A propos de l'auteur

Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)

Discours 2007

Les discours des présidentiables

Réalisé par Jean Véronis
Université de Provence


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Jean-Marie Le Pen, Discours à Lyon (11/03/07)

Mesdames et messieurs,

Chers camarades,

Chers amis,

Quand l'état déplorable du pays l'exige, quand les piliers moraux de la société s'effondrent, minés par la décadence et le laisser-aller, quand l'indépendance de la nation est mise à l'encan, il est du devoir des plus lucides et des plus courageux, s'élevant au-dessus de leurs certitudes et de leurs dilections, de sonner le rassemblement sans exclusive du peuple pour agir car la patrie est en danger.

Les hommes d'État ne doivent pas garder le souvenir des faiblesses des hommes, car très souvent, ils devront se confier à eux comme s'ils croyaient en leur droiture.

Ils ne doivent pas se souvenir des offenses de leurs ennemis, car il peut arriver qu'ils soient obligés de leur tendre la main pour qu'ils aident à construire ce qu'auparavant, dans leur passion aveugle, ils prétendaient détruire.

Ils ne doivent pas garder le souvenir des désillusions, des nuits perdues, des efforts mal appréciés, des intentions travesties, de l'honneur injurié, du patriotisme taxé d'intérêt personnel, en un mot de l'ingratitude des hommes parce que, malgré tout et au dessus de tout, ce qu'ils font, c'est servir les peuples sans ressentiment et les gouverner avec abnégation.

Non, les hommes d'État ne doivent garder le souvenir de rien qui puisse constituer un obstacle à la collaboration patriotique, qui puisse abattre leur ardeur au travail ou troubler dans leur conscience la source des intentions généreuses.

Mais, pourtant, s'il est vrai que les hommes d'État doivent oublier beaucoup de choses, ils ne doivent pas tout oublier. Pour cela et dans l'intérêt du peuple, les hommes d'État doivent avoir de la mémoire.

En vérité, deux sentiments devraient dominer entièrement nos attitudes et nos actions.

Un sentiment de communauté (à l'intérieur) et la conscience de l'intérêt national (vis-à-vis des autres nations) comme une réaction contre la tendance morbide de notre temps à donner la préférence aux intérêts étrangers.

Car la Patrie est Une et le bien général doit l'emporter sur tous les autres, aujourd'hui comme hier, mais aujourd'hui bien plus qu'hier.

I- La France va mal, et si rien ne change, elle ira demain de plus en plus mal.

Or, il est évident qu'il faut faire le diagnostic avec d'élaborer un traitement thérapeutique.

Qui d'entre vous peut croire que les trois candidats qui représentent les partis qui ont conduit la France au désastre, oui, qui peut croire que ces gens feront demain ce qu'ils n'ont ni su, ni voulu, ni pu faire hier.

Ceux-là même qui ont gouverné la France et l'ont mené là où elle est, ne nous parlent que de l'avenir glorieux qu'ils nous préparent. Ils évitent de parler du bilan désastreux de ces " trente piteuses " qui débouchent aujourd'hui sur un constat de faillite.

Mais il est évident pour tous, sinon pour eux, que la France chancelle, avec 2.500 milliards de dettes, un service de la dette qui atteint le montant de l'impôt sur le revenu, 50 milliards par an, avec des comptes sociaux : sécurité sociale, retraites et familles au rouge,

Avec 5 millions de chômeurs réels - 1,2 million de Rmistes, 7 millions de pauvres et 14 millions de travailleurs pauvres

Une éducation nationale où de plus en plus de dépenses aboutissent à de plus en plus d'échecs.

Une insécurité croissante, 14 millions de crimes et délits au lieu de 3 millions 400.000 officiels de l'Intérieur.

Une défense affaiblie et soumise à une organisation étrangère.

Une immigration (10M) et qui continue à la cadence de 3 à 400.000 par an à envahir progressivement le pays.

Au-delà même des désastres économiques et sociaux, il nous faut faire le bilan de la faillite des valeurs qui fondaient notre société.

La cause première, la cause essentielle, en est que l'État n'a plus le sentiment de sa responsabilité devant la Nation, somme de toutes les réalisations matérielles et morales des générations passées, entité façonnée par des siècles d'histoire, de morale, et aussi de littérature et de poésie.

" Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Cheminant vers Lyon, capitale des Gaules me venaient à l'esprit ces quelques vers de Joachim du Bellay, le chantre exquis de la France, mère des armes des arts et des lois !

Et j'entends d'ici le concert haineux des diatribes politiciennes :

Aimé Césaire l'autre jour, du Bellay, Jean-Marie Le Pen candidat à une émission littéraire, Jean-Marie Le Pen poète, changé, l'eau du Rhône mise dans son vin...

Bien sûr que non, Jean-Marie Le Pen est là et bien là !

Tel qu'en lui-même, l'amour de son peuple chevillé au coeur et au corps, la poésie de rêves bien plus grands que lui pour la France !

Mais bien sûr que oui, car le monde ne sera pas sauvé par des politiques aux habits de comptables ou des économistes en chambre, mais par des poètes et des combattants, par des veilleurs vigilants postés aux frontières de la Nation et du Temps !

