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Lingua I

Projet européen Lingua (CEE) I Institut National de la Langue Française (INALF)
Durée : 1991 – 1994
Responsable du programme : Claire Blanche-Benveniste
Partenaires : Università Terza di Roma, Universidad de Salamanca, Universidade da Lisbõa.

Durée: 1995 – 1997 (Extension - Edition)
Responsable du programme : Claire Blanche-Benveniste
Partenaires : Università Terza di Roma, Universidad de Salamanca, Universidade da Lisbõa.



Extrait de VILAGINES SERRA, Eulàlia, 2003, « EuRom4, un exercice de compréhension multilingue », in Le français autrement. Nouveaux publics, nouvelles réponses., Dialogues et cultures, nº 48, Bruxelles : FIFP.

« Depuis les années 90, la question sur la façon dont nous devons communiquer en Europe a pris une place assez importante. Les experts semblaient être d'accord sur le fait qu'il n'était pas envisageable que tout le monde parle toutes les langues européennes. Il fallait plutôt imaginer que chacun d'entre nous comprend plusieurs langues, ce qui nous permettrait de comprendre une bonne partie de nos voisins.

"Una Europa di poliglotti non è una Europa di persone che parlano correntemente molte lingue, ma nel migliore dei casi di persone che possono incontrarsi parlando ciascuno la propria lingua e intendendo quella dell'altro, che pure non saprebbero parlare in modo fluente, e intendendola, sia pure a fatica, intendessero il "genio", l'universo culturale che ciascuno esprime parlando la lingua dei propri avi e della propria tradizione." (Umberto ECO, 1993, La ricerca della lingua perfetta, Editori Laterza Fare l'Europa.)
Ceci non seulement coûterait beaucoup moins d'argent (il ne serait pas nécessaire, par exemple, de traduire tous les documents internes d'une entreprise installée dans le sud de l'Europe), mais augmenterait sans aucun doute la qualité de qui ce se dit/écrit, car nous aurions tous le confort par nous exprimer dans nos langues respectives.
D'autre part, nous savons que nous n'avons pas les mêmes besoins dans chaque langue que nous apprenons. Les raisons pour lesquelles nous entreprenons la découverte d'une nouvelle langue sont très variées et les objectifs que nous nous fixons chacun d'entre nous aussi.
"On peut connaître du vocabulaire et très peu de grammaire; on peut comprendre une langue mais non la parler; on peut comprendre en écoutant parler mais pas en lisant, ou l'inverse; on peut comprendre les informations mais pas les conversations, les sujets techniques mais pas les sujets culturels; on peut savoir parler avec un peu d'accent, beaucoup ou pas du tout; on peut savoir parler mais pas écrire… Ces savoirs fragmentaires sont, à des degrés divers, ceux que des adultes peuvent acquérir "dans l'urgence". (Blanche-Benveniste, 2001, "Le polyglotte et le métèque." dans Le français à l'université. AUF)
C'est peut-être la raison pour laquelle l'idée de la connaissance asymétrique des langues est de plus en plus acceptée de nos jours et devient peu à peu l'alternative à l'apprentissage des langues. Cependant, les propositions d'apprentissage n'ont pas changé et on continue à nous offrir la possibilité d'apprendre les quatre compétences de manière simultanée.
Qui n'a pas observé que lorsque l'on apprend des langues, certaines nous semblent plus faciles que d'autres? Dans certains cas c'est personnel, mais dans d'autres cela dépend de notre langue d'origine. Dans le cas des langues romanes, lorsque nous en parlons une, l'apprentissage des autres devrait nous être plus facile.
Ces idées ont poussé plusieurs équipes européennes à proposer de nouvelles manières d'envisager l'apprentissage des langues, notamment un apprentissage simultané des langues, et certaines d'entre elles ont obtenu le soutien du projet LINGUA. L'un d'eux a été EuRom4, qui visait quatre langues de l'Europe Romane (portugais, espagnol, italien et français), et qui ont mené à la publication de la méthode "Eurom4. Méthode d'apprentissage simultané des langues romanes". Ce projet a reçu aussi le soutien de la D.G.L.F. et de l'Union Latine. Il a été mis en place à l'initiative de Claire Blanche-Benveniste et grâce à la collaboration de linguistes appartenant aux Universités de Lisbonne, Salamanque, Rome et Aix-en-Provence.
Au nom de l'équipe, nous tenons à remercier l'Union Latine qui nous a aidé à la diffusion de la méthode en finançant des formations linguistiques et des formations de formateurs. Nous avons aussi mené à bien un projet d'extension de la méthode avec l'équipe de l'Université de Playa Ancha de Valparaiso (Chili), ce qui nous permettra, nous espérons, une meilleure diffusion en Amérique Latine. »

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