Accueil du site > Programmes de recherche > P2-Cultures matérielles : systèmes techniques et représentations
par - 10 janvier 2012
Responsable Maxence BAILLY
Personnels permanents - M. Bailly, J.P. Bracco, H. Barge-Mahieu, P. Barthès, G. Graff, X. Margarit, C. Montoya,
Mots-clés - systèmes technique, technologie culturelle, approche cognitive, culture matérielle, socio économie.
L’analyse des productions matérielles reste la voie d’accès privilégiée à la compréhension des organisations et des transformations des sociétés préhistoriques. Ce programme regroupe les travaux sur l’ensemble des matériaux et les différentes voies d’entrée utilisées au sein de l’unité : caractérisation et économie des matériaux, analyses fonctionnelles, approches cognitives des comportements techniques, des savoirs et des savoir-faire.
Les travaux sur les industries lithiques et céramiques des sociétés d’Europe méridionale, du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne sont depuis longtemps un des points forts de l’unité. Plus récemment, l’analyse des productions en matière dure animale s’est fortement développée et la mise en forme de travaux sur les mobiliers métalliques est un des projets du programme dans le prochain quadriennal. Les représentations préhistoriques réalisées par différentes populations : « arts » rupestre, décors céramiques doivent être considérés comme des données archéologiques et trouvent également ici leur place. Une perspective systémique et contextuelle renouvelle la compréhension que l’on peut avoir de ces productions en mettant un terme au cloisonnement entre art et archéologie.
Ces travaux sont centrés, sans exclusive mais préférentiellement, sur un espace méditerranéen au sens large, avec ses hinterlands respectifs, ainsi que sur les zones privilégiées dans l’unité pour leur valeur heuristique comme les domaines insulaires et montagneux. Dans ce cadre, les travaux de l’équipe s’appuient sur l’étude de collections déjà acquises mais aussi sur des travaux de terrain aptes à développer et enrichir les problématiques scientifiques ici décrites.
D’un point de vue méthodologique, les travaux du laboratoire s’inscrivent dans 3 axes :
1 : Morphogénèses et typologies
Le classement et l’analyse des répertoires morphologiques constituent non seulement un travail liminaire nécessaire à toute étude archéologique, mais le développement d’approches constructivistes et statistiques permet d’en renouveler le discours. La typologie (analytique, céramique…) demeure un des moyens d’accéder à l’évolution des répertoires et à ce qu’elles signent du point de vue des traditions culturelles, des peuplements et des diffusions des formes et idées techniques.
2 : Analyses systémiques des productions matérielles
L’analyse systémique des productions matérielles permet aujourd’hui d’intégrer de manière systématique et optimale les différents aspects et outils que requiert son analyse. Approche opérante depuis deux décennies dans la description des schémas et concepts opératoires (technologie) et des fonctions et fonctionnements des outils (tracéologie), elle permet aujourd’hui d’aborder selon un cadre conceptuel et méthodologique robuste des approches résolument anthropologiques et cognitives (segmentation spatiale des activités de production et de consommation, processus d’inventions techniques et modalités de leur diffusion, évaluation de la place du système technique au sein de l’ensemble des activités pratiques, sociales, symboliques… des sociétés). Comme dans le quadriennal précédent, une place importante sera accordée à la mise à niveau et en commun des connaissances théoriques et pratiques sur les différents matériaux : lithique, matière dure animale, céramique, métal… qui ne bénéficient encore pas tous du même niveau de développement méthodologique.
3 : Mécanismes intergénérationnels de la transmission culturelle : traditions et reproduction sociale
Cet ensemble de travaux se consacre aux représentations ainsi qu’aux utilisations de la culture matérielle dans les dispositifs de reproduction sociale, de matérialisation de l’identité, de distinction et de compétition entre individus. Cet ensemble de comportements est généralement regroupé sous l’étiquette de agency et plus ou moins bien traduit par le terme d’intentionalité. A l’instar de la technologie culturelle (voir ci-dessus), ces approches permettent de constituer un véritable savoir anthropologique sur les populations préhistoriques, à condition de maintenir un cadre terminologique et épistémologique clair et précis.