Car oui, mes chers compatriotes, la politique, c'est de l'amour, l'amour des hommes et des femmes qui composent la Patrie,

C'est ressentir charnellement leurs joies et leurs peines

C'est les partager, c'est communier dans leurs espérances et leurs chagrins, leurs rages et leurs angoisses.

C'est vivre un peu de leur vie, ressentir ce qu'ils éprouvent, le traduire dans une volonté politique !

En effet, la vie politique est sans doute ce que les peuples européens ont de plus étonnant, peuples qui combinaient la liberté, et l'indépendance de l'individu avec l'autorité de l'État dans une admirable synthèse que nous enviait le monde.

Car " le génie de la France est une source où de tout temps puisa l'inspiration des peuples libres "

Chez nous, on ne trouvait pas ces grands despotismes réduisant l'homme à une fonction abstraite.

Dans toutes nos organisations politiques, des petites républiques municipales de Grèce ou d'Italie, dans les grandes constructions sociales dont Rome a donné le modèle, et dont la monarchie et la République Française ont repris l'idéal, vous trouverez toujours un vigoureux élément moral, une forte idée du bien public, les sacrifices acceptés dans la recherche de l'intérêt général.

Parfois, le pouvoir exercé sans limites, le principe de l'unité de l'État cultivé par la Révolution Française avec une vigueur incomparable et parfois excessive, tutoyait la tyrannie.

Mais toujours par le génie de notre Peuple, de larges et profondes réactions corrigeaient les fautes de nos gouvernants, et balayaient l'oppression !

Car, en politique comme en poésie, en religion comme en philosophie, la particularité des peuples Européens et plus encore des Français,

C'est de rechercher la nuance, la conciliation des options opposées, de gérer les complexités du monde et des êtres.

Les sentiments tendres, profonds, mélancoliques, ces finesses de l'univers moral, ces rêves d'infini où toutes les puissances de l'âme se confondent, cette grande révélation du devoir qui donne seule une base solide à notre action et à nos espérances sont l'apanage de la France et des Français.

Car notre peuple ne débuta point par le goût du confort, ni l'amour de l'argent et des affaires.

C'est une Nation morale, brave, guerrière, jalouse de liberté et d'honneur,

Aimant la nature,

Capable de dévouement et de sacrifice,

Préférant souvent la gloire à la vie matérielle qui s'imposait au monde.

Non, l'homme ne vit pas seulement que de pain !

Le droit, la liberté, le respect des hommes, cette croyance qu'il y a quelque chose de transcendant dans l'humanité, l'apport chrétien laïcisé par le Siècle des Lumières,

La conciliation de la liberté et la forte organisation de l'État, né de la Nation assemblée mais gardien de la Nation réunie,

Ces valeurs constituaient le socle de notre identité française, de notre art de vivre et même ce modèle français auquel nous découvrons tous être si attachés,

Ce glorieux et fragile édifice de l'État-Nation, de notre langue universelle, dont la clarté et la rigueur ne s'opposent jamais à la douceur de la musique !

Une Histoire enrichie par les oeuvres de l'esprit, l'esprit français, léger, subtil qui inventa même l'amour courtois et la galanterie.

Un pays, et à Lyon on ne me contredira pas, où les plaisirs de la bonne chère, les traditions culinaires faisaient de la cuisine française la plus illustre du monde.

Tout ce qui faisait dire à Victor Hugo " Sauver Paris c'est plus que sauver la France c'est sauver le Monde "

Nous avions réussi le prodige de concilier la Liberté et l'équité par le jeu de la Fraternité qui seule peut concilier ces contraires, fraternité nationale, bien entendu, s'exerçant entre compatriotes dans le cadre d'une même Patrie.

Et ces valeurs-là, chrétiennes et laïques mêlées, monarchistes et républicaines tout à la fois, contribuaient à faire de la France une des quatre grandes puissances mondiales.

C'était une agriculture productive mais respectant les paysages, le dur labeur de la Terre payé du respect des citadins. C'était la création d'une industrie moderne exportatrice, où grâce à la croissance, les travailleurs négociaient à leur avantage des augmentations de salaires.

Artisans et commerçants peuplaient nos villes et nos villages, cultivant l'amour du travail bien fait et animant nos lieux de vie.

Pendant ce temps, leurs enfants fréquentaient l'École républicaine qui, abolissant les différences de condition, organisait l'ascension sociale des plus méritants par la réussite à l'examen qui protège contre les passe-droits : les privilèges de l'argent, de la naissance, des relations...

Les services publics, et plus particulièrement notre système de protection sociale et de santé, si nécessaires à nos concitoyens les plus humbles et les plus démunis, fonctionnaient convenablement.

C'est enfin dans la sécurité, une sécurité physique, autant qu'économique, obtenue par une certaine stabilité de l'emploi, que s'exerçait l'activité de tous, qui pensaient à l'unisson que demain serait meilleur qu'aujourd'hui :

" Heureux comme Dieu en France "

Rappelez vous c'était hier !

Tout n'était pas parfait bien sur, beaucoup était à faire ...

Mais comparez avec aujourd'hui !

