qui l'engagent.

Le grand mérite du pacte écologique a été de faire appel à l'opinion pour que l'environnement revienne au coeur du débat présidentiel.

Nous avons collectivement la responsabilité d'inscrire cette prise de conscience dans la durée, et d'en tirer toutes les conséquences sur tous les aspects de notre vie publique.

Ainsi, les politiques industrielles à venir doivent donner la priorité aux entreprises qui préparent l'avenir, à celles qui redonneront de l'avance à la France en matière de transports ferroviaires, de chantiers navals écologiques, de bâtiments énergétiquement durables, d'éco-conception des produits, d'énergies renouvelables.

Alors que la tendance des prix du pétrole et des énergies fossiles est sur le long terme à la hausse inévitable, la relocalisation écologique des activités devient un impératif majeur. Ce qui suppose qu'on accompagne les entreprises qui rapprochent leur production de leurs clients, qui réduisent leurs circuits d'approvisionnement et de transports, celles qui valorisent leurs matériaux de construction ou leurs déchets sans leur faire parcourir des centaines de kilomètres sur des camions.

Nous devons absolument privilégier les consommations écologiquement responsables et à l'inverse décourager les autres : ça fait dix ans que nous plaidons pour le bridage des moteurs la taxation du kérosène aérien, l'interdiction des 4x4 en ville, un péage pour les camions sur toutes les routes. Les Allemands et les Suisses l'ont fait, et nous ?

Enfin, il faut prendre un cap tout à fait nouveau en matière de politique agricole. L'objectif ? Produire des aliments sains et bons, sans détruire les sols, sans polluer l'eau, sans éliminer les petites fermes. Ça suppose une réforme de la Pac, et des aides ciblées vers la qualité à prix accessible. 15 % d'agriculture bio en 2013, c'est jouable.

Et si j'en juge par l'évolution des votes aux chambres d'agriculture, les paysans sont de plus en plus nombreux à comprendre désormais qu'il en va de leur survie.

Finalement, et dans tous les domaines, nous avons à dire qui fait quoi.

La motivation privée doit avoir toute sa place mais rien que sa place. L'État ne peut pas tout, mais il peut beaucoup.

Pour stopper les ententes qui font exploser la dépense, il faut adopter une loi anti-monopole et anti-concentration dans l'ensemble des services liés à l'environnement. Et favoriser le retour à une gestion publique locale de l'eau. Et cesser de jouer au meccano avec EDF et GDF, alors que monte la demande d'un renforcement des outils publics, dans le cadre d'une stratégie européenne de l'énergie.

Et puisqu'on parle de la place et du rôle du service public, comment pourrait-on ne pas souscrire aux demandes des chercheurs de porter la recherche à 3%du PIB, à condition bien sûr de redéfinir les priorités de cette recherche et de l'ouvrir mieux aux citoyens et aux lanceurs d'alerte ?

Alors, ne nous payons pas de mots : redonner à l'état sa place dans l'action suppose qu'on lui en donne les moyens. Avec par exemple une politique fiscale cohérente qui pénalise moins le travail et dissuade le gaspillage énergétiques et les pollutions.

Il n'y a rien d'extravagant à instaurer une TVA majorée de 33,3 % sur les produits à forte nocivité environnementale, à réformer la taxe professionnelle pour l'asseoir sur l'empreinte écologique des entreprises, à envisager une assise plus forte de la taxe foncière bâtie sur la consommation des bâtiments.

Et il n'y a rien de scandaleux non plus à conditionner des exonérations de charges sociales aux efforts environnementaux que font ou ne font pas les entreprises.

Et puisque l'État lui même doit prendre sa part, je demande qu'on réduise le budget militaire de la France en renonçant à la force de frappe française et en développant la perspective d'une défense européenne commune. Le débat est en la matière d'une terrifiante pauvreté : il y a ceux qui invoquent les efforts de désarmement déjà réalisés (avec la fermeture du plateau d'Albion) et la nécessité de moderniser une force nucléaire, pour laquelle on a déjà tant dépensé que ça semble justifié de continuer. Et ceux qui considèrent que le nucléaire, outre qu'il est coûteux et moralement inacceptable, ne nous protège d'aucun des risques auxquels nous sommes exposés. Terrorisme, accès aux ressources, montée des nationalismes. C'est trop d'argent, décidément, pour simplement faire semblant.

