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Vision, VisionsSéminaire de littérature ancienne. Année 2012-2013Le séminaire se tient à l’université d’Aix-Marseille, Centre Schumann, le mardi de 16h à 19h, salle C236. Présentation du séminaireQuoi de plus ordinaire en littérature qu’un personnage regardant un objet, que deux personnages se regardant ? Quoi de plus extraordinaire qu’une vision céleste, qu’un songe, qu’une prophétie entrevue ? Tout sépare en apparence d’une part l’expérience triviale de la vue et l’appréhension rationnelle, scientifique, médicale, narratologique même, qu’on en peut avoir, d’autre part l’événement de la vision, son caractère ineffable, qui coupe la parole, que le discours peine à transcrire, et la raison à maîtriser. Pourtant, c’est tout un pan de notre histoire culturelle qui se joue dans cette articulation changeante de la vision, comprise comme cadre épistémologique (le fait de voir), et des visions, saisies comme hors-cadre, comme expérience chaque fois unique (avoir une, des visions). Le séminaire se propose d’explorer cette histoire, autour des grands axes thématiques suivants : La vision comme expérience optique. Comment la comprend-on, l’analyse-t-on du moyen âge aux Lumières ? Quelle incidence le discours scientifique sur l’optique a-t-il, peut-il avoir sur la pratique littéraire ? La vision comme expérience poétique, lyrique ou mystique. Songe du poète, Vision de la Dame, Œil de la Dame, visions allégoriques, oraisons. Peut-on, à partir de ces visions, dessiner une phénoménologie du regard ? Une pratique culturelle qui s’articulerait à un certain contexte philosophique, physique, politique ? La vision comme pratique descriptive. Techniques et enjeux de l’ekphrasis et de l’hypotypose dans la poésie et en prose (littérature religieuse, littérature allégorique, roman), pratiques de la description, appréhension des objets, effets d’enargeia. Comment définir, au regard de ces pratiques, un genre descriptif du récit pré-balzacien ? La vision comme art de la scène. Que voit le personnage sur la scène (scène dans la scène, gestes surpris, apartés) ? Que ne voit-il pas, qu’il désigne alors précisément comme vision (dans le monologue tragique par exemple) ? Calendrier des séances11 septembre : Stéphane Lojkine, « Visions d’aveugle : l’expérience théologique de la vision, à partir des commentaires du Livre des sentences de Pierre Lombard » 18 septembre : Jean-Raymond Fanlo, « Le Cabinet de Minerve de Verville » 25 septembre : Daniel Martin, « Visions pétrarquistes » 2 octobre : Stéphane Lojkine, « Les deux modèles de l’optique antique et l’adaptation du diaphanum à l’optique de la Renaissance et de Descartes » 9 octobre : Michèle Gally, « Théories de la vue et Poésie au Moyen Age. De la hiérarchie des sens à l’optique » 16 octobre : Jean-Raymond Fanlo, « Vision et discours » 23 octobre : Bérengère Parmentier, « Visions et songes tragiques dans le théâtre baroque » 6 novembre : Stéphane Lojkine, « L’expérience phénoménologique de la vision dans la Lettre sur les aveugles et dans le Salon de 1767 de Diderot » 13 novembre : Michèle Gally, « Un drame de la vue : Narcisse au Moyen Age comme figure méta-poétique. Récit et modèle iconographique » 20 novembre : Jean-Raymond Fanlo, « Vision et Mélancolie » 27 novembre : Invité. Adrien Paschoud, université de Lausanne : « Visions jésuites. Jean-Joseph Surin » 4 décembre : Sébastien Douchet, « Vision et songe dans l’enluminure médiévale » 11 décembre : Stéphane Lojkine, « Faire scène et faire tableau. Casanova » |