Une majorité de nos compatriotes pense, à juste titre, que la vie de leurs enfants sera moins bonne que la leur et que leur situation personnelle va se dégrader.

Et c'est tellement vrai que nos gouvernants, Droite et Gauche réunis, nous proposent comme révolution, comme ordre juste, le retour en arrière.

C'est revenir sur ce qu'ils ont défait soigneusement pendant quarante ans.

Un exemple seulement :

La réforme des " apprentissages fondamentaux "

On réintroduit le calcul mental, après avoir remis à l'honneur le B.A.Ba pour la lecture et la grammaire !

Comme le dit Claude Allègre, qui fut pourtant Ministre socialiste : " C'est gentillet de faire des classes de neige et de faire visiter des usines de betteraves ", mais la priorité est de savoir lire, écrire et compter. Or 20% des élèves entrant en 6ème ne savent pas lire !

Des générations sacrifiées, des illettrés par centaines de milliers, un niveau scolaire écroulé, des milliards d'euros partis en fumée pour revenir à ce qui était avant !

Mais c'est avec nos enfants qu'on joue les apprentis sorciers, et c'est à nos frais !

À eux les honneurs, à nous les pots cassés !

Et si c'était Le Pen qui avait proposé ou mis en oeuvre cela ?

C'aurait été ringard, peureux, franchouillard, c'aurait été la peur de l'avenir !

Mais c'est " l'establishment ", alors c'est moderne, courageux, européen, c'est le futur radieux !

Mais l'effondrement de l'École accompagne aussi la destruction programmée de la famille traditionnelle avec les conséquences que nous connaissons tous.

Ce fut d'abord l'écroulement du nombre des mariages et l'explosion du nombre des divorces.

En 30 ans, le nombre des mariages a chuté de 30%, pendant que le nombre de divorces se multipliait par 3.

Il n'y avait plus que 278 000 mariages en 2005

30 % d'entre eux finissant par un divorce, à comparer aux 10 % de 1960.

Une naissance sur deux (48 %) a lieu hors mariage.

Il y a aujourd'hui près de 3 millions de familles monoparentales.

Ce chiffre a augmenté de 28% en 10 ans, reflet d'un individualisme exacerbé et du refus des engagements durables.

Et cette liberté tant vantée, ce refus des contraintes de tous ordres, qui devaient faire le bonheur des hommes et des femmes enfin libérés du poids des responsabilités familiales, qu'ont-ils engendré ?

Une inexorable montée des détresses individuelles, un univers de solitude où les liens sociaux disparaissent les uns après les autres.

Qu'on en juge :

14 millions de personnes vivent seules, soit deux fois plus qu'il y a trente ans.

Ce sont des personnes âgées, des moins de 30 ans, des divorcés (1 couple sur 3).

Notre pays détient le triste record du monde de consommation de tranquillisants (près de deux boîtes par an par habitant).

Un Français sur 4 consommait des psychotropes en 2006.

En 25 ans, les admissions en hôpitaux psychiatriques ont été multipliées par 3.

12.000 suicides réussis chaque année, sur environ 160.000 tentatives.

Le suicide est la cause principale de mortalité chez les 25-34 ans.

Sans parler de l'alcoolisme ou de la toxicomanie.

Et le pire est à venir :

En 2004, il se vendait en France 170 000 boîtes de Retaline ou de Concerta, " la pilule de l'obéissance ", pour les enfants difficiles, soit 3 fois plus qu'en 2000 !

Oui, mesdames et messieurs, nous vivons dans une société brisée, d'une violence inouïe, où l'on ne connaît plus ses voisins, où le plaisir de faire son marché se transforme en cauchemar dans les parkings des grandes surfaces, nouveaux labyrinthes des temps modernes.

Une société où l'on enferme nos anciens dans des hospices ou des mouroirs pour qu'ils ne gênent pas.

Qui parle de cette violence sociale, qui s'ajoute aux violences urbaines, aux violences gratuites, aux violences à l'école, qui toutes ensembles, rendent la vie insupportable à nos compatriotes !

Et où le match de foot du dimanche peut finir en " Massacre à O.K Corral ", ce qui ne surprend pas l'arbitre, professeur dans le civil, lui qui a déjà été frappé dans sa classe, heureux qu'il est de ne pas avoir été poignardé !

Et toujours cette lancinante question dont évidemment, nous, nous connaissons la réponse :

Comment en sommes nous arrivés là ?

Mais, à cette question, j'aimerais en ajouter une autre.

Pourquoi ?

Je ne suis pas fataliste.

Je ne crois pas au sens de l'histoire, au caractère inéluctable des évènements.

C'est l'alibi des lâches, des incompétents, des ignorants, des imprévoyants,

Vous avez reconnu nos gouvernants, Droite et Gauches confondues

Tous responsables,

Tous coupables !

Non, mes chers compatriotes, cette crise ne nous frappe pas par hasard.

Cette évolution décomposant l'existence matérielle des villes et des quartiers, emportant avec elle une grande partie des formes de civilité qui imprégnaient nos vies quotidiennes,

Cette évolution défaisant les familles et affaiblissant l'École de la République n'est pas un hasard de l'Histoire.