"Choisir la révolution écologique", c'est donc engager l'action, non pas à la marge du système, mais en son coeur, là où se prennent les décisions de l'avenir. Et donc s'attaquer aux incohérences de l'état lui-même, à la domination des castes et des technocraties, à la culture monarchique de nos institutions.

La plupart des candidats ont signé en faveur de l'idée d'un vice ministre au développement durable et j'approuve cette idée. À condition qu'il, ou elle, dispose d'un droit de regard et d'arbitrage sur les politiques conduites par les autres ministères ! Et qu'il ait la haute main sur la politique de l'énergie, lui permettant d'intervenir concrètement dans l'habitat, l'urbanisme, les transports, l'industrie... Et qu'il y ait aussi un bon gros ministère de l'Environnement, où on pourrait s'occuper aussi sérieusement de nature, de paysages, de milieux humides, de protection du littoral, de faune sauvage. Avec enfin, des services départementaux.

La réorganisation de l'État ne suffit pas. Il perdrait de sa force, si on ne réformait pas profondément la façon de prendre des décisions à tous les niveaux.

Voilà pourquoi une nouvelle démocratie écologique doit prendre la forme de la 6ème république parlementaire, celle la même que soutenait Arnaud Montebourg avant d'être mis au piquet.

Je propose de renforcer les pouvoirs du parlement, la suppression du Sénat et son remplacement par une Assemblée des régions, la fusion progressive des régions et des départements, l'élection au suffrage universel des structures de coopération entre les communes, et la réforme des procédures d'enquête publique, pour qu'on ne puisse plus consulter le citoyen après avoir décidé, comme ça a été fait cette année avec l'EPR.

La troisième chose que nous avons apprise, c'est qu'il n'y a pas de changement écologique possible dans une société marquée par les inégalités et la violence des relations au quotidien.

Vous l'avez entendu comme moi. Nous les Verts, nous nous occuperions plus de questions sociales et des questions de vivre ensemble que des questions écologiques !

C'est que pour nous, la crise écologique, la crise sociale et la crise de "mal être" de notre société, sont les trois faces du même problème.

Les mêmes causes qui justifient l'exploitation à vil prix, au profit de quelques uns, des ressources communes à toute l'humanité, les mêmes causes qui permettent la dégradation irrémédiable des écosystèmes, produisent de la pauvreté, de l'exclusion, de la ségrégation.

C'est vrai à l'échelle de la planète, pour les paysans qu'ont ruiné les politiques imposées par la banque mondiale qui vient, il y a quelques jours, de faire amende honorable.

Mais c'est vrai aussi à notre échelle.

Tous ceux qu'épuisent physiquement les maladies professionnelles, les lombalgies, tous ceux qui peuplent les cités reléguées au bord des autoroutes ou des aéroports, tous ceux qui ne voient pas grandir leurs gosses, les mal logés, les personnes âgées accablées de solitude, ceux là, ils n'ont pas besoin de travailler plus, ils ont besoin de travailler tous et de travailler mieux, ils ont besoin d'autre chose que de bas salaires indécents, ils ont besoin d'un autre cadre de vie.

Comment les 6 millions de pauvres et les trois millions de mal logés, pourraient-ils se mobiliser pour l'avenir de la planète alors qu'ils sont dans l'urgence, dans l'insécurité sociale, éducative, professionnelle ?

L'écologie n'est pas réservée aux classes moyennes supérieures, elle est la forme contemporaine de l'humanisme et la traduction actuelle de l'aspiration ancienne à la justice et à la liberté.

La solution à la question sociale ne peut avoir aujourd'hui qu'une réponse écologique et la question écologique une réponse sociale.

Le pacte écologique, il faut le signer aussi avec le secteur du bâtiment pour créer un million de logements sociaux de haute qualité environnementale en 5 ans. Pour la rénovation et l'isolation des bâtiments anciens. C'est au moins 300000 emplois durables et non délocalisables qu'on peut ainsi créer.

Le pacte écologique, il faut le signer avec les constructeurs de wagons et de tramways, avec les cheminots, en abandonnant tout projet de constructions d'autoroutes nouvelles et en réaffectant les dépenses énormes qui ont été prévues, à un programme national de ferroutage, de transports collectifs en milieu urbain et en milieu rural.

Le pacte écologique, il faut le signer avec les entrepreneurs de l'économie sociale et solidaire, pour créer des milliers de chantiers locaux de reconquête de notre environnement, et de services à la personne,

Depuis plusieurs semaines, j'entends parler dans cette campagne d'ordre, juste ou pas juste.

