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Présentation du programme ANR

L’enfant et la mort dans l’Antiquité : des pratiques funéraires à l’identité sociale

23 mai 2008

PROGRAMME ANR « EMA ». Coordinateur et responsable scientifique : Antoine Hermary

Contact : ema@mmsh.univ-aix.fr

Logo EMA

Les équipes partenaires et les domaines d’étude

  • L’équipe partenaire n° 1 (Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence), placée sous la responsabilité de A. Hermary (coordinateur du projet), prend en charge le monde grec colonial et l’Occident romain.
  • L’équipe partenaire n° 2 (UMR « Archéologie et Sciences de l’Antiquité », Nanterre), dirigée par A.-M. Guimier-Sorbets, se charge des sites de la Grèce continentale et égéenne.
  • L’équipe partenaire n° 3 (Centre d’Etudes Alexandrines), dirigée par J.-Y. Empereur, mène les études sur Alexandrie et d’autres nécropoles gréco-romaines d’Égypte.

Les études sur les enfants dans l’Antiquité ne manquent pas, mais leurs perspectives et/ou leur champ « chrono-culturel » sont sensiblement différents de celles de notre projet, qui est fondé sur une exploitation et une mise en commun de données archéologiques et anthropologiques souvent inédites, à l’échelle de la Grèce et du monde romain. Nous nous distinguons ainsi des travaux qui embrassent des périodes et des cultures plus diverses, mais où l’apport archéologique reste très limité (par exemple V. Dasen [éd.], Naissance et petite enfance dans l’Antiquité. Actes du colloque de Fribourg 2001, publiés en 2004), mais aussi de ceux qui, à partir d’une documentation uniquement ou principalement archéologique, ne concernent qu’un site ou une région (par exemple, les études de S. Houby-Nielsen sur la nécropole du Céramique), même si le travail de B. Dedet sur l’enfant dans la protohistoire du Sud de la France (à paraître à l’École française de Rome) constitue une référence méthodologique. L’apport des données anthropologiques, la diversité et la complémentarité des exemples archéologiques, leur confrontation à partir de bases documentaires larges et uniformisées apportent à notre démarche sa spécificité. Son implication internationale apparaît clairement dans la composition des équipes partenaires.

Pour maîtriser un domaine de recherche qui reste chronologiquement et topographiquement assez vaste, nous avons choisi un certain nombre de sites pour lesquels les tombes d’enfants seront étudiées de manière systématique. Ils sont représentatifs de l’ensemble géographique et chronologique défini précédemment et permettent, en particulier, de confronter les pratiques régionales à celles des centres majeurs, comme Athènes, Alexandrie ou Rome. Ces sites sont regroupés en plusieurs ensembles :

1) Grèce continentale et égéenne : Athènes, nécropole du Céramique (Deutsches Archäologisches Institut) ; Érétrie (fouilles de l’École suisse d’Athènes) ; Délos-Rhénée (fouilles de l’EFA) ; Itanos (Crète, id.) ; Abdère, Amphipolis et Thasos au nord de l’Égée.

2) Monde grec colonial : Mer Noire (avec l’appui du GDRE Mer Noire, sous la direction de Pierre Dupont, Maison de l’Orient-Lyon) : Apollonia du Pont (Bulgarie), fouilles du Centre Camille Jullian et de l’Institut Archéologique de Sofia ; Istros et Orgamé (Roumanie), étude des fouilles anciennes et nouvelles recherches (Orgamé), fouilles de l’Institut d’Etudes du Sud-Est Européen. Locres Épizéphyrienne, nouvelles recherches de l’université de Turin ; Marseille, fouilles de l’Atelier du Patrimoine de la ville de Marseille.

3) Égypte gréco-romaine : Alexandrie, nécropole de Gabbari, qui appartient à la grande nécropole occidentale hors les murs, et cimetière intra muros du chantier Lux, fouilles du Centre d’Études Alexandrines.

4) Rome et les provinces occidentales : Rome, fouilles de la nécropole de Collatina (Surintendance archéologique de Rome). Occident : deux sites de Provence, Aix-en-Provence, Mission Archéologie de la Ville d’Aix-en-Provence et Fréjus, Service archéologique municipal ; Pupput en Tunisie, fouilles du Centre Camille Jullian et de l’EFR.