Elle est voulue, c'est un dessein, une volonté, elle a ses séides, ses affidés, ses idiots utiles, ses théoriciens stipendiés !

Selon ces idéologues, tenants de la révolution mondialiste, il suffirait pour assurer automatiquement la Paix, la Prospérité, et le Bonheur, d'abolir tous ce qui dans les moeurs, les coutumes et les lois des sociétés existantes mettraient obstacle aux lois du matérialisme triomphant.

Assurer à celui-ci un fonctionnement sans entraves ni temps morts !

Cela ne vous rappelle-t-il pas le :

" Il est interdit d'interdire ",

" Tout et tout de suite ! Prenez vos désirs pour des réalités ! Jouissez sans entraves et vivez sans temps morts " de Mai 68 ?

C'était hier.

Et aujourd'hui l'ultra-libéralisme mondialisé ne dit pas autre chose, dont l'unique finalité réside dans la suppression de tous les obstacles au commerce mondial, à la circulation des capitaux et des hommes sous l'égide de l'O.M.C.

Mariage hideux que là encore, je dénonce depuis 40 ans, de cette Gauche libérale-libertaire et de cette Droite libertaire-libérale ;

Les deux faces associées du même système destructeur de nations, de cultures, d'identités pour livrer le citoyen réduit au rôle de consommateur à l'empire des multinationales !

Sous couvert de la libération des consciences, de la démocratisation de l'enseignement, par l'ouverture des frontières, dans l'Europe d'abord, vers le monde ensuite, c'est la mise aux pas de nos économies nationales et de nos emplois qui se prépare !

Voilà ce que le système tente de masquer !

Voilà donc le fondement de ce que j'avançai quand je célébrai le mariage de l'UMP et du PS dans L'UMPS, conscient qu'ils cultivaient des valeurs communes.

C'est le monde du matérialisme glorifié,

La nature transformée en poubelle,

l'amour travesti en consommation sexuelle,

Les mystères de la personnalité expliqués par la libido,

L'éducation ravalée en fabrique de spécialistes et l'école en usine à chômeurs,

l'enflure morbide de l'information substituée à la connaissance,

La politique rétrogradée en auxiliaire de l'économie,

Le bonheur ramené à l'idée qu'en donne le tourisme de masse,

Et, quand les choses tournent mal, le recours sans frein à la violence.

Alors, mesdames et messieurs, on nous dit parfois que notre combat pour les valeurs serait d'avance perdu !

Le Progrès, la Modernité interdiraient de s'inspirer, de défendre, d'évoquer même les valeurs qui firent notre Histoire, notre destin et notre grandeur !

Ces valeurs fondatrices de toute nation civilisée, de toute société humaine !

Et bien, je vous affirme que malgré ce qu'on vous dit, nous sommes les gardiens des valeurs qui font le monde civilisé, et ce combat que vous menez, que nous menons, c'est le combat immémorial de la Civilisation contre les Barbares.

C'est clair, nos ennemis sont ceux qui depuis des millénaires sous des formes diverses glorifient les instincts plus que l'effort, la veulerie plus que l'énergie, la soumission plus que la résistance.

Ceux qui refusent les contraintes et les responsabilités

Ceux qui exigent des droits et refusent les devoirs,

Ceux qui ne croient à rien et n'ont pas de Patrie charnelle !

Nous croyons, nous, à l'enracinement, car chaque Peuple porte en lui même l'écho assourdi des temps anciens, celui qui fera la musique des lendemains heureux.

N'en déplaise aux piètres penseurs de notre siècle, les Traditions ne sont pas le retour a un passé mort.

Qu'est-ce que la tradition ?

La tradition n'est pas la transmission de n'importe quoi, mais du Beau et du Vrai mesurés à l'aune de l'expérience humaine.

" Elle est ce qui donne un sens à la vie et l'oriente. Elle porte en elle la conscience du supérieur et de l'inférieur, du spirituel et du matériel.

Elle est son être éternel. Elle lui donne ses principes, ses vérités permanentes, capables de traverser les fluctuations temporelles.

Elle est ce qu'il y a de plus ancien et de plus proche.

Elle est la traduction d'une façon unique d'être des hommes et des femmes devant la vie, la mort, l'amour, l'histoire, le destin.

Elle porte les principes qui transcendent la vie, les pensées et les actes ".

Voilà notre idéal et notre espoir, il tient en un mot :

Habiter un monde et s'y enraciner.

être de quelque part, appartenir à une lignée, à une histoire, parler et penser dans une langue, que l'on reçoit à son insu et qui forme notre perception de tout ce qui nous entoure.

Nos racines, nos liens ancestraux, ceux de la culture et des valeurs, nous font hommes et femmes réels, liés à la nature, héritiers sans mérite, dotés d'une identité, même quand nous la refusons.

Loin d'être des fardeaux inutiles, ce sont là, en réalité, les fondements de la liberté.

Cette liberté personnelle que nous ne séparons pas de la responsabilité individuelle, qui donne à l'être humain sa grandeur et sa dignité.

Cette dignité, ce respect des hommes et des femmes de mon pays, qui m'entraîna toujours quel qu'en soit le prix, à lui dire la vérité, valeur essentielle s'il en est !