Alors moi je veux être au nom des Verts la candidate de la générosité, de la tolérance et de l'initiative.

Je suis fatiguée qu'on oppose les citoyens les uns aux autres au lieu de s'appuyer sur ce qu'il y a comme capacité et volonté d'action au service du bien public.

Il y a des gens qui osent prétendre qu'il faut, pour régler le problème des retraites, s'attaquer aux quelques milliers d'agents qui partent à 55 ans.

Il y a des gens pour dire que la solution au problème des comptes de l'Unedic réside dans la chasse aux faux chômeurs !

Mais c'est un mythe pour diviser : La solution de l'un et l'autre de ces problèmes réside dans la recherche d'une société de pleine activité !

Depuis 5 ans, on entend sans cesse la même rengaine sur les 35 heures ! Dynamiter les 35 heures, au motif qu'elles ont été mises en place d'une façon imparfaite ? Ou corriger les défauts, apprendre des maladresses du passé pour mieux répondre à la diversité des situations ?

Il faut reprendre ce chantier, aider les Pme à les mettre réellement en place !

Il devrait être obligatoire de passer aux 32 heures dans les entreprises concernées par des plans sociaux, il faut expérimenter la semaine de quatre jours, sans baisse de salaires pour les salariés modestes qui occupent les postes les plus pénibles.

Ce n'est pas aux jeunes ou aux enseignants qu'il faut s'en prendre, mais à l'échec scolaire, et à la pauvreté dans les quartiers !

Les enseignants ne sont pas responsables de l'échec scolaire, qui a comme causes l'inégalité, sociale, tout comme la pression qu'exerce l'institution sur des milliers d'élèves et la faiblesse de notre dispositif d'aide à l'orientation.

Nous avons le devoir d'entendre ce que disent les militants de l'action éducative, et par exemple de revoir les programmes, d'affecter les moyens budgétaires et les effectifs des collèges et des lycées en fonction de l'origine sociale des élèves, de limiter la taille des établissements, de revoir toute la démocratie scolaire en faisant élire les chefs d'établissement du secondaire, comme on élit aujourd'hui les présidents d'université.

Pour soulager les familles, en même temps que la création d'une allocation d'autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, j'approuve la mise en place du revenu de solidarité active qui permettra que toute reprise d'activité apporte un gain et non une perte de revenus pour les plus pauvres. J'invite enfin à relancer dans les quartiers, une véritable politique de l'Économie Sociale et solidaire, en particulier par un soutien massif au commerce de proximité, aux régies de quartiers, au tissu d'entreprises artisanales.

Enfin, la dignité de la gauche, ce qui symboliserait plus que toute autre mesure sa capacité de générosité, serait d'arrêter de s'en prendre aux immigrés alors que les premiers réfugiés de la misère et les premiers réfugiés climatiques se jettent à l'assaut des barbelés dressés a nos frontières.

Il nous revient ainsi de relever l'image de notre pays, en reprenant la tête d'une véritable politique de coopération européenne, en renonçant à vendre des équipements écologiquement nuisibles et socialement scandaleux, à commencer par des armes, en retirant notre soutien aux dictatures que nous avons nourries à Brazzaville, à Libreville ou à Abidjan.

Quant aux immigrés qui sont chez nous, il faut les accueillir dignement, procéder aux régularisations de sans papiers, en commençant, pour cela, à sortir la compétence immigration du ministère de la police et à la transférer a un véritable ministère de la coopération et de la solidarité internationale.

Il n'y a pas d'autre voie possible :

La France n'apportera sa contribution au sauvetage de la planète que si elle retrouve chez elle la voie du dialogue démocratique et du dialogue social, si elle pacifie les relations de la vie de tous les jours, si elle est capable de s'ouvrir.

En bref, que si elle porte haut et fort ses propres valeurs fondamentales.

Le combat pour l'émancipation a toujours rencontré sur son chemin le modèle autoritaire de la punition.

Nous, les écologistes, nous sommes aussi les héritiers de celles et ceux qui ont toujours lutté contre toutes les formes de violence !

Violence contre les femmes dans les familles, violence contre les enfants, violences contre les prisonniers, violences contre les minorités quelles qu'elles soient.

Ce combat recommence aujourd'hui parfois sous les mêmes formes, parfois sous des formes différentes.

