Université de provence / Institut d'ergologie

Institut d'Ergologie

Aix-Marseille Université

     

L'Ergologie : présentation générale ()

Il y a maintenant bientôt 20 ans, une expérience originale dans l'université commençait. Elle consistait à répondre à la question de savoir comment il fallait s'y prendre pour préparer les jeunes générations à rencontrer les changements qui traversaient tous les aspects de la vie économique et sociale, et notamment ceux concernant les activités de travail. Ce qui supposait de répondre, simultanément, à une question subsidiaire, mais inévitable : quels moyens ont les universitaires eux-mêmes pour affronter ces interrogations nouvelles ? Une conviction a dès lors pris corps et porté tout un processus : les relations entre l'université et les activités économiques et sociales étaient trop indirectes, ou conçues de manière trop étroite, formelle, parcellaire, instrumentale, et il convenait d'en repenser les articulations. C'est cette conviction qui a soutenu la création continuée d'un " dispositif " diversifié d'apprentissages réciproques entre les ressources des savoirs universitaires requis par les emplois, les métiers, les techniques en mouvement, et les savoirs nouveaux portés par les nouvelles configurations d'activité. L'université de Provence et son département de philosophie ont été le cadre de ce dispositif, dynamisé au départ par un tout petit nombre d'enseignants et de chercheurs, qui ont su, par l'organisation d'enseignements professionnalisés originaux, et surtout par une dépense d'énergie considérable, attirer d'autres universitaires et de nombreuses personnes venant du monde économique et social.
Pluridisciplinaire et pluriprofessionnel, le dispositif ainsi mis en oeuvre ne se réclamait d'aucune discipline existante en particulier, mais avait l'ambition de les requérir toutes, en tant que l'activité humaine, et notoirement l'activité de travail, traversent et interrogent tous les savoirs et toutes les expériences industrieuses. Sa réussite, sa notoriété grandissante au plan national comme international, conduisaient l'université de Provence, à l'initiative de son Président, Gérard Dufour, à créer un département nouveau, institutionnalisant ainsi cette expérience, et lui conférant dans le même temps une sorte de " reconnaissance académique ". Ce fut chose faite en janvier 1998, et les protagonistes du dispositif choisirent, pour affirmer l'originalité de leur démarche, de fonder le " Département d'Ergologie " (devenu depuis peu le Département " Institut d'Ergologie "), " ergologie " signifiant l'étude des activités humaines en ce qu'elles exigent, pour être appréciées et connues, la rencontre de savoirs multiples et d'expériences diverses.

L'ENSEIGNEMENT

Les cursus d'enseignement en ergologie n'offrent pas des formations construites sur des profils professionnels étroitement spécialisés. Ils insistent sur des dimensions transversales à de multiples situations de travail, moins immédiatement visibles, mais sans aucun doute essentielles. Sans négliger la fourniture d'informations sur les outils en usage aujourd'hui dans les entreprises et les activités économiques, ils préparent à produire ou à réinventer partiellement des démarches d'approche et d'analyse en fonction de la spécificité et de l'histoire des situations. C'est pourquoi la méthodologie qui fonde le Département le conduit nécessairement à associer, dans ses cursus, des universitaires et des non-universitaires, tant au niveau des enseignants que des enseignés, permettant ainsi notamment l'accès des non-bacheliers à des formations supérieures. Cette pratique, originale dans l'Université, qui mêle formation initiale et formation continue, professionnalisation et initiation à la recherche, aboutit à la mise en ouvre de formations diplômantes conduisant soit à l'obtention de diplômes d'Etat, soit à l'obtention de diplômes d'Université.

LA RECHERCHE

Dans l'Université, l'enseignement ne saurait être disjoint de la recherche, c'est pourquoi les enseignants du supérieur sont des " enseignants-chercheurs ", et que des chercheurs peuvent faire partie des équipes pédagogiques. Par " naissance ", ou par " nature " en quelque sorte, cette liaison enseignement-recherche est absolument nécessaire au Département, puisque c'est aussi par l'intermédiaire de l'enseignement en formation continue que les acteurs économiques et sociaux apportent leurs savoirs, les confrontent aux savoirs institués, et font progresser globalement la recherche. A l'inverse, c'est en partant de la recherche, et notamment des recherches menées " sur le terrain ", c'est-à-dire en situation concrète, que l'enseignement peut prendre la forme vivante que le Département souhaite lui donner.

LE CENTRE DE DOCUMENTATION

Au fil des années, le Département a constitué un fonds documentaire à la fois spécialisé et pluridisciplinaire sur les questions du travail, et met ainsi à la disposition des utilisateurs un centre de documentation original adapté à leurs études et recherches. Ce fonds comprend environ 3 000 ouvrages représentant 16 " disciplines académiques ", auxquelles il a été nécessaire d'ajouter une rubrique " pluridisciplinaire ". Mais la richesse de ce fonds réside aussi, sinon principalement, dans une importante " littérature grise " : plus de 1 500 documents, mémoires ou rapports réalisés soit par les étudiants, soit par des consultants ou des professionnels de diverses institutions, soit encore par les enseignants et chercheurs du département. On peut également y trouver une centaine d'actes de colloques ainsi que près d’un millier de publications régulières d'institutions spécialisés dans les questions du travail et de l'emploi. Par ailleurs, le centre de documentation gère une vingtaine d'abonnements à des revues scientifiques, soit spécialisées, soit " grand public ". Une revue des sommaires semestrielle fait le point sur les dernières parutions. Enfin, le centre de documentation commence à se doter d'un fonds multimédia. Un système de prêt d'ouvrages fonctionne régulièrement pendant l'année universitaire, au profit des étudiants et des personnels du département. Pour les personnes extérieures au département, la consultation sur place est possible.