C'est cette ardente obligation qui me fit toujours considérer que l'intelligence et la volonté des Françaises et des Français triompheraient un jour de tous les obstacles de toutes les difficultés.

Car " on peut tromper le Peuple, mais jamais on ne le corrompt ! ".

II- Renan disait " si le vrai et le bien sont quelque chose, et nous en avons l'assurance, c'est celui qui les aura aimés et cherchés qui aura été le mieux inspiré ".

La foi est un moyen d'y accéder.

Pénétrés de la valeur, de la nécessité dans la vie d'une spiritualité supérieure, sans préjudice des convictions personnelles, de l'indifférence ou de l'incrédulité sincères, nous respectons la conscience des croyants.

L'État ne promeut aucune religion particulière, même s'il est évident que la Nation a été forgée par des siècles et des siècles de christianisme. Il respecte la laïcité mais reconnaît le rôle positif que peuvent jouer les religions dans la formation des âmes et des coeurs, et dans la préservation de l'Espérance.

Nous ne discutons pas Dieu.

Nous ne discutons pas non plus la Patrie, c'est-à-dire la Nation dans son intégrité territoriale et morale dans sa pleine indépendance, dans sa vocation historique.

La tentative de fédérer les nations européennes a abouti à une impasse et à leur désintégration morale et politique.

Il est temps de faire le bilan et de retrouver au plus vite, à tout le moins, les éléments de souveraineté indispensables à sa sécurité militaire et civile, économique et sociale, à sa dignité politique.

Il faut sortir de l'impasse, comme l'ont clairement voulu la France et les Pays-Bas, par le Non qu'elles ont répondu à Sarkozy, Royal et Bayrou, et s'atteler à la mise en place d'une Europe des Nations, allant de Brest à Vladivostok et englobant toutes les nations qui sont européennes par la géographie, l'histoire, la religion, la civilisation.

N'est-il pas extravagant quand dans le vaste monde des peuples luttent pour être indépendant alors que notre Nation, qui l'est depuis plus de mille ans, a, à l'initiative de politiciens dévoyés, abandonné sa souveraineté pour des raisons mercantiles, d'ailleurs cruellement déçues.

En particulier, il est indispensable de rétablir nos frontières et assurer le contrôle des flux humains et commerciaux.

Car la Nation demeure le cadre le plus performant pour assurer la défense de la liberté, de la sécurité, de la prospérité, de la solidarité, de l'identité, de la culture, de la langue d'un peuple.

Nous ne discutons pas la Nation.

Nous ne discutons pas la famille.

C'est le berceau de la vie et le creuset de l'éducation des enfants, c'est le milieu qui ajoute à l'élevage des petits d'hommes, l'éducation, des comportements, apprentissage difficile mais adouci par l'affectivité.

La famille est la première cellule d'acquisition des règles de la vie en collectivité.

C'est là, dans le cocon familial, que l'enfant, agissant par imitation et si nécessaire, par la contrainte, se familiarise avec les usages et les principes nécessaires à son équilibre personnel et à l'équilibre social.

La politesse, le respect d'autrui, l'honnêteté, l'amour du travail et de la patrie sont autant de valeurs qui sont transmises par l'exemple et l'autorité parentales.

On sait que les enfants qui ne bénéficient pas de ces notions fondamentales en souffrent terriblement, mais pas seulement eux, la société toute entière.

La famille, c'est le lieu privilégié des solidarités sociales élémentaires, l'école de la morale, l'éveil de l'intelligence et des savoirs. Nous soutiendrons la famille au travers de :

1. La création d'un revenu parental destiné à offrir aux mères ou aux pères de famille la possibilité de choisir librement entre l'exercice d'une activité professionnelle et l'éducation de leurs enfants ou l'alternance de ces deux activités.

2. La mise en place d'un statut juridique et social pour la mère (ou le père) de famille : protection sociale, droit à la formation professionnelle et droit à la retraite.

3. La création d'un prêt familial au logement. L'État doit consentir un effort pour permettre à chaque famille française d'accéder à la propriété.

4. La promotion de l'adoption prénatale. Elle permettra à tout couple ne pouvant pas avoir d'enfants d'adopter l'enfant à naître d'une autre femme, qui ne désire pas le garder. Cette adoption conférera les droits de la naissance légitime à l'enfant adopté.

Parallèlement, les conditions d'adoption des enfants français abandonnés seront simplifiées.

Compte tenu des difficultés qui sont les nôtres aujourd'hui :

1 - nous redonnerons aux prestations familiales un caractère familial et national, et non plus exclusivement social.

Les allocations familiales seront réservées aux familles françaises, revalorisées et indexées sur le coût de la vie. Elles retrouveront pour objectif de couvrir une partie conséquente du coût réel de l'enfant à charge.

2 -Nous instaurerons la carte France-Famille

Elle remplacera la carte famille nombreuse et sera délivrée gratuitement à partir du deuxième enfant, donnant droit à des réductions dans les transports et les lieux culturels (théâtre, cinéma, musée...) ainsi que dans les complexes sportifs.