Les études s’articuleront autour de trois thèmes significatifs sur chaque site (ou région) et pour chaque période :
- place accordée à l’enfant dans les espaces funéraires, modes de signalisation des tombes ;
- traitement des corps et types de sépulture,
- nature, disposition et signification des offrandes. Ces thèmes permettent d’aborder les grandes questions d’histoire sociale et religieuse relatives aux enfants dans l’Antiquité, en fonction des âges successifs, de la naissance au seuil de l’adolescence, du sexe et de la situation sociale :

  • Les données de la démographie historique soulignent l’importance de la mortalité infantile jusqu’à l’avènement des grandes vaccinations (XIXe s.), mais les fouilles des nécropoles révèlent des situations extrêmement variées en ce qui concerne la présence des enfants, particulièrement des nouveaux-nés et des nourrissons : certains sites (Mégara Hyblaea pour la Grèce archaïque) semblent en effet correspondre à une mortalité pré-jennerienne, alors que la plupart des autres traduisent une sélection manifeste des inhumés en fonction de l’âge au décès, avec un déficit important pour les individus les plus jeunes. Cette sous-représentation chronique peut avoir des origines diverses, en particulier l’inhumation dans des secteurs non funéraires (dans ce cas les ossements des très jeunes enfants ont pu être confondus avec du matériel faunique) ou le creusement moins profond des tombes. D’autre part, les fouilles des squelettes d’enfants demandent une grande minutie, rarement observée autrefois. Il est maintenant possible d’établir un corpus à partir de grands ensembles fouillés récemment, qui ont bénéficié d’enregistrements détaillés, tout en procédant à une révision des fouilles anciennes. Pour les sujets immatures, la détermination de l’âge est précise (la fourchette n’excède pas 24 mois), mais la diagnose sexuelle est impossible. L’analyse ADN constitue le seul moyen de déterminer le sexe, mais ce type de recherche sur l’ADN fossile est encore sujet à caution en raison des problèmes de contamination naturelle ou humaine, ancienne ou récente ; d’autre part, le coût extrêmement élevé de ces analyses rend impossible des déterminations sur grande échelle, qui seraient seules significatives. Les études sur l’anthropologie biologique seront coordonnées par H. Duday (CNRS-université de Bordeaux 1). A. Richier (INRAP) interviendra sur Apollonia du Pont et Marseille, P. Bailet sur les autres sites de Provence, sur Pupput et Alexandrie, G. Alix, F. Blaizot, E. Boës, P. Georges (INRAP), ainsi que G. Grévin, travailleront sur Alexandrie.

  • Le regroupement des enfants dans des aires séparées ou, au contraire, leur intégration aux nécropoles des adultes, éventuellement au sein d’ensemble familiaux, de même que le traitement spécifique du corps – inhumation dans un vase (« enchytrismos ») – ou semblable à celui des adolescents ou des adultes apportent des informations primordiales sur le mode d’intégration des enfants dans la société et dans la famille. Elles doivent être complétées par le témoignage des « marqueurs » de la sépulture, attestés en particulier sous la forme de stèles inscrites et parfois figurées, et, plus généralement, par la documentation littéraire, épigraphique et iconographique.

  • Le matériel déposé dans la tombe ou à l’extérieur, ainsi que d’autres témoignages sur des pratiques cultuelles (sacrifices, repas) constituent un autre aspect important pour évaluer la place de l’enfant dans les sociétés antiques et les croyances qui sont attachées à cette classe d’âge, selon les différentes étapes définies par les anthropologues. On sera ainsi amené à s’interroger, à partir des bases de données constituées, sur l’association prioritaire de certains types d’objets aux tombes d’enfants, comme les vases miniatures, les astragales et les figurines en terre cuite. Ce type de recherche ne peut être concluant que s’il porte sur de grandes séries, ce qui sera le cas ici, puisque l’étude portera sur plusieurs milliers d’exemples.

L’un des objectifs essentiels de ce programme est la conception d’une base informatisée regroupant l’ensemble des données sur notre thème de recherche. Cet outil informatique mettra également à disposition une vaste bibliographie sur la mort de l’enfant dans l’Antiquité.

Des réunions sur les trois thèmes définis, qui associeront des spécialistes d’histoire et d’archéologie, d’histoire de l’art et de philologie, permettront de présenter l’avancement des recherches, une synthèse finale sera élaborée à la suite d’un colloque qui permettra de confronter l’ensemble des résultats. Au-delà de l’enrichissement des informations archéologiques proprement dites, cette mise en série sur une large échelle d’une documentation abordée de manière pluridisciplinaire – de l’anthropologie aux textes et à l’iconographie – permettra des progrès sensibles dans notre connaissance des sociétés anciennes, en particulier dans le domaine de l’histoire religieuse et de l’histoire sociale.


Abstract

The methodological advances in the field of funerary archaeology (archaeo-anthropology, social history) and the constant increase in the amount of data have not yet ceded place to important syntheses. Centering the research on burials of children (up to 12-14 years of age) and with the support of an international network, the archaeologists and anthropologists of the EMA Project want to change this situation through the study of an assemblage of representative sites throughout the predefined “chrono-cultural” complex (the Classical Greek and Roman World from the beginning of the First Millennium to the end of Antiquity). Prepared by the international teams of the Coordinator and First Partner, the Centre Camille Jullian of Aix-en-Provence (for the Greek Colonial World and the western part of the Roman World), the Second Partner, the UMR ArScAn of Paris-X Nanterre university (for mainland Greece and the Greek islands), and the Third Partner, the Centre d’Études Alexandrines (for Alexandria and Graeco-Roman Egypt), the whole information will be assembled in an uniform database. The analyses and the syntheses will be centered on three main subjects (topography of graves and grave markers ; types of burials and treatment of the body ; grave goods and other ritual practices) and will be discussed with experts from other fields of study (philology, epigraphy, history, and iconography) in intervening working sessions and a final conference. The results will be made available in in printed form.




