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Publié le 5 octobre 2009
Communiqué de presse, Françoise Villedieu (Centre Camille Jullian, UMR6573 CNRS/Aix-Marseille université), 1er octobre 2009
L’édifice de plan circulaire, que l’on vient de dégager partiellement, appartient certainement à un corps de bâtiment du palais de Néron. Ce « nouveau » pavillon de la Domus Aurea pourrait être conservé sur environ 60 m de longueur, ainsi que le révèlent quelques indices, et cette première information permet déjà de compléter l’image que l’on a de la résidence aménagée après l’incendie de 64 tant sur le Palatin que dans la vallée occupée plus tard par le Colisée et sur les pentes de l’Esquilin (où se trouvent les vestiges les mieux conservés).
Au stade actuel, les fouilles ont mis au jour un court tronçon du mur qui circonscrit la rotonde, un mur de 2,10 m d’épaisseur, qui dessine un cercle mesurant 16 m de diamètre.
Au centre se dresse, sur plus de 10 m de hauteur, un pilier de 4 m de diamètre. Le pilier et le mur sont reliés par deux séries d’arcs placés en position radiale, qui couvrent l’un le rez-de-chaussée, en cours de fouille, l’autre le premier étage. Sept arcs ont déjà été vus : quatre au niveau supérieur - parmi lesquels un seul est intact – et trois au niveau inférieur.
Les murs, bien que réalisés avec le plus grand soin, sont dépourvus de revêtements décoratifs, un détail qui nous apprend que les salles concernées étaient des espaces de service. L’étage noble devait donc nécessairement se trouver au-dessus, à un niveau où l’on observe que le sommet des maçonneries ne conserve aucune trace de l’arrachement d’une couverture ou de murs.
Le seul vestige de cet aménagement se présente sous la forme de trois cavités hémisphérique mesurant 23 cm de diamètre, qui devraient avoir servi de logement à des sphères en bronze ou en basalte. Les cavités, qui évoquent nos roulements à billes, la forme circulaire de l’édifice et les dimensions du pilier central suggèrent d’identifier dans cet édifice la cenatio rotunda dont parle Suétone, une salle à manger qui était ronde et tournait sur elle-même, jour et nuit, en imitant le mouvement du monde (praecipua cenationum rotunda, quae perpetuo diebus ac noctibus vice mundi circumageretur. SVET., Nero, XXXI, 2).
Il faut donc imaginer un pavement de bois articulé autour d’un axe fixé dans ou sur le pilier central, et entraîné par un mécanisme assisté par les sphères. L’hypothèse, pour devenir certitude, devra être renforcée par de nouvelles données, que seule l’extension de la fouille peut fournir, tout en livrant les informations complémentaires nécessaires afin de mieux comprendre le fonctionnement du dispositif qui devait assurer une rotation lente, mais continue, de la cenatio.
Ce que l’on peut déjà affirmer c’est qu’il s’agit d’un édifice exceptionnel, dont la base étonne par ses qualités architecturale et qui, à hauteur de l’étage noble occupait une position privilégiée, de laquelle on dominait le parc et l’atrium du palais et d’où le regard portait sur la plus grande partie de la ville : Capitole, Forum, Caelius, Palatin...
Mariantonietta Tomei, responsable du Palatin au sein de la Soprintendenza archeologica, a confié la direction de cette fouille à Françoise Villedieu (D.R. CNRS, Centre C. Jullian, Aix-en-Provence) lorsque, dans le cadre d’un programme de préservation des vestiges antiques, s’est imposée la nécessité de mener une enquête complémentaire sur le système adopté au Ier siècle pour créer la grande terrasse artificielle de la Vigna Barberini. Si les résultats recueillis au cours d’une campagne qui a duré deux mois (et vient de s’achever, le 25 septembre) ont permis d’atteindre le but que l’on s’était fixé, ils ont aussi largement dépassé l’attente des intervenants. En conséquence, la Soprintendenza archeologica et le Ministero per i Beni culturali ont décidé d’étendre la fouille au cours des prochains mois.
Voir aussi les communiqué de presse du CNRS et de l’Université de Provence
antiquité romaine, architecture, fouille programmée, Rome
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