Enfin, j'entends développer la protection de l'enfance, en luttant plus durement contre la maltraitance et la pédophilie, en appliquant la loi de juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, qui interdit toutes les formes de violences et tout particulièrement la violence pornographique.

Pas plus que la famille, nous ne discutons pas l'école.

L'école est le second grand pilier de l'éducation civique et morale des enfants et des adolescents. Elle doit leur assurer la transmission des savoirs dans un cadre sûr, calme et discipliné.

Après la famille, c'est à l'école que l'on fait l'expérience du respect dû aux autorités sociales et aux institutions publiques.

De cet apprentissage évidemment, dépendra, plus tard, le comportement de l'adolescent ou de l'adulte, sa capacité ou non à se plier aux lois ou aux bonne moeurs.

On sait bien, hélas, que la nomenklatura de l'Éducation nationale a contribué à pervertir notre système,

* en imposant l'égalité entre l'élève et le maître,

* en encourageant la spontanéité créatrice plutôt que l'apprentissage des savoirs,

* en privilégiant des filières intellectuelles et abstraites - comme la sociologie - au détriment des besoins concrets de la société, au détriment de l'intérêt des jeunes, qui, trop nombreux, passent d'un cycle à un autre sans avoir acquis l'essentiel, pour finalement sortir du système sans formation concrète et donc sans perspective concrète d'emplois.

Au point où nous en sommes, mesdames et messieurs, il faut revenir aux règles fondamentales, aux données essentielles, aux techniques simples qui ont fait leurs preuves.

* Instruire et éduquer, c'est un devoir sacré envers les jeunes gens de notre pays.

* Instruire et éduquer, c'est accroître leurs chances de réussir leur vie.

* Instruire et éduquer, c'est transmettre le trésor intellectuel et moral de la civilisation française.

* Instruire et éduquer, c'est accroître le capital humain de la nation, c'est investir dans l'avenir.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, le Front National est le seul à pouvoir répondre à l'attente de notre peuple en matière d'éducation civique et morale, parce que nos propositions sont globales et qu'elles prennent en compte toutes les aspects de ces questions essentielles.

Nous sommes surtout les seuls à savoir qu'avant de traiter les conséquences, il faut agir sur les causes, faute de quoi l'on se contente de soigner le mal en appliquant des cautères sur des jambes de bois.

L'école doit donc donner toute sa place à l'instruction civique, formation du citoyen et de l'homme libre.

Elle doit faire toute sa place aux règles essentielles du jeu social, en encourageant le travail, l'effort, l'émulation, le mérite, au travers de la revalorisation des examens et des concours, mais aussi en rétablissant les classements qui permettent à l'élève de se situer par rapport à lui-même comme par rapport à ses condisciples.

Comme l'affirment l'écrasante majorité des enseignants, il est indispensable de relever les niveaux d'exigence, notamment de passage dans la classe supérieure - l'élève doit être en état de suivre le cours de la classe dans laquelle il est - et en adjoignant aux bourses sur critères sociaux des aides au mérite sur la base de concours.

Dans le contenu des enseignements eux-mêmes, je crois indispensable de rétablir la fierté d'être français.

Il faut cesser de culpabiliser nos jeunes par un enseignement partial de l'Histoire ou de la colonisation, lequel fait " germer la haine dans les caboches creuses des crétins programmés ", selon le mot de Jean-Paul Brighelli, professeur de lettres à Montpellier et essayiste à succès.

Oui, mesdames et messieurs, je crois qu'il ne peut pas y avoir de société vivante sans éducation du patriotisme, sentiment de l'âme tourné vers la communauté à laquelle on appartient, et qui scelle le lien entre les générations de Français, entre nos compatriotes du passé, du présent et de l'avenir.

C'est une des raisons pour lesquelles la suppression de la conscription par Chirac en 1995 fut une véritable catastrophe, pour la sécurité de la France, et aussi du point de vue de la transmission des valeurs patriotiques, des valeurs de don de soi et de partage, que l'on apprenait au cours du service militaire et qui sont indispensables au bon fonctionnement de la collectivité.

Je propose donc de rétablir notre système de défense et :

D'abord, de porter le budget de la Défense Nationale de 1,6 à 2,6% du PIB, soit revenir à ce qu'il était en 1995, pour moderniser nos matériels, renforcer nos effectifs opérationnels et garantir notre sécurité nationale.

Il faut aussi remettre sur pied une véritable défense opérationnelle du territoire, ce qui suppose d'abord l'établissement d'un service volontaire de 6 mois, assorti de droits spécifiques dans les carrières de la fonction publique, mais aussi la création de corps de garde frontières, d'une garde nationale et le développement de réserves significatives.

La sécurité intérieure doit devenir une priorité, car la menace pourrait, demain, être intérieure.

La sécurité, c'est la première des missions de l'État. Mais celui-ci doit également doit permettre, et pas entraver, la prospérité collective.

Nous ne discutons pas le travail ni en tant que droit ni en tant qu'obligation. Le travail est une gloire et un bonheur.

Il peut être plus ou moins utile, d'une valeur économique plus ou moins grande mais moralement, il est toujours également digne.

Le travail doit permettre au travailleur de vivre, d'élever sa famille, de se perfectionner.