Séminaires du Centre Camille Jullian sur les thématiques de l’ANR :

Dans le cadre du séminaire de recherche« La Grèce et la Méditerranée antiques » (A. Hermary) :

Jutta Stroszeck (Deutsches Archäologisches Institut in Athen), Les tombes d’enfants de la nécropole du Céramique, 7 novembre 2007.


PDF - 15.6 ko
Résumé J. Stroszeck


Maia Pomadère (Ecole Française d’Athènes), Sepultures d’immatures et identité sociale des enfants au premier âge du fer grec (10e-7e s.), 9 janvier 2008.

PDF - 27.4 ko
Résumé M. Pomadère


Philippe Leveau (Université de Provence-Centre Camille Jullian), L’enfant mort dans les nécropoles de Maurétanie Césarienne, 6 février 2008.

PDF - 74.9 ko
résumé Ph. Leveau

Antoine Hermary, Anne-Sophie Koeller, Solenn de Larminat, Stéphanie Satre (Centre Camille Jullian), Le programme EMA : bilan et perspectives, 5 novembre 2008.

Paola Catalano, Stefano Musco (Surintendance archéologique de Rome), Installations artisanales et nécropoles dans la banlieue de Rome : Casal Bertone, Collatina et Quarto Cappello del Prete, 19 novembre 2008.

Dimitra Malamidou (Ephorie de Kavala), Les tombes d’enfants de la nécropole d’Amphipolis, 3 décembre 2008.

PDF - 72.1 ko
résumé D. Malamidou

Cécile Jubier-Galinier (Université de Perpignan), L’iconographie des rites funéraires dans la céramique attique à la fin de l’époque archaïque, 7 janvier 2009.

PDF - 71.7 ko
Résumé C. Jubier-Galinier

Actualité du programme ANR “EMA”

La première rencontre scientifique des partenaires et collaborateurs du programme “EMA” a eu lieu sous la forme d’une table-ronde les 29 et 30 Mai 2008 à l’École française d’Athènes. Les deux thèmes abordés ont été : “nouvelles recherches dans les nécropoles grecques” et “le signalement des tombes d’enfants”.

Photos des membres du Centre Camille Jullian et de leurs collaborateurs participant à la table ronde d’Athènes : http://tablerondeema2008.blogspot.com

PDF - 140.4 ko
Programme
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Résumés






Membres du Centre Camille Jullian impliqués dans l’ANR "L’enfant et la mort dans l’Antiquité" :

Antoine Hermary, Professeur Université de Provence - coordination scientifique du programme, travail de recherche sur les sites grecs et Apollonia du Pont en Bulgarie (responsable des fouilles) ;

Philippe Borgard, Chargé de recherche 1ère classe - Etude de la documentation, Riez ;

Vassiliki Gaggadis-Robin, Chargée de recherche 1ère classe - Iconographie des enfants sur les monuments funéraires ;

Marc Griesheimer, Professeur Université de Provence - Coordination pour l’Afrique du Nord et l’Occident romain ;

Anne-Sophie Koeller, doctorante - traitement des données pour le monde grec colonial, étude de la documentation d’Apollonia du Pont, contribution à l’étude d’autres nécropoles grecques d’époque classique ;

Hélène Lamotte, doctorante - les tombes d’enfants et la démographie à Rome.

Solenn de Larminat, doctorante - traitement des données pour le monde romain, étude de la documentation pour l’Afrique du Nord, participation pour le reste du monde romain ;

Florent Mazières, doctorant - étude du matériel de plusieurs nécropoles en Languedoc occidental (VIIème siècle au IIIème siècle avant J.C.).

Chercheurs associés :

Laurence Alpe, docteur de l’Université de Provence - étude des tombes d’enfants à Chypre ;

Sophie Bouffier, Professeur Université Lyon II - étude des tombes d’enfants en Sicile ;

Chérine Gébara, Service départemental d’Archéologie, Conseil Général du Var - collecte des informations sur les nécropoles et cimetières de Fréjus et du Var ;

Manuel Moliner, Archéologue de la Ville de Marseille - rassemblement et étude de la documentation issue des nécropoles de Marseille ;

Nuria Nin, Archéologue municipal de la Ville d’Aix-en-Provence - rassemblement et étude de la documentation issue des nécropoles d’Aix-en-Provence.

Anne Richier, Anthropologue INRAP - Etude anthropologique des tombes de Marseille et d’Apollonia du Pont ;

Stéphanie Satre, docteur de l’Université de Provence - Gestionnaire du programme.

Mots-clés

pratique funéraire