Il est temps de sortir de la logique ultra répressive qui fonctionne partout, par exemple dans les prisons, en appliquant le numerus clausus, en dépénalisant certains délits, en aménageant les peines, en augmentant la gamme des sanctions non carcérales.

Nombre de nos policiers en ont assez de s'attaquer plus aux manifestations de la misère que de contenir les grands trafics et la grande délinquance.

Il devient urgent d'en réorganiser le commandement à tous les niveaux, de cesser l'utilisation des brigades anti-criminalité contre les jeunes et contre les immigrés, de développer une véritable police nationale de proximité !

Une société écologique et solidaire, une société du vivre mieux ensemble, qu'on ne me dise pas qu'on n'a pas les moyens de la bâtir !

Car Les Verts ont chiffré la dépense et ils ont chiffré les recettes possibles.

Le total des recettes possibles en 5 ans, par un simple retour au taux de l'an 2000 de l'impôt sur le revenu, c'est 50 milliards d'euros. La pénalisation des mauvais comportements sociaux et environnementaux des entreprises, c'est 57 milliards d'euros. Un point d'augmentation de CSG sur les seuls revenus les plus élevés, c'est 45 milliards s d'euros.

Avec ça, il y a de quoi en prendre des décisions, il y a de quoi faire de l'écologie, et faire reculer la pauvreté, il y a de quoi réformer la France !

Sans doute certains émules de Nicolas Sarkozy seront-ils tentés de quitter la France. D'autres seront fiers de vivre dans un pays plus créatif, plus juste et moins violent.

Qu'on ne me dise pas non plus que nous n'avons pas les talents pour avancer !

Combien de projets et de bonnes idées dorment dans les placards, combien d'entraves à l'activité à cause de procédures lourdes, de hiérarchies pesantes, de crédits gelés, d'absence de locaux ?

Arrêtons de semer partout la méfiance, la peur, la crainte, Changeons de regard sur l'avenir !

Chers amis,

J'ai choisi de lancer ma campagne ici à Nantes, vieille terre de solidarité ouvrière et de tradition écologique.

Parce que vous savez ce que signifie la mobilisation contre des projets coûteux, absurdes, hérités du passé.

Parce que vous savez ce que veulent dire les obstacles qu'on rencontre pour piloter une autre politique de déplacements urbains

Parce que vous savez ce que veut dire l'économie sociale et solidaire.

L'écologie, ce n'est pas des grands principes qu'on agite depuis Paris et qu'on vient expliquer aux provinciaux.

Vous, de l'écologie concrète et généreuse, vous savez en faire.

Je vous ai présenté aujourd'hui la démarche qui fonde le Contrat écologique que je proposerai à nos concitoyens, tout au long de cette campagne présidentielle, au nom des Verts. Élaborées à partir du programme que les Verts ont construit en liaison étroite avec de très nombreux acteurs associatifs et syndicaux Les 15 orientations et les 50 mesures qu'il contient seront diffusées dans tout le pays par les militants sans lesquels rien n'est possible en politique.

Ces propositions n'ont pas été élaborées dans des bureaux, à l'écart de la réalité.

Elles ne sont pas nées dans le cerveau génial de quelques experts.

D'ailleurs en écologie comme en démocratie, il n'y a pas d'homme ou de femme providentielle, il n'y a pas de sauveur suprême, il n'y a ni raccourci, ni aventure individuelle.

Je vous demande de m'aider à porter devant l'opinion, au plus près des citoyens, les propositions d'un contrat écologique pour la France.

Je vous demande de compenser l'énorme différence de moyens qui nous séparent des autres candidats par un surcroît de mobilisation et de débats avec tous ceux qu'intéressent les Verts !

Je vous demande de ne jamais vous laisser atteindre par des commentaires et des jugements qui n'agitent que le petit monde des commentateurs.

Je veux que nous soyons la surprise du 22 avril. C'est la condition pour que notre pays change vraiment, parce qu'il faudra bien ça pour que nous soyons tous, collectivement, capables d'inventer la vie qui va avec le monde qui vient.

Je suis certaine de pouvoir compter sur la voix de tous ceux qui ont la passion de l'écologie solidement fichée au coeur.

Pour gagner en 2007, pour réussir la révolution écologique, donnez vous les moyens de peser sur le changement.

Avec vous, battons nous pour faire gagner l'écologie !