Source d'épanouissement personnel et matrice du développement de la cité, le travail, sang de la civilisation, a été sciemment dévalorisé depuis 30 ans, dans notre pays.

Une partie importante de la gauche française y a toujours été hostile par principe, depuis Paul Lafargue, gendre de Marx, et son " droit à la paresse " (1883), jusqu'à Mamère qui proposait encore récemment la semaine de 4 jours et l'institution d'une année sabbatique tous les sept ans !

Nous sommes le seul pays au monde qui a fixé autoritairement des limites légales et obligatoires au temps de travail, avec les 35 heures et la retraite à 60 ans.

Nous subissons la retraite à 60 ans, alors que l'espérance de vie a augmenté de 15 ans en 30 ans !

Nous subissons les 35 heures, alors que notre économie est ouverte à une concurrence mondiale féroce, qui place nos entreprises et nos salariés en compétition permanente avec ceux du reste du monde !

Il s'agissait, nous dit-on, de se répartir le travail, pour diminuer le chômage.

Le chômage n'a baissé que grâce au tripatouillage des statistiques officielles, et jamais la croissance française n'a été aussi molle qu'au cours des 5 dernières années.

Aucun de nos voisins n'a adopté une baisse massive et rigide du temps de travail hebdomadaire : ils travaillent tous beaucoup plus que nous !

Fin 2005, la durée annuelle moyenne du travail en France était de 1561 heures, contre 1764 en Italie, plus de 1787 heures en Angleterre, sans parler de la Chine - 1958 heures par an ! - et de l'Inde, où l'on dépasse les 2300 heures annuelles !

Dans ces conditions, on comprend pourquoi la position de la France dans le classement des puissances économiques chute inéluctablement depuis dix ans. C'est en effet le travail qui crée la richesse et l'on ne peut dépenser que ce que l'on a gagné.

Si on nous laisse disposer bien sûr du produit de nos effets, ce qui n'est pas le cas dans notre pays, où le niveau hallucinant des prélèvements décourage les meilleures volontés et jusqu'au fondement même de la volonté de travailler qui est le ressort principal de l'activité humaine libre et productive.

Le niveau de nos prélèvements obligatoire est 4 points supérieurs à la moyenne européenne, presque dix points de plus que la moyenne des pays développés.

Et l'on déplore le chômage de masse, la chute des revenus, l'appauvrissement de la France !

Empêtré et ralentie par son accoutrement de scaphandrier-cycliste, l'économie française pédale dans le vide.

Il est tant d'arrêter le massacre.

Il faut libérer, au plus vite, les énergies de notre pays :

en instituant le libre choix du temps de travail, pour que chacun décide, par lui-même, s'il veut travailler plus et gagner plus ou bien travailler moins et gagner moins. La retraite à 60 ans, les 35 heures, les règlementations toujours plus nombreuses et contraignantes doivent être rangées dans le placard à balais du socialisme égrotant.

en ramenant les tranches marginales de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés à 20%, pour inciter nos compatriotes à s'enrichir, pour valoriser le travail, l'effort et le risque.

En relevant les bas salaires jusqu'à 1, 4 SMIC, par la prise en charge des cotisations salariales, ce qui amènera le salaire net au niveau du brut.

Souvent en effet, les individus et les entreprises souhaiteraient travailler davantage, mais la législation du travail comme la législation fiscale dissuadent employeurs et salariés.

Le chômage est un fléau social et doit être combattu non par l'assistance, qui ne peut être que temporaire, mais par le développement des entreprises et de la croissance économique.

Il est souhaitable aussi que les travailleurs puissent défendre leurs intérêts dans des syndicats forts et responsables, que la grève soit un droit dont l'usage doit être règlementé pour qu'elle n'attente pas, surtout dans les services publics, aux intérêts des usagers.

Le syndicalisme français est sclérosé et prébendier, il faut lui rendre sa vigueur par la liberté de présentation des candidats au premier tour des élections professionnelles.

Nous ne discutons pas le travail.

Mais de grâce, que l'État cesse donc de se mêler de tout, de prélever tout ce qu'il peut, de s'immiscer dans des domaines où il n'a rien à faire.

Qu'il commence donc par balayer devant sa porte !

Qu'il remplisse déjà correctement ses missions essentielles, c'est-à-dire ses fonctions régaliennes !

Qu'il rétablisse l'autorité légitime de la puissance publique, face aux féodalités régionales, aux groupes de pression, aux syndicats ou, plus simplement, face à l'idéologie générale du politiquement correct, face à l'idéologie du laxisme ou du matérialisme permanent !

Contrairement à ce que l'on peu à peu inculqué à nos compatriotes, l'État n'est pas un partenaire égal aux autres, dans le jeu social.

Il est nécessairement au dessus des autres. Il est le garant de l'intérêt général, l'auteur légitime des décisions difficiles pour tel ou tel groupe social, au nom de l'intérêt commun.

Par faiblesse d'âme ou par calcul électoral, ou les deux à la fois, les gouvernements successifs ont copiné, avec les différents corps, qui, à l'intérieur de la société, font valoir leurs intérêts propres, quand il n'a pas purement et simplement anticipé leurs revendications catégorielles, pour mieux les satisfaire.

