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Extrait de VILAGINES SERRA, Eulàlia, 2003, « EuRom4, un exercice de compréhension multilingue », in Le français autrement. Nouveaux publics, nouvelles réponses., Dialogues et cultures, nº 48, Bruxelles : FIFP.
« Depuis les années 90, la question sur la façon dont nous devons communiquer en Europe a pris une place assez importante. Les experts semblaient être d'accord sur le fait qu'il n'était pas envisageable que tout le monde parle toutes les langues européennes. Il fallait plutôt imaginer que chacun d'entre nous comprend plusieurs langues, ce qui nous permettrait de comprendre une bonne partie de nos voisins.
"Una Europa di poliglotti non è una Europa di persone che parlano correntemente molte lingue, ma nel migliore dei casi di persone che possono incontrarsi parlando ciascuno la propria lingua e intendendo quella dell'altro, che pure non saprebbero parlare in modo fluente, e intendendola, sia pure a fatica, intendessero il "genio", l'universo culturale che ciascuno esprime parlando la lingua dei propri avi e della propria tradizione." (Umberto ECO, 1993, La ricerca della lingua perfetta, Editori Laterza Fare l'Europa.)Ceci non seulement coûterait beaucoup moins d'argent (il ne serait pas nécessaire, par exemple, de traduire tous les documents internes d'une entreprise installée dans le sud de l'Europe), mais augmenterait sans aucun doute la qualité de qui ce se dit/écrit, car nous aurions tous le confort par nous exprimer dans nos langues respectives.
"On peut connaître du vocabulaire et très peu de grammaire; on peut comprendre une langue mais non la parler; on peut comprendre en écoutant parler mais pas en lisant, ou l'inverse; on peut comprendre les informations mais pas les conversations, les sujets techniques mais pas les sujets culturels; on peut savoir parler avec un peu d'accent, beaucoup ou pas du tout; on peut savoir parler mais pas écrire… Ces savoirs fragmentaires sont, à des degrés divers, ceux que des adultes peuvent acquérir "dans l'urgence". (Blanche-Benveniste, 2001, "Le polyglotte et le métèque." dans Le français à l'université. AUF)C'est peut-être la raison pour laquelle l'idée de la connaissance asymétrique des langues est de plus en plus acceptée de nos jours et devient peu à peu l'alternative à l'apprentissage des langues. Cependant, les propositions d'apprentissage n'ont pas changé et on continue à nous offrir la possibilité d'apprendre les quatre compétences de manière simultanée.
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