Le comportement de l'État, c'est le meilleur signe qui soit de la santé d'un peuple.

L'État doit montrer l'exemple, fixer des exigences et surtout être le premier à les respecter.

Il faut donc mettre en oeuvre une impitoyable répression de la corruption politico-financière, en établissant, dans le cas des détournements divers d'argent public, non seulement le remboursement intégral au Trésor des sommes volées, mais aussi les sanctions pénales qui s'attachent à ces infractions, en prévoyant l'application systématique de peine de prisons fermes.

Aujourd'hui, on voit des gens qui ont détourné des millions condamnés à des amendes vingt fois inférieures au montant des sommes détournées, et, le plus souvent, à des peines de prisons avec sursis ! C'est le cas dans 70% des milliers d'affaires de corruption politico-financière depuis 15 ans !

C'est ubuesque !

Au nom de quoi, alors, peut-on condamner l'auteur de violences gratuites répétées ou l'agresseur d'une personne âgée pour lui voler son sac à de la prison ferme ?

Pour être respecté, l'État doit être irréprochable, et les institutions doivent être justes.

On persécute les professions libérales, commerçants et artisans pour des retards de cotisations sociales, et on remet la Légion d'Honneur à un homme politique, communiste au demeurant, qui, un soir de défaite électorale, n'a rien trouvé de mieux à faire que de foncer, avec sa voiture, sur un policier !

Soyons sérieux !

Alors, moi je crois que l'État, pour être l'État, doit assumer ses missions fondamentales, essentielles, premières : la sécurité, la justice, la sécurité sociale la défense, les affaires étrangères.

Les pouvoirs publics doivent accepter, enfin, d'engager leur responsabilité sur les questions d'intérêt public plutôt que d'essayer de refiler au gouvernement suivant la mise en oeuvre des réformes difficiles.

De lâchetés politiques en calculs politiciens, d'incuries répétées en incompétences flagrantes, nous sommes arrivés là où nous en sommes : un pays appauvri, sans repère, sans fierté et sans espoir, bref, une nation en déclin dont se gaussent de plus en plus les observateurs étrangers.

Non, mesdames et messieurs, contrairement à ce que l'on fait croire aux français, la France n'est pas admirée à l'étranger pour sa culture, ses auteurs ou pour son modèle social.

Elle est brocardée, dans la presse anglo-saxonne, italienne ou espagnole, pour ses lourdeurs, ses archaïsmes, et ce ton de donneur de leçon qui fut longtemps celui des gouvernements français.

Nous ne discutons pas l'autorité.

Elle est un fait et une nécessité. Elle est un droit et un devoir, devoir qui se nie lui-même s'il ne s'exerce pas, droit dont le fondement principal est le bien commun.

Dans la famille, à l'école, à l'atelier, dans le syndicat, à la caserne, dans l'État, l'autorité n'existe jamais pour elle-même mais pour les autres.

Elle n'est pas un privilège mais une charge.

Comme elle est susceptible d'erreurs, son action doit pouvoir être contrôlée à condition que ces contrôles ne l'empêchent pas de s'exercer.

Non, nous ne discutons pas l'autorité.

Quand le pouvoir se refuse à distinguer le bien du mal et le juste de l'injuste, quand il prétend être neutre entre l'ordre et le désordre, quand il est disposé à reconnaître aussi bien l'usage que l'abus de la liberté, quand il cède devant les pressions illégitimes, quand il ment au peuple pour esquiver ses responsabilités, alors il n'est pas loin d'être gravement contesté dans les esprits et donc il n'est pas loin de sa chute.

La liberté est un bien précieux des Nations et des hommes mais il ne peut y avoir de liberté contre la vérité ni contre le bien commun.

Concilier les impératifs de liberté et d'autorité reste la mission principale des responsables politiques.

Ce juste équilibre fonde leur légitimité, et elle mesure leur valeur.

Mesdames et messieurs,

À la veille d'échéances décisives,

Cette vérité que je proclame depuis 50 ans déjà, ce bien pour mon pays que je poursuis sans relâche, me confère le devoir de vous appeler à l'offensive !

C'en est assez du déclin, assez des mille folies des penseurs de cour, assez des spoliations de nos exploiteurs et de l'incompétence de nos gouvernants !

Je sais, moi, que le courage, le bon sens, l'amour du pays brûlent toujours au coeur des Français, et surtout des plus modestes, des plus pauvres des plus sensés, des plus courageux.

Je vous appelle à ce grand matin des paysans, des ouvriers, des commerçants, des entrepreneurs

À cette aube nouvelle que vous attendez, que nous attendons tous !

Je vous appelle à la liberté qui est noblesse du coeur, indépendance du jugement, culture de l'esprit !

Je vous appelle au bonheur retrouvé d'être Français.

Je vous appelle à la grandeur, à l'honneur à la gloire de notre patrie, pour inscrire notre geste, fut-elle modeste, dans la longue lignée des coeurs Français, qui firent hier, et pour aujourd'hui, vivre le sentiment de notre éternité.

Je vous invite au Printemps de la France.

Vive le Front national !

Vive la France !